Catégorie : First Time

C’est le printemps !

C’est aujourd’hui le printemps, mais la semaine passée a été annonciatrice de cette nouvelle saison. Une saison qui compte beaucoup dans mon cœur de runneuse car c’est précisément le 3 avril 2010 que j’ai commencé la course à pied, avec mon amie Aurélie. Quand je revois les photos prises ce jour-là, quand je regarde les premières colonnes de mon tableau Excel et les premières données RunKepper, je me rends compte du chemin accompli, de l’endurance et de la vitesse gagnées et des 6 kilos de trop laissés sur la route au passage. Retour, donc, sur cette semaine pré-printanière 2011, une quinzaine de jours avant mon premier « anniv’ de running ».

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Semi-marathon de Paris 2011 : supportrice, 127 décibels

Ce n’est pas la première fois que j’assiste à une course au lieu d’y participer. A la Corrida d’Issy-les-Moulineaux en décembre 2010, blessée , je m’étais transformée en supportrice-photographe et j’avais adoré l’expérience. Nous étions déjà un petit groupe de copains, les coureurs-blogueurs qui allaient devenir la Runnosphère, et cette journée avait été ensoleillée par ces formidables rencontres. Dimanche dernier, c’était pourtant bien la première fois que j’assistais à une course pour encourager quelqu’un en particulier. Pour Noostromo, ce semi-marathon était fondateur, le premier (d’une longue série?) sur cette distance.

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Snow Trail de l’Ubaye 2011 : du bonheur blanc en barre

L’idée avait été lancée par Lamiricoré à l’automne 2010 : participer sous les couleurs du Taillefer Trail Team au Snow Trail de l’Ubaye, dans les Alpes de Haute-Provence. Cela faisait donc des mois que je songeais à cette course dans la neige, sans présager ce que pouvais réellement être un trail blanc. Pour la neige, j’avais eu un petit aperçu grâce aux trombes pré-hivernales en région parisienne et grâce à une petite séance chez mon père le jour de Noël. Quant à la course en pleine nature avec un chouilla de dénivelés, outre la forêt de Versailles avec Shuseth et Noostromo, il y avait eu le trail des Monts et Merveilles à Compreignac la semaine dernière, en mode « rando rapide ». Mais j’étais loin d’imaginer où pouvaient se cacher les arcanes du « trail » (prononcer « traille » ^^).

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Trail des monts et merveilles : podium à l’envers !

Cela faisait plus de douze années que je n’étais  pas retournée au village. Non pas celui qui m’a vu naître, mais celui dans lequel j’ai vécu mon enfance et une partie de mon adolescence, de 6 à 16 ans. J’y ai appris à lire, à faire du vélo et de la mobylette, j’y ai vécu des amours et des amitiés et des drames, passé des heures dans les bois, l’église et les champs : Compreignac.

Seb dit « Marko », coureur limougeaud rencontré sur Facebook (le même qui a écrit ici le récit de sa Saintélyon), m’avait parlé de cette course : le Trail des Monts et Merveilles, une première édition conduite par un passionné de ces bois de Maudan et de La Vauzelle. Je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous et conviais Noostromo et Aurélie « de Limoges » à vivre cette expérience avec moi.

Le réveil dominical ne fut pas évident, après une soirée passée au Petit Coudier (un café-concert mythique des Monts d’Ambazac où les étoiles furent scintillantes et les musiciens de French Swing Kiss fantastiques). Mais j’étais heureuse de partir courir à travers mes racines. Arrivés à 8h45, nous nous garons près du nouveau lotissement et abordons le village à pied, en passant près du cimetière. Je reconnais la maison d’Aurélia, celle d’Anne-Sophie, la mairie-école où j’ai vécu, le monument aux morts, l’église. Le village est transfiguré avec ses brumes matinales et les dizaines de coureurs en tenue qui s’échauffent dans les ruelles. Devant la salle des fêtes une longue file d’attente est formée : ici, on s’inscrit plutôt le jour même que par correspondance, et les organisateurs devront reporter le départ d’un quart d’heure tant l’affluence est grande. Le temps d’un bon café chaud et nous arrivons au retrait des dossards du parcours de 9,5 kilomètres, fin prêts. Ou presque : « Ah bon, vous ne donnez pas d’épingles à nourrices ? » Je le sais bien pourtant que ce n’est pas la règle dans les petites courses, moi qui les collectionne dans mon sac de sport. Mais je n’y ai pas pensé ce matin… On parvient à s’en dégoter deux chacun, et on met le dossard bien en évidence car il n’y a pas de système de puce pour compter les chronos. A la place d’un sac de goodies, les coureurs reçoivent une bonne bouteille de bière artisanale locale : ça c’est une organisation qui sait recevoir ! 🙂

On se dirige vers la ligne de départ, devant l’église, et c’est peu dire qu’on manque d’échauffement : on aurait dû trottiner davantage. La brume ne se lève pas, et restera présente tout au long de la course, transformant les paysages en décors de légendes telles que les racontait Madame Gabouty, l’historienne du village, avec ses feux follets, ses grottes secrètes, ses pierres guérisseuses et ses esprits farceurs. Bruno est venu encourager Aurélie. Blessé, il ne participera pas au trail, mais il fera quelques foulées (en jean !) sur la fin du parcours avec nous. Sébastien est également bien là, au départ des 24 kilomètres.

Où est Marko ?

Au départ les coureurs se lancent dans la descente comme s’il s’agissait d’un 10 kil’ roulant ; nous essayons de nous retenir mais ce sera trop rapide pour Aurélie qui aura tout de suite le galopant au taquet. On s’enfile assez vite dans un sentier, mais je ne regretterai pas d’avoir choisi mes New Balance 1064 pour l’occasion, car nous croiserons peu de grosse boue et que les passages sur route m’auraient vraiment cassé les pattes dans mes chaussures de trail (elles ne perdent rien pour attendre, les Columbia Ravenous version 2011 connaîtront leur baptême de glace le week-end prochain, au cours du Snow Trail de l’Ubaye !)

Tous derrière et elles devant... mais pour combien de temps encore?

A partir du deuxième kilomètre, ça grimpe, et pour longtemps. On marche pas mal et cela me rappelle ces dimanche de mon enfance avec le club de rando, où je pestais comme une sacrée diablesse contre le sort qui m’obligeait à parcourir ces sentiers au grand air, alors qu’il y avait le feuilleton « Gym » à la télé et que j’aurais préféré savoir si l’héroïne allait remporter la victoire devant ses fourbes adversaires. Mais là je ne peste plus, je suis tellement heureuse entre mon amie et mon amoureux, dans les feuilles mortes, les bogues de châtaigniers, sur ma terre Limousine. Je remercie mes parents de m’avoir forcé à marcher les dimanches, de m’avoir appris à aimer les chemins creux et la mousse des sous-bois !

Après le premier ravitaillement du quatrième kilomètre, nous amorçons une descente qui sera de courte durée. On y croise des chevaux bien sympas qui prennent la pause devant l’iPhone de Noostromo. On aura effectivement l’occasion de faire de belles images de cette forêt brumeuse, et les organisateurs facétieux ont même pris le soin, en plus des balises, d’installer des pancartes « Paysages ! » assorties de flèches qui pointent… vers le brouillard 😉 Nous sommes déjà bons derniers, suivis par les baliseurs-balais avec qui nous échangeons quelques blagues.

Déictique dans les arbres

« Normalement ça devrait tout le temps redescendre », dis-je pour rassurer ma coupine pour qui les montées et les sentiers chaotiques sont un vrai chemin de croix. Que nenni, ça grimpe encore. Heureusement, un deuxième ravito nous attend, avec des carrés de chocolat noir très bienvenus (2 ravitos sur un 9,5 km, on ne va pas tomber dans les vappes !) On passe pour la deuxième fois à gué sur un petit bout de rivière, qu’on s’amuse à franchir à petits bonds sur les pierres.

Et hop !
Et voilà !

Le chemin devient plus large, c’est « le chemin de princesse » pour Aurélie, qui peut enfin prendre ses aises.

Le chemin des princesses

Nous amorçons la descente finale vers le village, et devant le cimetière je croise Zohra, notre ancienne voisine du village, qui gardait ma petite sœur (« Missy », pour ceux qui suivent ^^), qui connaissait tous les coins à champignons, qui savait faire du henné avec des feuilles de noyer et qui partageait le potager avec ma mère. Je m’exclame, je la salue, on s’embrasse, « Et ta maman, ça va ? Et ta soeur, ça va ? Oh, j’ai toujours une photo de vous dans mon salon ! » Elle a les larmes aux yeux quand nous prenons une nouvelle photo grâce à l’iPhone de Noos’ (merci Nicolas pour toutes ces belles images, c’est rare d’en avoir autant sur une course !) Les baliseurs-balais attendent sagement que toutes ces effusions s’achèvent, je salue Zohra et nous finissons la course… derniers !

Pour la petite histoire, ayant vu sur le site Internet de la course qu’il n’y avait que 12 seniors femmes inscrites sur le 9,5 kilomètres, je m’étais dit qu’un podium était possible… Mais je préfère courir avec mes amis que de les laisser sur le coin de la route pour faire ma petite perf’ à la noix. Ce sera donc un podium inversé en 1 heure 20, mais du « bon temps roulé », comme on dit en Louisiane !

A l’arrivée c’est le festin (Eh bé oui ! On est en Limousin quand même !) avec une soupe aux légumes faite maison (et les participants des 24 kilomètres auront même droit à un sandwich au fromage, les veinards !) Je retrouve Cathy, la mère d’une amie d’enfance, montée sur la place tout spécialement pour me voir. On finit en beauté « Chez Gabeau » (oui, le propriétaire a changé mais pour moi le café au coin de l’église sera toujours « Chez Gabeau », là où j’achetais mon Mickey Magasine et mes Frizzy Pazzy) avec une petite bière.

De grands mercis aux organisateurs et bénévoles de cette course, superbe, très bien encadrée et très bien balisée. Leur enthousiasme est beau à voir et cela m’a donné une idée à long terme : pourquoi ne pas organiser une course « Runnosphère » un jour, dans un coin qui nous est cher et que nous aimerions faire découvrir ? Certes, cela doit représenter un investissement énorme, sans doute un an de travail, mais quel aboutissement !

PS : Pourquoi tu cours ? Pour retourner à la terre d’enfance.
PS 2 : On va ajouter quelques photos prises  par Bruno, elles sont magnifiques !

Les autres comptes rendus de course de la Runnosphère ce week-end :

Noostromo (trail des Monts et Merveilles)

– Runnosphère (Raidnight 41)

Virginie (Raidnight 41)

Runmygeek (Raidnight 41)

– Doune (foulées de Vincennes)

– Salvio (foulées de Malakoff)

Laquathus (foulées de Vincennes)

Run, sister, run !

Un tout petit billet pour évoquer le premier jogging réalisé avec ma soeur (que nous appellerons « Miss C. » ^-^) Longtemps repoussé, nous avons enfin trouvé ce midi le temps de nous rejoindre pour une petite sortie au parc de l’île Saint-Germain. Le sol est trempé, mais le ciel n’a pas l’air de vouloir pointer son air menaçant, c’est parti pour 40 minutes de marche et de course.

Beaucoup de marche, puisque c’est la deuxième séance de Miss C. et que comme moi, elle part de pas grand-chose. (Dans la famille, on fait beaucoup de danse traditionnelle, des fest-noz, des bals, mais ça n’est pas assez fréquent pour être considéré comme une activité physique régulière.) Je lui ai passé ma ceinture cardio et ma montre Garmin, pour se donner une idée du rythme cardiaque. Et on a bien fait de travailler avec cet instrument, parce que Miss C. part assez vite dans les tours ! Autour de 100 bpm au début de la marche, 140-160 en marche rapide, 170-190 en course. Dès qu’elle dépassait 190 bpm, même si le temps de course était bref ou la vitesse pas très rapide, on marchait. Très vite essoufflée, elle avait pourtant à coeur de repartir dès que le rythme baissait. Très courageuse, Miss C. !

On a croisé dans les chemins boueux pas mal de joggeurs, et je ne pouvais m’empêcher de regarder (et de commenter) leur foulée. J’ai aussi regardé comment courait Miss C., et mis à part le pied droit qu’elle pose trop en canard (comme moi) et qu’elle doit penser à poser plus droit, c’est harmonieux et équilibré.

Quelques escaliers glissants se sont mis en travers de notre chemin, qu’à cela ne tienne, on a grimpé les premiers en « montée de genoux » et descendu prudemment ceux qui nous amenaient au bord de la Seine (pas tellement envie de tomber, d’autant que ce soir, il y a la dernière Veillée du Bois de l’année 2010 avec Team Outdoor à Vincennes !)

Objectif à court terme: augmenter le temps de course et baisser le temps de marche, même si pour cela il faut ralentir encore.
Objectif de régularité: une séance par semaine (Ouiiii! Même en hiver ^^ Je gage qu’au printemps elle voudra en faire deux.)
Son objectif à plus long terme: La Parisienne 2011, venir en spectatrice lui a donné envie de s’y mettre !

– Pourquoi tu cours ? (Je laisse la réponse à Miss C.)
– Pour partager la passion débordante de ma soeur et repousser mes limites physiques et mentales petit à petit !

Du lac Saroma au lac de Vassivière

Allez, je me lance: voici le premier billet de ce blog qui sent le four chaud, la pâte à tartiner et l’amande. Quitte à jouer à girly au pays des geeks. Je ne suis pourtant pas cuisinière pour deux sous. J’aime les bons produits, mais tout ce que je sais faire, c’est couper en bouts et jeter dans la poêle. Pourtant, tellement dépitée par les aliments pré-mâchés de la course à pied, entre jus infâmes, gels médicamenteux et autres gâteaux sportifs étouffes-chrétiens, je me lance dans la fabrication de mes propres barres et boissons.

C’est un livre écrit par Kecily et Kristof Berg qui m’a inspiré: « Secrets d’endurance », récemment présenté sur Wanarun, et que j’avais découvert par hasard dans une librairie, la veille des 10km de Paris Centre. Je ne vous le présente pas plus, je sais qu’il circule dans la runnosphère comme une poignée de dragibus (oui, je sais, c’est pas bon les dragibus 🙂 ) et que nombre d’entre vous l’ont sur leurs étagères. Les auteurs ont également leur propre blog, Metagama, qui respire les voyages, la cuisine… et la passion de la course à pied — ils ont d’ailleurs bouclé le marathon de Toulouse, le week-end dernier, avec un sacré brio.

Comme en ce moment je ne cours pas (bouuhouhou!), j’ai préféré taper dans la partie « biscuits de récupération ». On testera les « ultrabarres » quand le temps des sorties longues et des randos dans la neige sera de retour.

Bien, bien, bien. Ouvrez votre livre à la page 30, « Lac Saroma. Un biscuit moelleux à l’azuki, avoine, banane et amande, épicé à la cannelle ». Miam ! L’azuki, c’est un haricot japonais. Ça doit certainement être succulent, mais on est lundi 1er novembre, je n’ai pas préparé mon coup et le Naturalia du coin est fermé. Il va falloir jouer serré. Et se rendre au magasin où les prix sont francs (les parisiens reconnaîtront, pour les autres, imaginez une supérette améliorée). C’est là qu’on se rend compte à quel point les produits bios ont envahi les étalages des chalands les plus simplets. Je vais pouvoir y trouver du lait de soja (bio), de la poudre d’amande (bio), pas de flocons d’avoine mais un muesli (bio) qui fera l’affaire, des bananes bios, de la cannelle pas bio (flûte!).

Les haricots azuki, ce sera pour une autre fois. Je déniche à la place des haricots rouges, bien cuits ils seront assez fondants. Pour la peine, je rebaptise ces biscuits « Lac de Vassivière », en l’honneur de mon pays natal (et d’un ingrédient mystère…) Si le lac Saroma est mythique pour ses 100 bornes, le lac de Vassivière a l’honneur d’accueillir chaque année un semi-marathon des plus pentus. Dont acte.

On retrousse ses manches, c’est parti. D’abord, le trempage des haricots. Kecily et Kristof expliquent dans leur ouvrage que le trempage réveille les qualités nutritionnelles des légumes secs, et qu’il doit durer une nuit. Flûte, j’ai pas prévu. Sur le paquet, c’est marqué une heure trente, on va faire ça. Pendant ce temps, je fais du tricot (je rigole !!)

Je prépare les autres ingrédients. Comme je n’ai pas de purée d’amande (décidément, j’ai rien!), j’en fabrique une avec de la poudre (d’amande…) et du lait de soja. Si les contenants ont une influence sur les contenus, je ne vous raconte pas ce que ça va donner dans cette tasse…

La tasse-à-prouts

Je coupe les bananes (ça je sais faire), et comme je n’ai pas de mélasse ni de sirop d’agave, je décide d’ajouter l’ingrédient mystère, à savoir: tadaaaaa! La crème de marrons. Du Limousin. De Clarisse-la-chérie-du-Papa-de-ma-copine-Sarah. Eh oui.

En même temps, des bananes, on sait à quoi ça ressemble.
Confi'Fruits de Châtaignes. Par Clarisse, de Cognac-la-Forêt.

Après le trempage, la cuisson. Encore une heure trente. Pendant ce temps, je me prépare psychologiquement à l’étape suivante, l’utilisation du robot ménager offert il y a un an par la maman de Monsieur M. Il y a UN AN. Et là c’est first time. Je suis vraiment une grande cuisinière. Alors dans le robot, il y a des lames qui tranchent, des râpes qui coupent, un moteur, tout ça. Dans une vie antérieure j’étais boulangère et si la patronne n’avait pas été là pour appuyer sur le bouton rouge d’urgence, ma main passait dans le tranchoir à pain. Souvenirs, souvenirs. Je me raisonne: ça ressemble au babycook que j’ai offert à une collègue il y a quelques années, mais en plus grand.

Ça bouille !

Allez, c’est bien cuit, on égoutte, on prend 200 grammes… Gloups, ça fait combien, 200 grammes ? Parce que je n’ai pas de balance, non plus. Dans une autre vie antérieure, j’ai été épicière, et je n’avais pas mon pareil pour peser à la volée « une livre ». Quels que soient les fruits et les légumes, « une livre », j’étais trop forte. Je mettais les primeurs sur la balance, pof, une livre et quelque. Je me concentre, j’essaye de redevenir épicière à Treignac, et hop, 200 grammes dans le robot mixeur. J’ajoute la tambouille d’amande, les bananes, le muesli, le lait de soja, la cannelle, la crème de marrons. Et je mixe.

Premier coup de mixeur, c'est pas très ragoutant.
Deuxième coup de mixeur, c'est pas mieux!

Je couvre une plaque de papier sulfurisé, et je dépose des paquets de cette pâte, un peu comme si c’était des cookies. Dans le livre, ce sont de belles barres bien régulières, mais je n’ai pas de « nonnette rectangulaire ». J’enfourne, je fais cuire à 160°: d’abord 10 minutes d’un côté, puis je retourne la plaque et encore 20 minutes.

Avant
Pendant
Après
Genre "je suis sur M6"

Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai essayé de faire des barres sans moules à barre pour réaliser des gâteaux moins gros.

Mmmh! On dirait du chocolat!

Verdict: c’est super bon et fondant. Je m’imagine déjà sur un sentier de montagne, en train de boulotter mes petits gâteaux. Ça manque juste un peu de sucre, mais j’aurais dû lire la dernière phrase de la recette: « Ce biscuit est volontairement peu sucré: n’hésitez pas à l’adapter à votre goût. » Donc pour la prochaine fois: triple ration de crème de marrons !

——————

On va faire comme dans les vrais blogs de cuisine, je vous mets la recette à la fin.

Lac de Vassivière
(librement inspiré de Kecily et Kristof Berg)
(version triple ration de crème de marrons)

– 200 grammes de haricots rouges cuits
-100 grammes de muesli
– 2 bananes
-2 cuillères à soupe de gloubi-boulga d’amande
-3 cuillères à soupe de lait de soja
-3 cuillères à soupe de crème de marrons
-2 cuillère à café de poudre de cannelle

Préchauffer le four à 200°
Mixer les ingrédients
Laisser reposer un peu (ils sont fatigués, les ingrédients!)
Couvrir une plaque de papier sulfurisé, faites des tas comme vous pouvez
Enfourner et faire cuire 10 min, puis retourner la plaque (avant/arrière) et poursuivre la cuisson 15 à 20 min, à 160°

Allez courir, et dégustez !

Birth Day

Aujourd’hui j’ai 30 ans. Une semaine de folie m’attend, avec deux présentations de mon travail de post-doctorat, un entretien pour d’éventuels futurs contrats, une présentation de ma thèse dans un workshop à Istanbul (Oh, les beaux jours!) Avec un mollet gauche toujours un peu douloureux, et la crainte de devoir m’arrêter de courir plus longtemps que prévu.

Quoi qu’il en soit, je testerai mon cadeau sur les rives du Bosphore, mollet en mousse ou pas. Je vais faire chauffer le GPS et monter le cardio. Je sais bien que depuis, un nouvel appareil est sorti, avec davantage de configurations possibles. Mais j’aime déjà ma Forerunner 110, grise et rose, avec sa ceinture cardio-fréquencemètre, elle ira bien avec mon haut à manches longues noir à liseré vert fluo, avec mes lacets roses fluos, mon écharpe de course violette.  (Comme Doune, j’aime le bariolage à outrance en termes de course à pied 😉 )

Mais le plus beau cadeau, c’est la présence de mes proches, leur soutien de tous les instants, leur enthousiasme face à ma passion. C’est aussi la fierté d’avoir pu transmettre un petit peu de cette passion à mes collègues, à ma soeur (Et d’ailleurs… Bon anniversaire Chloé !!! — on est nées le même jour, à 5 ans d’écart). C’est la joie de prévoir un Jog&Visit avec Aurélie, à la fin du mois ; d’envisager un jogging près de la mer du Nord avec ma copine NaÏk, connue sous les cieux de la danse traditionnelle (on nous aurait parlé de jogging il y a 15 ans… je crois qu’on aurait bien ri !)

Le plus beau cadeau, c’est aussi votre présence sur ce blog, lecteurs-commentateurs ou lecteurs silencieux dont je perçois la présence à travers les statistiques du blog.

Il paraît que c’est également l’anniversaire d’Higelin, je vous laisse donc avec l’un des plus beaux poèmes de la langue française.

La nuit promet d’être belle car voici qu’au fond du ciel apparaît
La lune rousse
Saisis d’une sainte frousse, tout le commun des mortels crois voir le
Diable a ses trousses
Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage et vous pages pervers courrez au cimetière
Prévenez de ma part mes amis nécrophages que ce soir nous sommes attendus
Dans les marécages.

Voici mon message: cauchemars, fantômes et squelettes,
laissez flotter vos idées noires prés de la mare aux oubliettes,
tenue du suaire obligatoire.

Lutin, lucioles, feu-follets, elfes faunes et farfadets effraient
mes grand carnassiers, une muse un peu dodue me dit d’un air entendu:
« vous auriez pu vous raser », comme je lui fais remarquer deux, trois pendus
Attablés qui sont venus sans cravates « tiens vous avez remarqué », elle me
regarde de un oeil hagard et vomis sans crier gare quelques vipères écarlates.

Vampires éblouis par de lubriques vestales, égeries insatiables chevauchant des valkyries,
infernal appétit de frénésies bacchanales qui charme nos âmes envahies
par la mélancolie.

Satyres joufflus, bouc émissaire, gargouille émue, fière gorgone;
Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères a la licorne.

Soudain les arbres frissonnent car Lucifer en personne fait
une courte apparition, l’air tellement accablés qu’on lui donnerait
volontiers le bon dieu sans concession s’il ne laissait malicieux
courir le bout de sa queue devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d’un bond dans un concert de jurons disant
D’un ton maléfique:
« Que les damnés obscènes cyniques et corrompus fassent griefs de
leurs peines à ceux qu’ils ont élus car devant tant de problèmes
et de malentendus, les dieux et les diables en ont finis par
douter d’eux mêmes »

Oh dédain suprême, mais déjà le ciel blanchit, esprits je vous remercie
de m’avoir si bien reçu.
Cocher lugubre et bossu, ramenez-moi au manoir et lâchez ce
crucifix, décrochez moi ces gousses d’ail qui deshonorent mon portail
et me chercher sans retard l’ami qui soigne et guérit la folie
qui m’accompagne et jamais ne m’as trahi… Champagne!!

Les Boucles de la Porcelaine 2010: 10 km et 700 mètres!

Ce week-end en Limousin fut riche en expériences, comme le sont tous les moments ayant trait avec le passé. Aucune rue de Limoges ne m’est totalement inconnue, toutes me rappellent des souvenirs d’enfance et d’adolescence, et les parcourir avec une amie de lycée renforce ce sentiment singulier de familiarité et d’étrangeté mêlées.

Le parcours des Boucles de la Porcelaine passait par certains endroits où je m’étais promenée avec mes parents, où j’avais bu des bières avec les copains, où, très récemment encore, lors de la « Fête des Ponts », je regardais un feu d’artifice avec Monsieur M. et Aurélie. En courant dans ces endroits, j’ai créé des souvenirs neufs au milieu d’anciens souvenirs, comme les cercles d’un tronc d’arbre marquant son ancienneté. [Oui je me fais nostalgique, c’est normal j’ai 30 ans lundi prochain 😉 ]

Finalement, il y a eu très peu de passages en zone industrielle, sur le parcours de cette course. Une fois les trois premiers ronds points passés (et la longue côte du départ grimpée!), on a bifurqué au milieu d’un golf, dégringolé à travers bois, longé la Vienne… bref, c’était magnifique.

Les parents d’Aurélie avaient fait le déplacement pour nous encourager. Le papa d’Aurélie nous a même suivies en vélo, caméscope à la main, nous encourageant, nous filmant et nous prenant en photo. Sa maman nous attendait peu après le 10è kilomètre, alors que 700 mètres restaient à parcourir. Dans la série des encouragements, nous avons également été soutenues par un entraîneur du club “Kilomètre 42”, qui accompagnait son groupe, et par Adeline, sur la côte de départ. Qu’ils soient tous remerciés, c’est tellement important!

C’était le premier “10000” pour Aurélie, et bien qu’elle ait repris récemment un sérieux entraînement, nous n’avions qu’un objectif: finir, si possible sans marcher. Mission accomplie!

Nous sommes parties dans le fond, pour débuter lentement et ne pas nous laisser trop embarquer par le rythme des coureurs. Je portais le t-shirt bleu turquoise du Paris-Versailles (eh oui, les bénévoles aussi y avaient droit! ;-p) pour me donner du courage et Aurélie avait également un haut de la même teinte. Nous étions jolies toutes les deux, piétinant sur la ligne de départ, le trac au coeur avant de s’élancer !

La première côte n’a pas été aussi difficile que prévue, grâce à notre lenteur d’escargot. Nous avons enchaîné un rythme léger jusqu’au 3è kilomètre (8 minutes au km). Puis bien chauffées, nous avons accéléré. C’est pour moi l’arrivée dans le golf qui marque cette accélération. Encouragées par les golfeurs du dimanche, nous l’étions aussi par la beauté du site. Ensuite, ce fut la descente, la forêt, les chemins, les cailloux qui roulent. Nous avions assez de souffle pour rigoler: “Ouais !! On fait du trail!” et ces rires nous ont l’espace d’un instant fait oublié nos douleurs: mon point continu au mollet gauche, son genou droit partant en vrille.

C’est à partir de ce moment, vers le 6è kilomètre, que nous avons commencé à doubler (prudemment, d’autant que nous croisions aussi des marcheurs-rapides et des coureurs handicapés — un mollet en moins, la jambe prolongée par une prothèse. Et là je me suis dit « Punaise, si ça m’arrivait, je crois que je continuerai aussi à courir »). Puis nous avons rejoint la Vienne, par un va-et-vient de petites côtes et descentes bien casses-pattes.

Nous faisons attention de rester non loin l’une de l’autre, voire côte à côte — on s’est quelquefois un peu cognées le coude, tellement nous étions proches. Nous sommes également attentives au souffle de l’autre, à des signes infimes pouvant indiquer l’état de forme, sans pour autant avoir besoin de se fixer. A partir du 8è kilomètre, au moment où nous franchissons le pont Saint-Etienne, Aurélie lâche des jurons contre les maudites côtes (eh oui, les ponts, même médiévaux, ça grimpe!). Son visage se tend, elle parvient pourtant à plaisanter encore à l’approche du 10è kilomètre avec un marcheur (ils vont super viiiite, ces marcheurs !)

De mon côte j’en ai sous le panard, je suis fatiguée mais pleine d’énergie: sur la vidéo que l’on a visionnée et analysée ensuite, je balance mes bras avec une vigueur démesurée, comme si je ne savais pas quoi faire de cette énergie. « Plus que quelques mètres! » : je fais une annonce, pour remotiver les troupes. Et là une dame me casse gentiment mon effet : « Plus que quelques centaines de mètres »… Il est vrai que les 700 mètres supplémentaires comptent, surtout qu’ils grimpent : « C’est pas gentil de nous mettre une côte à la fin! » Je ralouillle mais je suis heureuse, je viens de dépasser mon nombre de kilomètres parcourus en compétition.

On franchit la ligne d’arrivée dans un sprint de 60 mètres, riant comme des gamines que nous sommes. Victoire! Délivrance! Temps réel : Temps réel : 1:09:14 (disons 69 minutes!), moyenne au km : 6’28.

Pour finir, quelques explications sur la coupe que j’ai emporté avec moi dans le Corail Téoz du retour, jusqu’à mon bureau ce matin. Je n’ai pas l’habitude de rester pour les podiums (je préfère aller boire une bière avec les amis!) mais là, un ami d’Aurélie et Adeline parvenait à la 2è marche de la catégorie vétéran. Suite à un cafouillage, il s’est avéré que le nombre de coupes était supérieur à celui des récipiendaires. Un organisateur ayant flashé sur mon… « dynamisme » via la page Facebook des Boucles de la Porcelaine, il a pris d’autorité l’une des coupes restantes pour me la remettre publiquement, au nom de mon… « dynamisme sur Facebook et mon blog à propos de la course ». Ce geste m’a fait plaisir, et rire, même s’il a été assombri par l’attitude peu amène du généreux donateur. Tout le petit groupe d’amis à joué le jeu à fond, m’applaudissant sur le podium, et nous avons pris la photo-souvenir près des poubelles de recyclage, pour bien marquer le côté farceur de cette coupe. Mais mon sourire sur cette photo est tellement empli de la joie de la course et de cet événement incongru, qu’il résume à lui seul toute l’aventure.

Je tiens pour finir à remercier l’ensemble de l’organisation des Boucles de la Porcelaine, qui ont mené de front semi-marathon, 10,7km et marche populaire, avec ravitaillements, tentes d’accueil, marquage des kilomètres, bénévoles sur tout le parcours… jusqu’au ballon perché dans le ciel prenant des photographies aériennes! Je lance une pensée particulière pour les personnes présentes au retrait des dossards, car c’est le poste que j’occupais sur le Paris-Versailles…

PS: Pourquoi tu cours ? Pour pleurer de joie dans les bras d’Aurélie en coupant des tomates, au moment du déjeuner d’après-compétition.

PS2: En bonus, le reportage de France 3 Limousin-Poitou-Charentes sur la course, avec toute la saveur de la télé régionale!

Like a rolling stone

« What does it feel to be on your own? » me demande l’ami Dylan. J’ai le casque branché sur les oreilles, le paysage défile sous mes yeux encore alourdis par la fête de la veille (l’anniversaire d’une amie, le genre d’événement pour lequel on sèche une Pasta Running Party…)

Je suis dans le train pour Limoges, délaissant mon carnet de brouillon rose pour l’appli WordPress de l’iPhone. Si la connexion aléatoire 3G/Edge fonctionne un chouilla, je pourrai publier ce billet avant même d’avoir posé le pied sur ma terre natale.

Dimanche, ce sera la première course qu’Aurélie et moi ferons ensemble, et son premier 10km (10,7km en réalité, un quart de marathon!) Les Boucles de la Porcelaine, le long de la Vienne et à travers les zones industrielles des usines encore en activité. Cela peut paraître bizarre de courir dans un tel paysage, mais c’est pour moi une motivation supplémentaire. Autant j’aime la montagne et sa nature vertigineuse, autant j’aime l’urbain, le très urbain. Courir là, c’est rendre hommage à une ville en ne masquant pas ce qui fait sa richesse et son histoire.

Mais il y a un hic, et pas des moindres: depuis jeudi, j’ai une douleur sourde au mollet gauche, celui-là même qui a subi il y a 5 ans un stripping (vous savez, l’opération « on coupe en haut, on coupe en bas, on arrache la veine ».) D’après ma médecin que j’ai vue ce matin, il ne s’agirait pas d’un souci veineux, genre caillot ou truc craignos, ce serait juste musculaire (comment ça, j’ai « oublié » de lui dire que je courais dimanche ? Ah oui, j’ai oublié…^^) Mon podologue que j’ai appelé hier m’a décrit la chaîne musculaire qui va des petits orteils à cette zone douloureuse à l’intérieur de la jambe, et il m’a expliqué quelques exercices de flexion/détente à réaliser d’ici dimanche. J’ai déjà un peu moins mal, mais un peu seulement.

Demain, piscine avec Aurélie, on va barboter histoire de se détendre, elle a déjà fait ses 20 minutes de footing+ accélérations sur 200 mètres, je suis sûre qu’elle est au top malgré quelques crampes sur le tibia (« Le gang des éclopées aux Boucles de la Porcelaine »). Et dimanche, si mon mollet me laisse tranquille, course plaisir, sans chrono, on veut juste être finisheuses! 😉

Je penserai très fort aux coureurs et coureuses qui s’élanceront sur les 20km de Paris, en même temps que nous.

10km de Paris Centre, mon premier 10000! (2/2)

Le ciel était d’un bleu sans faille sur l’avenue de l’Opéra. Il faisait doux, comme si les dieux des coureurs nous avaient concocté spécialement un petit dimanche au dessus des normales saisonnières. C’était le jour de mon premier « 10 km », dimanche 3 octobre 2010, et je m’en souviens comme si c’était hier… normal, c’était hier!

Monsieur M. et moi arrivons à 9 heures 15, place du Palais Royal, le départ étant prévu à 10 heures. J’ai déjà décidé que je ne courrai pas avec le t-shirt-dossard officiel, en coton  et en taille XL dans lequel je flotte. J’ai déjà ma puce attachée à mes nouveaux lacets Xtenex — oui je sais, ce n’est pas futé de tester un nouveau matériel le jour d’une course… mais je n’ai eu aucun souci, je me suis sentie très à l’aise… merci encore à Team Outdoor pour m’avoir fait découvrir cette innovation!

Petit échauffement place Colette, autour du Kiosque des noctambules et ses billes de verre colorées. Et là, ça commence mal… je souffre des quadriceps, les mêmes qui m’ont fait boiter deux semaines auparavant. Je me dis qu’il faut que la machine se chauffe, et heureusement, j’ai raison, la douleur passera. Suivant le schéma d’échauffement du VRC 92, je me lance pour finir dans 3×100 mètres rapides, dans la rue des Pyramides. J’ai encore un peu mal. A ce moment-là je ne suis même pas sûre de pouvoir finir les 10 kilomètres, je me dis que j’adapterai l’allure en fonction des sensations.

Dans la foule du départ, je choisis de me mettre vers le fond. Je n’ai pas envie de gêner les coureurs plus rapides que moi et je crains de partir trop vite… à cet endroit, il y a moins de risques ! Cette stratégie ne s’avérera en fait pas très payante, parce que je vais avoir du mal à doubler par la suite, dans les ruelles étroites, et je vais parfois ralentir inutilement mon allure. Et puis au moment du coup de feu, ça piétine, ça piétine ! L’ambiance est très sympa dans ce « fond de classe »: c’est ma première course seule, sans Monsieur M. ou mes collègues, mais je discute et je blague avec les participants. L’un d’entre eux a eu la super idée de découper le numéro de dossard dans son t-shirt en coton et de l’attacher avec des épingles à nourrice sur son t-shirt technique. Et comme il a fait la découpe en forme de t-shirt, c’est génial ! Une fanfare joue sur la ligne de départ, et avec la musique et le trac qui monte, j’ai presque envie de pleurer d’émotion.

Enfin je peux m’élancer dans l’avenue de l’Opéra. Paris est vidée de ses voitures, on n’entend que le bruit des pas des coureurs sur l’asphalte. C’est d’ailleurs ce qui marque d’emblée dans cette petite vidéo prise par Monsieur M. au premier kilomètre. Je suis tellement concentrée que je ne l’aperçois pas — je suis en t-shirt bleu clair à la fin de la séquence. (Petite précision: on a fortement l’impression sur la vidéo que les coureurs s’écartent pour éviter ce gêneur qui filme, mais en réalité il était au pied d’un feu de signalisation et c’est cela que les coureurs contournaient ! ^^ Autre détail croustillant: on voit un clampin endimanché qui essaye de traverser la route et qui se plante devant la caméra… Petit juron de Monsieur M. !)

J’essaye tout au long de la course de profiter du paysage, mais finalement je reviens assez vite sur mon souffle, sur le rythme de ma foulée, un oeil sur ma montre-chrono à chaque kilomètre parcouru. Je suis régulière, 6 minutes par kilomètre ou un peu moins. C’est comme une petite victoire à chaque fois : « 3 fois 6 = 18… 17’55, yes ! » La douleur des jambes a complètement disparu, j’ai juste les mollets un peu gourds mais je trouve une pensée qui me soulage. Je me dis « Tes mollets, tu les confies à tes manchons Booster »… et aussitôt, je me détends. Idem pour mon ampoule au pied gauche : « Ton ampoule, tu la confie au pansement Compeed »… et je parviens à ne plus y penser.

Ce sont surtout les églises qui retiendront mon attention de runneuse du dimanche. A chaque fois, j’ai une pensée pour Dieu et pour les gens que j’aime, au ciel ou sur terre. Je suis assez mystique, quand je cours ! Mais une réflexion de la part d’un crapaud de bénitier sur les marches de Notre Dame des Victoires viendra ternir l’un de ces beaux moments. Il persifle un « Circulez, y’a rien a voir ! », avec un air méchant… Dieu est peut-être bon, mais certaines ouailles sont des bécasses !

Au ravitaillement du 5è kilomètre, je formule une drôle de réflexion… « 29’10, c’est bon, tu as le temps de prendre une bouteille d’eau »… C’est quand même un peu grave qu’une des choses les plus élémentaires de la course (la ré-hy-dra-ta-tion ^^) passe après le chrono ! J’essayerai de ne pas tomber dans ce travers… Après le ravito, terrain trempé et plein de bouteilles en plastiques, une petite côte des familles nous attend, courte mais bien pentue. Je garde le rythme en essayant de ne pas glisser. C’est qu’elles accrochent bien, ces Asics !

Au sixième kilomètre, l’une des coureuses dit à une amie « Ça y-est, on vient de faire La Parisienne. » Et je me dis à ce moment que je débute des kilomètres que je n’ai encore jamais franchis en compétition. Jusqu’au neuvième, tout va bien. Je vois que je tiens le rythme et que j’ai une chance de pouvoir finir sous la barre d’une heure. Au huitième, j’entends Monsieur M. qui me hèle, ça me fait chaud au coeur de le voir à ce moment là, je lui fais coucou de la main et il paraît que j’avais un grand sourire…

Le dernier kilomètre sera pour moi le plus difficile: je suis presque à bout de forces, je n’arrive plus à être aussi à l’aise. Le plus dur est que je ne parviens pas à percevoir la ligne d’arrivée, et je ne sais plus du tout où j’en suis. Les supporters sur le bord de la route ne m’aident pas beaucoup avec leurs indications, l’un dit « encore 60 mètres » et un autre après « plus que 200 mètres »…

Je vois enfin la place Colette, et plus loin, la ligne. Je me lance dans un dernier sprint, dépassant quelques coureurs exténués. Puis c’est le « bip » de la puce, l’extinction de mon chrono et de mon Runkeeper qui m’annonce bravement que j’ai couru 7 kilomètres… merci le GPS foireux ^^

J’ai besoin d’eau, j’ai besoin de sucre, et le sas après la ligne d’arrivée est toujours aussi difficile pour moi : on est tous serrés, tout le monde est un peu groggy, j’ai besoin d’air frais… J’arrive à me frayer un passage, à prendre une bouteille d’eau et un bout de banane, sans oublier la médaille des finishers ! J’ai reçu un texto de Noostromo que je rejoins devant le mur des Post-it. Il est aussi content que moi: nous sommes tous les deux juste en dessous du temps que nous espérions faire. Pour ma part, c’est en 58 minutes et 46 secondes que j’aurais parcouru ces 10 kilomètres. (On se fera une belle frayeur par la suite car les temps « officiels » et non pas « réels » nous seront communiqués, nous faisant dépasser de quelques secondes nos objectifs…)

Monsieur M. arrive et après les étirements de rigueur nous partons tous trois à la recherche d’une terrasse pour une petite bière bien méritée. Un dernier moment très chouette, où toute agitée je refais la course en paroles, heureuse. Nous voyons passer les derniers coureurs, puis la voiture de la sécurité civile qui ferme la marche, alors que nous sommes tranquillement assis, étirés, détendus.

Sur le mur des Post-it, les papiers se sont accumulés. Mais le mien est toujours là ! 🙂

PS: Pourquoi tu cours ? Pour voir Paris sans voiture un dimanche matin, et dépasser mes limites !