La rilance, on vous dit, la ri-lance !

18 12 2010

C’est reparti pour une reprise. J’espère que celle-ci sera la bonne, au moins pour que la saison 2011 se déroule sans accroc. Cette fois je sors les grands moyens (mais non, pas l’Agence tous risques !) J’ai nommé : THE COACH.

Mon podologue a accepté de jouer ce rôle, ce qui constitue un enchaînement assez naturel puisqu’après m’avoir fabriqué des semelles formidables, il m’a régulièrement envoyé des e-mails d’encouragement, des conseils avisés… et des remontrances quand je faisais n’importe quoi. Et puis la veille ou le jour d’une course, j’avais toujours un petit texto de sa part. Nous nous sommes donc retrouvés mercredi pour discuter de mes objectifs (Ecotrail 18km en mars ; semi à l’automne) et de « comment ça marche l’assimilation des efforts et la récupération ». Je ne suis pas sûre d’avoir compris l’ensemble des détails physiologiques, j’ai un peu décroché au chapitre des myoblastes, faut pas m’en vouloir, je suis une littéraire… 😉

Deux jours après il m’envoyait un plan d’entraînement jusqu’à l’Ecotrail de Paris, essentiellement composé de séances en endurance fondamentale, mais avec des petites variantes sympas pour donner du rythme et ne pas m’ennuyer. Et du travail de côte léger à partir de la semaine 7 (Semaine 7 ?? Mais c’est dans longtemps, la semaine 7 !) Le plus difficile va effectivement consister dans l’apprentissage de la patience, pour ne pas dépasser dans un premier temps les 75% à 78% de ma fréquence cardiaque maximale. Je suis très heureuse d’être ainsi épaulée, je n’enchaînerai plus les séances sans but, maintenant j’ai THE PLAN. A tout cela s’ajoute le bonheur de partager cette passion de la course avec un « grand frère » plus avancé que moi (il va quand même se taper les 80 bornes de l’Ecotrail de Paris et la grimpe des marches de la Tour Eiffel à l’arrivée, le bougre !)

Ce n’est donc plus une reprise, mais, pour rendre hommage au talent xylolalique de notre Ministre de l’Economie, une rilance. Un mélange de rigueur dans la régularité et la mesure, et de relance de la machine.

Premier jour de reprise mercredi dernier, 30 minutes à une moyenne de 9′ au kilomètre, plus lent tu t’endors sur place, comme au yoga. En fait dès que le cardio grimpe, je marche jusqu’à ce qu’il descende en-dessous de 150 bpm. Ça ne prend parfois que quelques secondes, mais ça fait baisser la moyenne !! (Bon, OK, on va oublier la moyenne.) Surtout, je n’ai pas cette sensation de boost, de dépassement qui me fait planer. Je ronge mon frein, mais dans ces moments-là je repense aux trois semaines précédentes où je n’ai pas du tout couru. Et je me dis que c’est mieux que rien, mieux que d’être blessée.

Normalement j’aurais dû recourir 48 heures après ce jogging de reprise (l’assimilation, les cellules avec plusieurs noyaux, tout ça… ^^) Mais à cause de la nuit et des trottoirs glissants, j’ai préféré reporter à ce matin, tant pis, ce sera une semaine de reprise avec seulement 2 séances au lieu de 3 (bravo, ça commence bien !)

Toute contente d’être transformée en lutin des neiges à bandes réfléchissantes, je pars de bon pied ce matin vers le parc Pic. Bing, fermé « pour raisons de sécurité ». Bé oui, ça glisse… Je remonte vers le stade : fermé pour réparations de la piste d’athlétisme. Mais des barrières de chantier, ça se pousse ^^ et je parviens à atteindre le petit stade de foot en contrebas. Il y a déjà un joggeur qui laisse ses traces dans la neige. Je trottine, je marche. Je suis partie pour faire 30 minutes, quand tout à coup surgit l’entraîneur du VRC92 ! Vous vous souvenez peut-être que je suis inscrite à ce club… J’ai bien réfléchi, et je me suis dit que le club, ce sera quand je serai un peu plus forte. Ils sont trop forts, au VRC92. Rien que le jogging d’échauffement, je suis déjà en phase « résistance »… Bref, nous voilà partis en jogging-papotage, l’entraîneur et moi. Et quand le cardio monte, on marche. C’est marrant, je commence à connaître mon souffle. Quand ça redescend en dessous de 150 bpm, je le sens tout de suite, c’est comme si un poids se libérait de ma poitrine. La séance fera finalement 50 minutes, à 8’40/kilomètre de moyenne. Mais si je regarde mon plan, je lis pour la sortie du week-end : « Séance 3 : 45’ endurance fondamentale ». Ça va, hein, je suis sage !

PS: Pourquoi tu cours ? Parce que la neige ça fait critch-critch et crcrcrcrcrcr.

Publicités




Ariane versus Achille

28 10 2010

Hier soir, après trois semaine d’arrêt de l’entraînement sur piste avec le VRC92, je suis revenue à Suzanne Lenglen. J’avais envie de revoir les camarades du club, j’avais besoin de retrouver cette ambiance pleine d’émulation qui réchauffe le moral.

Mon mollet me fait toujours souffrir quand je cours, comme j’ai pu le constater à Istanbul. Mais je n’ai plus mal pour les activités quotidiennes, comme marcher et monter les escalier, et ce depuis une semaine et demie (depuis que je me suis rachetée des chaussures de ville à ma « vraie » taille, sans comprimer le pied gauche.) Samedi, je change également mes chaussures de course, trop petites elles aussi. Le mystère reste entier sur ce qui a pu me faire perdurer dans cette négligence, ce déni du confort le plus élémentaire.

Hier soir une séance de « semaine allégée » était prévue: 4×800 mètres à allure 10 km (récupération 200 m footing). J’ai encore réduit davantage le programme en écoutant mes sensation (heu… ma douleur) et en ne faisant que 3 séries.

J’ai branché la montre-cardio dès le début de l’échauffement, visiblement on est déjà autour de 9km/h ce qui est déjà pas mal pour moi (autour des 170 pulsations/minute), puis on voit bien le pic des 3×100 mètres de fin d’échauffement (à 18 km/h) et ensuite les 3 séries de 800 mètres, autour de 12 km/h (et 190 puls/min !!) J’ai arrêté la montre ensuite, mais on finit toujours par un retour au calme en trottinant très très doucement.

L’activité est ici : http://connect.garmin.com/activity/54618737 A regarder le rendu sur Garmin Connect, je suis assez contente de voir que je n’ai pas baissé de vitesse entre les séries, j’ai même légèrement augmenté au cours de la dernière. Par rapport aux joggings d’Istanbul, je n’ai pas eu la sensation des « mollets en plomb », ce qui est très positif.

Après cette séance, je n’avais pas plus mal au mollet qu’avant, et je me sentais mieux sur un plan général. Aujourd’hui, pas de séquelle, mais je n’ai pas non plus été faire de jogging avec les collègues. Je retourne chez mon podologue samedi matin, je veux juste savoir s’il s’agit bien du tendon d’Achille, à sa jonction avec le mollet, et lui demander quelques conseils pour l’achat des chaussures.

Cette période de « gestion de blessure », qui dure déjà depuis le 7 octobre, est source d’interrogations. En fait je ne suis pas vraiment blessée, j’ai l’impression d’être à la limite, juste avant la blessure. J’essaye donc de faire preuve de sagesse (arrêt de l’entraînement sur piste, et seulement 3 joggings depuis les Boucles de la Porcelaine). Mais je souhaite également garder le fil d’Ariane dans la main, tester sur le terrain mes sensations, reprendre peu à peu. L’équilibre est difficile à tenir. Tout ceci me renvoie à des interrogations qui ont été développées récemment par Fabrice de RunOnline, invité à faire part de son expérience au sein d’une conférence de l’Institut des addictions comportementales.

Dans cette réflexion qui est la mienne en ce moment, je peux compter sur le soutien de mes proches qui modèrent mes ardeurs un peu trop téméraires et qui m’encouragent en même temps. J’ai ainsi reçu un e-mail de ma maman, et je ne peux m’empêcher de vous en livrer un extrait (avec son accord) tant il décrit bien la complexité de la relation à la douleur des sportifs :

 » Pardonne-moi de te mettre à nouveau en garde  mais cette douleur qui persiste est un peu inquiétante : je sais que moi aussi il m’est arrivé dans la danse classique ou traditionnelle d’aller au delà de la douleur grâce à l’effet analgésique bien connu des endorphines que nous produisons lorsque que nous éprouvons du plaisir à une activité physique intense et qui dure dans le temps. A présent, bien sûr, à la moindre apparition d’une petite douleur, je réduis mon activité : danse ou vélo, mais il m’a fallu du temps pour arrêter de torturer mon corps, résultat :  un genou pourri d’arthrose, le droit ne vaut pas cher, mais j’ai conservé ligne, souplesse, et joie de vivre !
En conclusion, je n’ai aucun conseils à te donner, c’est à toi de juger. »

J’aime beaucoup cette conclusion, parce qu’elle est juste et sans fard: on pourrait la juger immorale (une mère doit dire à sa fille de s’arrêter, pas d’en faire à sa guise, comme le dit la chanson populaire: « Non, non, ma fille, tu n’iras pas danser ») mais on voit bien ce qui se passe dans ce mouvement réflexif. D’abord l’inquiétude, puis le conseil raisonnable lié à l’expérience, puis le paradoxe insoluble (« j’ai bousillé mon genou mais finalement ça m’a apporté tellement par ailleurs »), et pour finir, le renvoi à ma propre sagesse, à mon libre arbitre.

A moi d’en juger, donc, en prenant conseil auprès de professionnels de santé connaissant bien la course à pied.

PS: Pourquoi tu cours ? Pour suivre le fil d’Ariane.

PS subsidiaire: Savez-vous si jeux peux, une fois la Garmin lancée, remettre le chrono à zéro pour voir mes temps de passage aux 400 mètres, sans pour autant couper l’activité?

PS3: La prochaine Veillée du Bois, c’est jeudi prochain ! Si le coeur vous en dit,  envoyez un mail à contact@team-outdoor.fr pour prévenir de votre présence. Plus de renseignements chez Doune et chez Team Outdoor.





Premier entraînement au VRC92

15 09 2010

Lundi soir, dès le lendemain de La Parisienne, je me suis lancée dans une nouvelle aventure: l’entraînement au sein d’un club de course à pied. Le Vanves Running Club était pour moi une évidence, d’abord parce que je suis voisine, ensuite parce que je sais que seule, je n’arriverai jamais à me motiver autant que dans un cadre collectif, sous la houlette d’un entraîneur (Gérard Martin) attentif à chacun.

J’avais déjà réalisé un coup d’essai au mois de juillet, en participant à deux entraînements du vendredi (c’est là qu’on travaille, oh bonheur, le fractionné court.) L’entraîneur était alors en vacances, mais un membre du club prenait le pilotage des séances. L’accueil réservée à la newbie que je suis (et que j’étais encore plus !) m’a vraiment marqué : tout n’est qu’encouragements à l’effort, félicitations du moindre progrès et bonne ambiance détendue. Il y a bien quelques gars qui se faisaient un peu chambrer pour certaines de leurs performances — je me souviens de l’un d’entre eux qui s’était fait surnommer «Cac 40» durant toute la séance car il avait fait 4 minutes 40 secondes au 1500 mètres, ce que je trouve pour ma part absolument formidable, mais visiblement pour lui ça ne l’était pas — mais on sentait que ces blagues étaient faites en fonction de la sensibilité des personnes, pas dans le but de les vexer.

Lors de ces deux premières séances de juillet, j’ai pu goûter aux joies de la découverte d’un nouveau monde. Je voyais bien que je ne maîtrisais pas les codes, j’essayais d’observer et de m’adapter, mais parfois ça ripait… Par exemple, nous devions faire un fractionné de 10×400 mètres en « vite-lent-vite » (ou plutôt « lent-vite-lent »). On m’explique donc comment ça fonctionne, 100 mètres lents, 100 mètres rapides. Tout le monde prend le départ et là ziiiiiiioooouu ! Ils décollent tous à fond… « C’est lent, là?? » demande la pauvre newbie perdue. Eh non ! C’était seulement le premier des 3×100 mètres de mise en jambe (après l’échauffement de rigueur, bien entendu), pour faire monter un peu le rythme cardiaque.

Deuxième mini-gaffe, à la fin de la séance. L’une des deux filles présentes (je mettrai les prénoms si les gens me le permettent, là je n’ai encore rien demandé ^^) s’avance vers moi la main en avant. Je crois qu’elle veut boire et lui tend ma bouteille… Mais non, il s’agissait seulement de me féliciter pour le travail accompli ! J’ai compris ma méprise, on s’est serrées la main. J’adore ce geste, je trouve que c’est très humain, très chaleureux… à l’image du club, en fait.

Lundi soir, donc, première rencontre avec l’entraîneur Gérard Martin. On discute un peu de mes objectifs, de mes prochaines courses, du club, du déroulement hebdomadaire des séances. Nous sommes ce soir en nombre un peu dispersé, les séances du lundi (endurance active) étant moins courues que les autres. C’est parti pour un petit jogging d’échauffement, 20 à 30 minutes. (J’arrive à peine à croire que j’ai écrit ça: « un petit jogging d’échauffement, 20 à 30 minutes »… Il y a quelques mois seulement, cela constituait un idéal à atteindre, une séance pleine et entière!) Puis 3×6 minutes à allure marathon… enfin, c’est théorique, puisque je suis allée beaucoup plus vite que ce que je pourrais tenir pendant 4 heures !

2’09 au premier tour de piste, 4’18 au deuxième… ouh la, la, quelle régularité ! Mais je vais un peu trop vite, étant donné mon allure en compétition (6 minutes au kilomètre pour la Vanvéenne), je devrais plus être aux alentours de 2’20 les 400 mètres. Mais au deuxième round (oui, je sais, on ne dit pas « round », mais je ne trouve pas le terme approprié ^^), je vais encore plus vite: 2’07 le premier tour. Oh la ! Cool, Raoule ! Je tombe à 4’26 au second tour. Mais au troisième round (oui, je sais…), je reviens à la première allure. C’est plus fort que moi, j’ai le rythme de mes pas imprimé dans mes oreilles, le son de mon souffle qui vient toujours au même moment. C’est très dur de ralentir, malgré la fatigue qui se fait sentir.

Cela me vaut une belle première entrée au tableau des entraînements du forum VRC92: « Clara (11 km/h) » Youhouuuu !

PS: Pourquoi tu cours? Parce que l’ambiance d’un club est inégalable !