La nocturne du Hans – Semaine 29 #1

2 08 2011

D’ici quelques heures, Nicolas et moi prendrons le train de nuit pour Banyuls, première étape de nos vacances en randonnée itinérante dans les Pyrénées. Avant de grimper sur le marchepied, je tenais absolument à revenir sur la dernière course de la saison, accomplie en terre alsacienne : la nocturne du Hans à Obernai le 23 juillet dernier, course nocturne de 12 kilomètres et 115 D+ entre vignobles pentus et ruelles aux flambeaux.

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Trail du pays de Sully : un long dimanche de fiançailles

2 07 2011

Un p’tit trail en douce, l’air de rien, aux confins de l’Ile-de-France. A l’origine, nous devions partir du côté du Mont Blanc avec les copains de la Runnosphère: Greg, Virginie, David, Christophe. Mais mon emploi du temps professionnel et l’état de ma trésorerie en ont décidé autrement : ce sera un trail « à la maison », avec tâtage de genou jusqu’au dernier moment et inscription la veille.

Le trail de Sully, ainsi nommé à cause de Maximilien de Béthune, duc de Sully et Directeur du FMI Ministre des Finances d’Henri IV dont les terres s’étendaient quelque part dans la forêt de Rosny-sur-Seine, possède trois épreuves :  35 kilomètres/1000 D+, 17km/500 D+, 10 kilomètres/300 D+. Nicolas s’inscrit sur le 35 bornes, moi sur le 10 km, et en route petite troupe. Ce matin-là sur l’autoroute de Normandie, nous ne savons pas encore que cette journée va changer notre vie.

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Trail de l’Oisans – Semaine 22 #1

19 06 2011

Retour sur le trail de l’Oisans du 5 juin dernier, couru avec le Taillefer Trail Team à l’occasion de la première rencontre en chair et en os (ou en muscles et en tendons, rayez la mention inutile) d’une grande partie des membres de l’association. Fondé par les amoureux de la région Mickael (Lamiricore) et Jean Marc (Ethiqaventure) en novembre 2010, le Taillefer Trail Team est un groupe de passionnés du trail et de la rando, dont certains ont des blogs, d’autres pas. Avec Noostromo, nous avions eu le plaisir de partager une première expérience en compagnie de Michaël au Snowtrail de l’Ubaye, en février dernier. Mais là, c’est presque l’été, à nous la chaleur des cimes et le soleil montagnard!!.. Heu, non en fait. Il a vraiment beaucoup plu ce week-end là. Mais comme le dit si bien Vinvin : de la pluie sur les corps mais du soleil dans les cœurs!

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Ecotrail de Paris 2011: du binôme au trinôme

1 04 2011

Tandis que mes camarades de la Runnosphère se réunissent à la désormais traditionnelle « Veillée du Bois » de Team Outdoor, je file vers le Nord pour un déplacement professionnel. J’ai embarqué dans ma valise mes chaussures de course et un peu de temps pour écrire. Je vais pouvoir revenir sur la course du week-end dernier, l’Ecotrail de Paris, dévorée dans sa version 18 kilomètres en binôme.

Je m’étais inscrite avec Julie, mon ancienne collègue d’Orange, mais une chute malencontreuse dans les Pyrénées a eu raison de sa cheville. Elle peut tout juste remarcher sans peine, je lui souhaite une bonne fin de rétablissement et lui donne rendez-vous sur d’autres sommets — le Mont Blanc, Cilaos ?

C’est Noostromo qui a pris sa place et après quelques tractations brumeuses avec l’organisation — OK, vous pouvez la remplacer / Attention, dernier rappel, nous n’avez pas de binôme / Holala, c’est compliqué le retrait des dossards, hop, prenez-moi tout ça — nous voilà enfin arborant le numéro 7544.

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Snow Trail de l’Ubaye 2011 : du bonheur blanc en barre

17 02 2011

L’idée avait été lancée par Lamiricoré à l’automne 2010 : participer sous les couleurs du Taillefer Trail Team au Snow Trail de l’Ubaye, dans les Alpes de Haute-Provence. Cela faisait donc des mois que je songeais à cette course dans la neige, sans présager ce que pouvais réellement être un trail blanc. Pour la neige, j’avais eu un petit aperçu grâce aux trombes pré-hivernales en région parisienne et grâce à une petite séance chez mon père le jour de Noël. Quant à la course en pleine nature avec un chouilla de dénivelés, outre la forêt de Versailles avec Shuseth et Noostromo, il y avait eu le trail des Monts et Merveilles à Compreignac la semaine dernière, en mode « rando rapide ». Mais j’étais loin d’imaginer où pouvaient se cacher les arcanes du « trail » (prononcer « traille » ^^).

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Trail des monts et merveilles : podium à l’envers !

6 02 2011

Cela faisait plus de douze années que je n’étais  pas retournée au village. Non pas celui qui m’a vu naître, mais celui dans lequel j’ai vécu mon enfance et une partie de mon adolescence, de 6 à 16 ans. J’y ai appris à lire, à faire du vélo et de la mobylette, j’y ai vécu des amours et des amitiés et des drames, passé des heures dans les bois, l’église et les champs : Compreignac.

Seb dit « Marko », coureur limougeaud rencontré sur Facebook (le même qui a écrit ici le récit de sa Saintélyon), m’avait parlé de cette course : le Trail des Monts et Merveilles, une première édition conduite par un passionné de ces bois de Maudan et de La Vauzelle. Je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous et conviais Noostromo et Aurélie « de Limoges » à vivre cette expérience avec moi.

Le réveil dominical ne fut pas évident, après une soirée passée au Petit Coudier (un café-concert mythique des Monts d’Ambazac où les étoiles furent scintillantes et les musiciens de French Swing Kiss fantastiques). Mais j’étais heureuse de partir courir à travers mes racines. Arrivés à 8h45, nous nous garons près du nouveau lotissement et abordons le village à pied, en passant près du cimetière. Je reconnais la maison d’Aurélia, celle d’Anne-Sophie, la mairie-école où j’ai vécu, le monument aux morts, l’église. Le village est transfiguré avec ses brumes matinales et les dizaines de coureurs en tenue qui s’échauffent dans les ruelles. Devant la salle des fêtes une longue file d’attente est formée : ici, on s’inscrit plutôt le jour même que par correspondance, et les organisateurs devront reporter le départ d’un quart d’heure tant l’affluence est grande. Le temps d’un bon café chaud et nous arrivons au retrait des dossards du parcours de 9,5 kilomètres, fin prêts. Ou presque : « Ah bon, vous ne donnez pas d’épingles à nourrices ? » Je le sais bien pourtant que ce n’est pas la règle dans les petites courses, moi qui les collectionne dans mon sac de sport. Mais je n’y ai pas pensé ce matin… On parvient à s’en dégoter deux chacun, et on met le dossard bien en évidence car il n’y a pas de système de puce pour compter les chronos. A la place d’un sac de goodies, les coureurs reçoivent une bonne bouteille de bière artisanale locale : ça c’est une organisation qui sait recevoir ! 🙂

On se dirige vers la ligne de départ, devant l’église, et c’est peu dire qu’on manque d’échauffement : on aurait dû trottiner davantage. La brume ne se lève pas, et restera présente tout au long de la course, transformant les paysages en décors de légendes telles que les racontait Madame Gabouty, l’historienne du village, avec ses feux follets, ses grottes secrètes, ses pierres guérisseuses et ses esprits farceurs. Bruno est venu encourager Aurélie. Blessé, il ne participera pas au trail, mais il fera quelques foulées (en jean !) sur la fin du parcours avec nous. Sébastien est également bien là, au départ des 24 kilomètres.

Où est Marko ?

Au départ les coureurs se lancent dans la descente comme s’il s’agissait d’un 10 kil’ roulant ; nous essayons de nous retenir mais ce sera trop rapide pour Aurélie qui aura tout de suite le galopant au taquet. On s’enfile assez vite dans un sentier, mais je ne regretterai pas d’avoir choisi mes New Balance 1064 pour l’occasion, car nous croiserons peu de grosse boue et que les passages sur route m’auraient vraiment cassé les pattes dans mes chaussures de trail (elles ne perdent rien pour attendre, les Columbia Ravenous version 2011 connaîtront leur baptême de glace le week-end prochain, au cours du Snow Trail de l’Ubaye !)

Tous derrière et elles devant... mais pour combien de temps encore?

A partir du deuxième kilomètre, ça grimpe, et pour longtemps. On marche pas mal et cela me rappelle ces dimanche de mon enfance avec le club de rando, où je pestais comme une sacrée diablesse contre le sort qui m’obligeait à parcourir ces sentiers au grand air, alors qu’il y avait le feuilleton « Gym » à la télé et que j’aurais préféré savoir si l’héroïne allait remporter la victoire devant ses fourbes adversaires. Mais là je ne peste plus, je suis tellement heureuse entre mon amie et mon amoureux, dans les feuilles mortes, les bogues de châtaigniers, sur ma terre Limousine. Je remercie mes parents de m’avoir forcé à marcher les dimanches, de m’avoir appris à aimer les chemins creux et la mousse des sous-bois !

Après le premier ravitaillement du quatrième kilomètre, nous amorçons une descente qui sera de courte durée. On y croise des chevaux bien sympas qui prennent la pause devant l’iPhone de Noostromo. On aura effectivement l’occasion de faire de belles images de cette forêt brumeuse, et les organisateurs facétieux ont même pris le soin, en plus des balises, d’installer des pancartes « Paysages ! » assorties de flèches qui pointent… vers le brouillard 😉 Nous sommes déjà bons derniers, suivis par les baliseurs-balais avec qui nous échangeons quelques blagues.

Déictique dans les arbres

« Normalement ça devrait tout le temps redescendre », dis-je pour rassurer ma coupine pour qui les montées et les sentiers chaotiques sont un vrai chemin de croix. Que nenni, ça grimpe encore. Heureusement, un deuxième ravito nous attend, avec des carrés de chocolat noir très bienvenus (2 ravitos sur un 9,5 km, on ne va pas tomber dans les vappes !) On passe pour la deuxième fois à gué sur un petit bout de rivière, qu’on s’amuse à franchir à petits bonds sur les pierres.

Et hop !

Et voilà !

Le chemin devient plus large, c’est « le chemin de princesse » pour Aurélie, qui peut enfin prendre ses aises.

Le chemin des princesses

Nous amorçons la descente finale vers le village, et devant le cimetière je croise Zohra, notre ancienne voisine du village, qui gardait ma petite sœur (« Missy », pour ceux qui suivent ^^), qui connaissait tous les coins à champignons, qui savait faire du henné avec des feuilles de noyer et qui partageait le potager avec ma mère. Je m’exclame, je la salue, on s’embrasse, « Et ta maman, ça va ? Et ta soeur, ça va ? Oh, j’ai toujours une photo de vous dans mon salon ! » Elle a les larmes aux yeux quand nous prenons une nouvelle photo grâce à l’iPhone de Noos’ (merci Nicolas pour toutes ces belles images, c’est rare d’en avoir autant sur une course !) Les baliseurs-balais attendent sagement que toutes ces effusions s’achèvent, je salue Zohra et nous finissons la course… derniers !

Pour la petite histoire, ayant vu sur le site Internet de la course qu’il n’y avait que 12 seniors femmes inscrites sur le 9,5 kilomètres, je m’étais dit qu’un podium était possible… Mais je préfère courir avec mes amis que de les laisser sur le coin de la route pour faire ma petite perf’ à la noix. Ce sera donc un podium inversé en 1 heure 20, mais du « bon temps roulé », comme on dit en Louisiane !

A l’arrivée c’est le festin (Eh bé oui ! On est en Limousin quand même !) avec une soupe aux légumes faite maison (et les participants des 24 kilomètres auront même droit à un sandwich au fromage, les veinards !) Je retrouve Cathy, la mère d’une amie d’enfance, montée sur la place tout spécialement pour me voir. On finit en beauté « Chez Gabeau » (oui, le propriétaire a changé mais pour moi le café au coin de l’église sera toujours « Chez Gabeau », là où j’achetais mon Mickey Magasine et mes Frizzy Pazzy) avec une petite bière.

De grands mercis aux organisateurs et bénévoles de cette course, superbe, très bien encadrée et très bien balisée. Leur enthousiasme est beau à voir et cela m’a donné une idée à long terme : pourquoi ne pas organiser une course « Runnosphère » un jour, dans un coin qui nous est cher et que nous aimerions faire découvrir ? Certes, cela doit représenter un investissement énorme, sans doute un an de travail, mais quel aboutissement !

PS : Pourquoi tu cours ? Pour retourner à la terre d’enfance.
PS 2 : On va ajouter quelques photos prises  par Bruno, elles sont magnifiques !

Les autres comptes rendus de course de la Runnosphère ce week-end :

Noostromo (trail des Monts et Merveilles)

– Runnosphère (Raidnight 41)

Virginie (Raidnight 41)

Runmygeek (Raidnight 41)

– Doune (foulées de Vincennes)

– Salvio (foulées de Malakoff)

Laquathus (foulées de Vincennes)





« Une nuit dans l’enfer blanc »

6 12 2010

Inauguration d’une nouvelle série d’invitations, pour laisser la place à des coureurs qui ne bloguent pas (pas encore !) mais qui auraient envie de partager quelques mots sur leurs aventures. J’y ai pensé maintes fois en courant avec mes collègues ou avec ma soeur: j’écris sur nos foulées, je leur prends un petit morceau de vie avec mon regard, mais n’auraient-ils pas eux-aussi envie d’écrire leur histoire à la première personne ?

Aujourd’hui, c’est Sébastien, dit « Marko », de Limoges (rencontré via Facebook!), qui prend la parole. Il me fait l’immense honneur de confier ici son récit de la Saintélyon, sa « première Saintélyon », sur la version longue (68 kilomètres).

Lundi matin, après 13 heures de sommeil d’affilée, je me réveille, relis vos commentaires chaleureux et sympathiques sur Facebook. Et sur la demande de Clara et de Christelle, je vais essayer de vous faire le récit de ma «Sainté».

Pour re-situer cette course dans mon contexte sportif, je dois d’abord me présenter, du moins présenter mon niveau de coureur. J’ai 39 ans, je cours depuis 4 ans grâce à des amis qui m’ont initié et amené au Spiridon Limousin. Je ne suis pas un compétiteur dans l’âme, j’ai juste envie de me dépasser et d’aller de plus en plus loin. J’ai couru des 10, des semi, des trails plus ou moins longs et un marathon (mon premier en octobre au Cap Ferret, en 3h48). J’ai eu des douleurs aux genoux, des tendinites au cours de ma courte «carrière». Je n’aime pas courir seul, alors je m’entraine tous les mercredis avec le club environ une heure trente à des rythmes assez élevés (entre 12 et 15km/h).
Les dimanche je fais certaines compétitions dans la région ou des sorties entres amis du Spiridon dans la belle campagne limousine.
Pour ma préparation marathon, j’étais sur quatre sorties par semaine, deux fois une heure  au bord de la Vienne à côté de chez moi, l’entrainement du mercredi et la sortie du dimanche.
Pour la Saintélyon, je n’ai pas fait de grosses sorties (je vais le payer !) en pariant sur ma prépa marathon et sur mes acquis. Donc, pour en venir à cette course mythique, je me suis tout d’abord dit que je la ferais si le marathon du Cap Ferret se passait bien. Etant satisfait de mon résultat, je me suis inscrit à la Sainté’ fin octobre sachant qu’un groupe du Spiridon s’était constitué.

La jour J arrive, fatidique. Il a neigé toute la semaine sur une bonne partie de la France.
Nous nous attendons à des conditions difficiles, voire à une annulation de la course. Je prévois des vêtements chauds et respirants. Je casse la tirelire et j’achète une veste Gore tex et des guêtres pour braver la neige et le froid.
Départ samedi à 16h00 de Limoges. Nous sommes huit coureurs et trois accompagnatrices.
L’ambiance est bonne, nous parlons de la course le long du trajet. Le thermomètre dans la voiture indique des températures inférieures à moins 5° avec un pic à moins 9 °… Le Sancy est magnifique, blanc, isolé, grand. La pause pipi nous ramène à la réalité… Ça caille dur !

Arrivée à St Etienne, diner dans une cafet’ Leclerc, pas le temps de trouver mieux. Spaghetti Carbonara pour tout le monde. Bien dégueu, bien grasses (j’en parlerai plus tard !) Une photo souvenir et direction le parc des expo de Saint-Etienne.
Une heure de queue pour retirer son dossard et changement express au milieu de la foule. Un vrai festival de tenues et de marques de trail (Salomon en tête, North Face, Asics….) Des Stands publicitaires et surtout le Stand AREVA sponsor officiel de la Sainté ! (sic) Je ne ressens pas le stress, je me sens près à une heure du départ.

J’ai opté pour le millefeuille, quatre couches en haut et deux en bas. J’ai une veste en Gore Tex Haglofs que j’étrenne. Pour la tête c’est mon porte bonheur Buff Kukuxumusu «El Che» !

La foule de traileurs est impressionnante. Il y a, comme toujours, une majorité d’homme séniors et V1. Les femmes se font rares.
C’est sous les hourras et dans le chaos que départ est donné à minuit pile.

Les Spiridonniens restons groupés autour de Jean Yves notre coach avec la consigne de partir cool. Un affichage digital annonce moins sept degrés !

C’est parti, je me sens bien sur les premiers kilomètres, le GPS donne 9,5km/h. Mais au fur et à mesure, je sens mes intestins se réveiller. C’est assez pénible mais je ne ralentis pas car je sais qu’il faut sortir de la ville pour atteindre les premières difficultés au bout de 8 km. Le sentier qui monte est enneigé, mais ça roule quand même. Il y a foule, on ne peut pas doubler alors on suit. Les frontales éclairent comme en plein jour. C’est beau ce départ, mais mon ventre me fait de plus en plus souffrir. Je sais que je vais devoir m’arrêter. C’est ce que je fais en m’éloignant du chemin. Je passe les détails mais c’est  vraiment particulier, les pieds dans 30 cm de poudreuse par moins 10° !!! Je repars, mes compagnons sont devant, je vais devoir courir seul. A peine un quart d’heure plus tard, j’ai à nouveau besoin de m’arrêter. Rebelote. J’ai fait à peine dix kilomètres que je suis déjà mal à cause des  spaghetti dégeu que je n’ai pas digéré (… bien s’alimenter avant et pas de sauce ! ) Ça doit être le froid ou je ne sais quoi mais ça va être long, très long si mon ventre ne me laisse pas tranquille. Au bout de deux heures dix j’arrive au premier ravito du 15 ème km. Je ne peux rien avaler alors je me contente d’un verre de thé. J’ai envie de vomir.

Je serre les dents! Je continue à mon rythme. Les difficultés et les montées s’enchainent sur les trente premiers kilomètres. Nous traversons les monts du Lyonnais. Le sol est gelé. Il est souvent impossible de courir tellement ça glisse. Il faut dire que dans les descentes, avec le monde devant soi, on reste bloqué. On marche voire on s’accroche aux branches des arbres dans les bois pour ne pas se casser la gueule. Devant moi, c’est une succession de chute plus ou moins grave. Certains devront abandonner sur blessures. C’est le défilé des secours. Dans les montées, on s’économise, on marche encore. Je vais mieux à partir du vingtième km alors j’accélère et je remonte pas mal de monde.

Les ravitos sont espacés d’environ 7 km, c’est l’objectif à atteindre pour moi. Je n’ai plus mal au ventre mais je ne suis pas au mieux de ma forme. Je cours seul et je sais déjà que je vais mettre plus de temps que prévu (j’avais imaginé la faire entre huit et dix heures dans des conditions normales). A chaque ravitos je fais le décompte de ce qu’il reste à faire.

Les lumières oranges de l’agglomération lyonnaise éclairent le ciel. C’est beau. Je me retourne parfois pour admirer le défilé des lucioles. Ça fait du bien de voir ça, et de savoir qu’ils sont des centaines derrière ! Je n’ai pas mal aux jambes mais par contre (c’est mon talon d’Achille) une douleur se fait de plus en plus présente à l’épaule gauche. C’est un point précis au niveau du trapèze. C’est pénible alors je fais de mouvements de bras et de tête pour essayer de décontracter les muscles. Le vent se lève en redescendant sur Lyon, je mets ma capuche. Je n’ai pas eu froid sauf un peu aux mains mais en les remuant, ça passe.
Il me reste 20 km à faire et je suis cuit. Je veux terminer coûte que coûte.

Je vais mettre le temps qu’il faut, mais je n’abandonnerai pas. A chaque ravito, ils sont nombreux à craquer. Je veux être finisher. Je n’ai plus que ça en tête. Le terrain est tellement glissant que l’on doit faire attention à chaque pas. Tous les appuis sont instables et ils seront nombreux à chuter. Certains lourdement. Je glisse sans cesse. J’en ai marre de cette glace. Une véritable patinoire. Et quand ce n’est pas gelé c’est de la neige molle et collante. L’enfer blanc. Je suis sur le point de craquer.
Pour arriver à Lyon c’est du plat et de la descente, alors ça va mieux. Je me remets à trottiner mais les jambes ne suivent plus. J’ai mal aux pieds.
Les 5 derniers km sont terribles le long de la Saône.
C’est laid, il fait froid, il y a du vent. C’est interminable.
Je vais finir.
L’arrivée à Gerland est un soulagement.
On me remet le tee-shirt, je bois deux verres de coca…
C’est terminé !!! 11H36. Deux heures de plus que prévu.

Je me douche (douche cracra mais je n’avais qu’à arriver plus tôt !)
Tous les Spiridoniens ont terminé. Et notre champion Fabrice termine en 6H45 à la 97ème place.
Sur les 6800 inscrits à la Saintélyon en solo, 4000 terminent en moins de 15h.
Combien d’abandons ?
Combien ne sont pas venus à cause des conditions climatiques?
Combien de blessés ?

Pour moi, ce fut vraiment difficile. Ma préparation était trop light. J’ai pensé tenir sur ma prépa marathon mais j’étais trop juste sur la longueur. Les problèmes gastriques m’ont bien ralentis et handicapés. Et le verglas m’a empêché de courir la plupart du temps.

Les points positifs :
Je termine
J’étais bien équipé et je n’ai pas eu froid malgré les températures négatives
Je ne suis pas blessé
J’ai eu de nombreux encouragements

Les points négatifs :
J’ai souffert (ventre, jambes, épaule)
Je termine dans le dernier quart
J’ai lâché mes copains
Pas d’ambiance particulière sur, avant et après la course
Le sol glissant presque tout le long
Areva comme sponsor !

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