Catégorie : Courir à deux

Comment j’ai vaincu la côte des Gardes – Semaine 20 #2

Un dimanche du mois de mai il faisait beau et chaud comme un jour d’été, mon genou semblait se tenir tranquille après une Veillée du Bois sans genouillère et sans douleur rémanente. Avec Nicolas, nous avions envie de manger un peu de dénivelé avant nos trails de l’Oisan du 5 juin (10 et 20 kilomètres, 800 et 1300 D+, une bagatelle !) Nous avons donc décidé de rallier nos deux villes (Issy-Versailles) en passant par la côte des Gardes, celle-là même qui fait toute la renommée de la course Paris-Versailles.

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Un an de course à pied

Cet étrange signe des hommes dans le ciel lillois, anachronique, croisé à plusieurs reprises près de la Grand’Place et dans le quartier de la fac de droit, se trouvera en bonne place dans mon ch’ti coeur de newbie. Car ce week-end à Lille, j’ai quelque chose à fêter. Voilà maintenant un an que je me suis mise à courir.

J’ai déjà relaté cette première sortie au stade de Beaublanc à Limoges, avec mon amie Aurélie — que mille pluies d’or lui tombent sur la tête et que sa descendance soit nombreuse. Dans une lente progression, après des blessures, une reprise sous la houlette de mon podologue et des sorties régulières, me voilà parvenue à un premier pallier avec ces deux heures de course et presque vingt kilomètres (et 227 D+, comme j’en suis fière!) franchis à l’Ecotrail de Paris le 26 mars dernier. Outre la durée et la distance, j’ai également perdu environ 10 battements par minute sur mon rythme cardiaque en course depuis octobre 2010, et gagné 2 minutes au kilomètre en endurance fondamentale depuis l’été dernier. Je devrais pouvoir améliorer mon temps sur 10 kilomètres le 1er mai prochain à Boulogne: il est pour l’instant de 58’46 et date des 10 kilomètres de Paris Centre, en octobre 2010.

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Comment je suis arrivée à une heure et demie

Ce n’était pas vraiment prévu au programme. Le plan d’entraînement de THE COACH indiquait pour cet avant-dernier week-end de février « 70 minutes en endurance fondamentale (alternance course et marche, si possible avec dénivelés)  » Je suis partie avec 80 minutes en tête — OK, je ne sais même pas lire les consignes. Sans doute parce que 80 minutes, c’était mon record d’endurance, battu en pleine forêt avec Shuseth et Noostromo un mardi soir de janvier. Pour moi, l’expression « sortie longue » n’était que théorique : avec le plan de reprise après blessure suivi presque scrupuleusement depuis la fin du mois de décembre, mes séances avaient plutôt une moyenne de 45 minutes, et mon kilométrage hebdomadaire s’approchait difficilement des 20 unités.

(A propos de kilométrage hebdomadaire, ne trouvez-vous pas que le calendrier Garmin Connect est extrêmement bien fait ? Les différents types d’activité — rando, course — ont leur couleur et leur logo, en cliquant sur la loupe on a le résumé et la carte, en cliquant sur le titre on tombe sur l’activité, et on peut même ajouter son poids — pour moi maintenant c’est 52 kg, j’étais à 56 kg lorsque j’ai reçu la montre en cadeau d’anniversaire en octobre dernier, à 58 kg lors de mon tout premier jogging…)

Depuis l’excellente expérience du Snow trail de l’Ubaye début février, et son amorti physique peu coûteux (un chouilla mal au genou gauche, mais j’ai quand même bien récupéré), j’ai rediscuté de mon plan d’entraînement et de mes objectifs à court et moyen terme avec David le podologue. A vrai dire il ne s’agit pas d’un plan strict comme peuvent l’être ceux proposés par des coachs ou des entraîneurs, mais plutôt d’une ligne de conduite, d’un rythme global de progression. J’avais sollicité David dans ce sens lorsque je n’arrêtais pas de me blesser et lorsque j’ai compris que l’entraînement dans un club n’était pas encore à ma portée, ou dans mon envie du moment. Ses conseils ont très bien porté leurs fruits sur le versant « reprise », et maintenant j’aborde le versant « progression ».

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C’est le printemps !

C’est aujourd’hui le printemps, mais la semaine passée a été annonciatrice de cette nouvelle saison. Une saison qui compte beaucoup dans mon cœur de runneuse car c’est précisément le 3 avril 2010 que j’ai commencé la course à pied, avec mon amie Aurélie. Quand je revois les photos prises ce jour-là, quand je regarde les premières colonnes de mon tableau Excel et les premières données RunKepper, je me rends compte du chemin accompli, de l’endurance et de la vitesse gagnées et des 6 kilos de trop laissés sur la route au passage. Retour, donc, sur cette semaine pré-printanière 2011, une quinzaine de jours avant mon premier « anniv’ de running ».

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Où l’on reprend le fractionné…

Et où l’on apprendra que le coureur, un peu straight à ses heures, n’en est pas moins gourmand. La semaine dernière a en effet été marquée par des écarts gastronomiques collectifs au sein de la Runnosphère, peu en rapport avec les plans d’entraînement marathon des camarades (quant à moi, pour l’Ecotrail de Paris le 26 mars, je thésaurise: je muscle mes abdos en leur faisant porter un peu plus de gras). Cette semaine a également été marquée sur un plan personnel par la reprise du fractionné, ce qui, tenez-vous bien, n’avait pas eu lieu depuis le 27 octobre 2010, où j’avais alors enchaîné mes 4×800 mètres en 4’50 du kilomètre.

Après la sortie longue du dimanche d’avant, où mon record de distance et de durée a été allégrement franchi sous le ciel argenté de Versailles (y’a un billet là-dessus dans la section « Brouillons », il faut juste que je m’organise un peu pour le finir), j’ai fait le point avec THE COACH et on a décidé d’introduire une séance de fractionné dans mon plan d’entraînement qui désormais se prolonge jusqu’aux 10 kilomètres du Mont Blanc le 25 juin prochain.

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Snow Trail de l’Ubaye 2011 : du bonheur blanc en barre

L’idée avait été lancée par Lamiricoré à l’automne 2010 : participer sous les couleurs du Taillefer Trail Team au Snow Trail de l’Ubaye, dans les Alpes de Haute-Provence. Cela faisait donc des mois que je songeais à cette course dans la neige, sans présager ce que pouvais réellement être un trail blanc. Pour la neige, j’avais eu un petit aperçu grâce aux trombes pré-hivernales en région parisienne et grâce à une petite séance chez mon père le jour de Noël. Quant à la course en pleine nature avec un chouilla de dénivelés, outre la forêt de Versailles avec Shuseth et Noostromo, il y avait eu le trail des Monts et Merveilles à Compreignac la semaine dernière, en mode « rando rapide ». Mais j’étais loin d’imaginer où pouvaient se cacher les arcanes du « trail » (prononcer « traille » ^^).

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La rilance, on vous dit, la ri-lance !

C’est reparti pour une reprise. J’espère que celle-ci sera la bonne, au moins pour que la saison 2011 se déroule sans accroc. Cette fois je sors les grands moyens (mais non, pas l’Agence tous risques !) J’ai nommé : THE COACH.

Mon podologue a accepté de jouer ce rôle, ce qui constitue un enchaînement assez naturel puisqu’après m’avoir fabriqué des semelles formidables, il m’a régulièrement envoyé des e-mails d’encouragement, des conseils avisés… et des remontrances quand je faisais n’importe quoi. Et puis la veille ou le jour d’une course, j’avais toujours un petit texto de sa part. Nous nous sommes donc retrouvés mercredi pour discuter de mes objectifs (Ecotrail 18km en mars ; semi à l’automne) et de « comment ça marche l’assimilation des efforts et la récupération ». Je ne suis pas sûre d’avoir compris l’ensemble des détails physiologiques, j’ai un peu décroché au chapitre des myoblastes, faut pas m’en vouloir, je suis une littéraire… 😉

Deux jours après il m’envoyait un plan d’entraînement jusqu’à l’Ecotrail de Paris, essentiellement composé de séances en endurance fondamentale, mais avec des petites variantes sympas pour donner du rythme et ne pas m’ennuyer. Et du travail de côte léger à partir de la semaine 7 (Semaine 7 ?? Mais c’est dans longtemps, la semaine 7 !) Le plus difficile va effectivement consister dans l’apprentissage de la patience, pour ne pas dépasser dans un premier temps les 75% à 78% de ma fréquence cardiaque maximale. Je suis très heureuse d’être ainsi épaulée, je n’enchaînerai plus les séances sans but, maintenant j’ai THE PLAN. A tout cela s’ajoute le bonheur de partager cette passion de la course avec un « grand frère » plus avancé que moi (il va quand même se taper les 80 bornes de l’Ecotrail de Paris et la grimpe des marches de la Tour Eiffel à l’arrivée, le bougre !)

Ce n’est donc plus une reprise, mais, pour rendre hommage au talent xylolalique de notre Ministre de l’Economie, une rilance. Un mélange de rigueur dans la régularité et la mesure, et de relance de la machine.

Premier jour de reprise mercredi dernier, 30 minutes à une moyenne de 9′ au kilomètre, plus lent tu t’endors sur place, comme au yoga. En fait dès que le cardio grimpe, je marche jusqu’à ce qu’il descende en-dessous de 150 bpm. Ça ne prend parfois que quelques secondes, mais ça fait baisser la moyenne !! (Bon, OK, on va oublier la moyenne.) Surtout, je n’ai pas cette sensation de boost, de dépassement qui me fait planer. Je ronge mon frein, mais dans ces moments-là je repense aux trois semaines précédentes où je n’ai pas du tout couru. Et je me dis que c’est mieux que rien, mieux que d’être blessée.

Normalement j’aurais dû recourir 48 heures après ce jogging de reprise (l’assimilation, les cellules avec plusieurs noyaux, tout ça… ^^) Mais à cause de la nuit et des trottoirs glissants, j’ai préféré reporter à ce matin, tant pis, ce sera une semaine de reprise avec seulement 2 séances au lieu de 3 (bravo, ça commence bien !)

Toute contente d’être transformée en lutin des neiges à bandes réfléchissantes, je pars de bon pied ce matin vers le parc Pic. Bing, fermé « pour raisons de sécurité ». Bé oui, ça glisse… Je remonte vers le stade : fermé pour réparations de la piste d’athlétisme. Mais des barrières de chantier, ça se pousse ^^ et je parviens à atteindre le petit stade de foot en contrebas. Il y a déjà un joggeur qui laisse ses traces dans la neige. Je trottine, je marche. Je suis partie pour faire 30 minutes, quand tout à coup surgit l’entraîneur du VRC92 ! Vous vous souvenez peut-être que je suis inscrite à ce club… J’ai bien réfléchi, et je me suis dit que le club, ce sera quand je serai un peu plus forte. Ils sont trop forts, au VRC92. Rien que le jogging d’échauffement, je suis déjà en phase « résistance »… Bref, nous voilà partis en jogging-papotage, l’entraîneur et moi. Et quand le cardio monte, on marche. C’est marrant, je commence à connaître mon souffle. Quand ça redescend en dessous de 150 bpm, je le sens tout de suite, c’est comme si un poids se libérait de ma poitrine. La séance fera finalement 50 minutes, à 8’40/kilomètre de moyenne. Mais si je regarde mon plan, je lis pour la sortie du week-end : « Séance 3 : 45’ endurance fondamentale ». Ça va, hein, je suis sage !

PS: Pourquoi tu cours ? Parce que la neige ça fait critch-critch et crcrcrcrcrcr.

Run, sister, run !

Un tout petit billet pour évoquer le premier jogging réalisé avec ma soeur (que nous appellerons « Miss C. » ^-^) Longtemps repoussé, nous avons enfin trouvé ce midi le temps de nous rejoindre pour une petite sortie au parc de l’île Saint-Germain. Le sol est trempé, mais le ciel n’a pas l’air de vouloir pointer son air menaçant, c’est parti pour 40 minutes de marche et de course.

Beaucoup de marche, puisque c’est la deuxième séance de Miss C. et que comme moi, elle part de pas grand-chose. (Dans la famille, on fait beaucoup de danse traditionnelle, des fest-noz, des bals, mais ça n’est pas assez fréquent pour être considéré comme une activité physique régulière.) Je lui ai passé ma ceinture cardio et ma montre Garmin, pour se donner une idée du rythme cardiaque. Et on a bien fait de travailler avec cet instrument, parce que Miss C. part assez vite dans les tours ! Autour de 100 bpm au début de la marche, 140-160 en marche rapide, 170-190 en course. Dès qu’elle dépassait 190 bpm, même si le temps de course était bref ou la vitesse pas très rapide, on marchait. Très vite essoufflée, elle avait pourtant à coeur de repartir dès que le rythme baissait. Très courageuse, Miss C. !

On a croisé dans les chemins boueux pas mal de joggeurs, et je ne pouvais m’empêcher de regarder (et de commenter) leur foulée. J’ai aussi regardé comment courait Miss C., et mis à part le pied droit qu’elle pose trop en canard (comme moi) et qu’elle doit penser à poser plus droit, c’est harmonieux et équilibré.

Quelques escaliers glissants se sont mis en travers de notre chemin, qu’à cela ne tienne, on a grimpé les premiers en « montée de genoux » et descendu prudemment ceux qui nous amenaient au bord de la Seine (pas tellement envie de tomber, d’autant que ce soir, il y a la dernière Veillée du Bois de l’année 2010 avec Team Outdoor à Vincennes !)

Objectif à court terme: augmenter le temps de course et baisser le temps de marche, même si pour cela il faut ralentir encore.
Objectif de régularité: une séance par semaine (Ouiiii! Même en hiver ^^ Je gage qu’au printemps elle voudra en faire deux.)
Son objectif à plus long terme: La Parisienne 2011, venir en spectatrice lui a donné envie de s’y mettre !

– Pourquoi tu cours ? (Je laisse la réponse à Miss C.)
– Pour partager la passion débordante de ma soeur et repousser mes limites physiques et mentales petit à petit !

Jogging entre collègues

En ces temps de repos pour Soleus, Achille et Plantaris, j’ai envie de me remémorer les jogging du jeudi, ces bons moments passés avec mes collègues dans les chemins du Parc Suzanne Lenglen. (Je précise que Soleus, Achille et Plantaris ne sont pas mes collègues, ni des dieux de la mythologie grecque, mais des muscles et tendons qui me font souffrir en ce moment… C’est fou comme plus je me blesse, plus j’apprends à connaître ce qu’il y a sous ma peau !)

Au départ c’était le mardi soir: je lançais une proposition à la cantonade la veille, au moment du café ou par message collectif sur Gtalk. (On utilise beaucoup Gtalk au boulot, étant donné que nos bureaux sont séparés et répartis sur deux grands couloirs. C’est pratique pour se demander « Il y a du café ce matin ou je pars en faire ? » ou bien « Cantine ? », mais ça peut être détourné en outil de surveillance, puisqu’on peut voir à quel moment les gens sont connectés ou pas — certains s’accommodent du dispositif en laissant leur ordinateur en veille, ce qui est bon pour la liberté, mais mauvais pour la planète ! ) On se retrouvait à deux ou trois, vers 19 heures, pour trois-quart d’heure de course à petites foulées, avec ce satané Runkeeper qui fonctionnait une fois sur dix. On préparait La Parisienne, on appréhendait les 6 kilomètres et on se serrait les coudes.

Puis une collègue jeune maman nous a rejoint, et le rendez-vous en soirée ne lui convenant guère: va pour le jeudi midi, on gèrera le déjeuner en se préparant des sandwichs! Le parc Suzanne Lenglen est commode car proche de notre lieu de travail, avec des vestiaires et des douches (important quand on a encore une demie-journée devant soi!) et un bon tour d’environ 1,5 kilomètres, avec des bosses, des passages sur chemins et sur route, des joueurs de foot américain (pardon je m’égare… 😉 )

Le rythme est plutôt tranquille, entre 8 et 9 kilomètres/heure, sauf quand un collègue masculin se joint à nous (du bureau 417, pour ne désigner personne… ) et là ça déménage à plus de 10km/h, ce qui pour moi est… trop rapide (surtout si les compères Soleus, Achille et Plantaris s’en mêlent).

J’adore ces moments de détente et d’efforts, où l’on discute de tout et de rien, en se sentant vivre en dehors de notre routine ordi-café-cantine, en plein air. On se défoule, on crie dans les descentes (heu… je crie dans les descentes 😉 ), on rigole, on mate les mecs. Je termine mon contrat au début du mois de décembre, et j’espère pouvoir de temps à autre continuer à courir avec mes collègues, à Lenglen. D’ailleurs, ceci est un appel aux collègues doctorants, post-doctorants, stagiaires et apprentis qui ont déjà quitté le labo et qui pourraient se joindre à nous: vous êtes les bienvenus !

Jeudi dernier, comme le jeudi d’avant, j’ai souffert du mollet. J’ai préféré réduire la charge à 30 minutes, et depuis je suis au repos. J’ai consulté mon osthéopathe, et je sens que peu à peu ça se remet. J’ai aussi acheté de nouvelles chaussures de ville, car depuis le mois d’août je portais des godasses trop petites, qui compressaient jour après jour mon pied gauche (j’ai le pied gauche légèrement plus grand que le pied droit, c’est pratique !)
Jeudi dernier, j’ai également croisé Djailla, qui faisait lui aussi un jogging avec un collègue, vêtu de bleu dans son t-shirt du Paris-Versailles.

Pour garder le moral, je me suis inscrite sur une prochaine course, au mois de novembre: j’hésitais entre le Trail Extrême Lillois (enfin, extrême, je m’entends: j’aurais choisi la version 8 ou 15 km !), qui va sans doute être couru par plusieurs blogueurs, et les 10 kilomètres des Dockers du Havre, ville qui me fascine avec son architecture d’après-guerre classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, avec son port, son front de mer en galets, son skate-park sur la plage, ses grands parcs, ses docks, les falaises non loin… Je serai donc au Havre ce prochain 21 novembre, à 9 heures 30 au foyer des dockers.
(Ceci dit, j’adore Lille également, et j’espère courir là-bas un jour, dans mon « tour de France du running ».)

Affiche 10K-Dockers 2010

PS: Pourquoi tu cours ? Pour sortir de la vie de bureau!

Les Boucles de la Porcelaine 2010: 10 km et 700 mètres!

Ce week-end en Limousin fut riche en expériences, comme le sont tous les moments ayant trait avec le passé. Aucune rue de Limoges ne m’est totalement inconnue, toutes me rappellent des souvenirs d’enfance et d’adolescence, et les parcourir avec une amie de lycée renforce ce sentiment singulier de familiarité et d’étrangeté mêlées.

Le parcours des Boucles de la Porcelaine passait par certains endroits où je m’étais promenée avec mes parents, où j’avais bu des bières avec les copains, où, très récemment encore, lors de la « Fête des Ponts », je regardais un feu d’artifice avec Monsieur M. et Aurélie. En courant dans ces endroits, j’ai créé des souvenirs neufs au milieu d’anciens souvenirs, comme les cercles d’un tronc d’arbre marquant son ancienneté. [Oui je me fais nostalgique, c’est normal j’ai 30 ans lundi prochain 😉 ]

Finalement, il y a eu très peu de passages en zone industrielle, sur le parcours de cette course. Une fois les trois premiers ronds points passés (et la longue côte du départ grimpée!), on a bifurqué au milieu d’un golf, dégringolé à travers bois, longé la Vienne… bref, c’était magnifique.

Les parents d’Aurélie avaient fait le déplacement pour nous encourager. Le papa d’Aurélie nous a même suivies en vélo, caméscope à la main, nous encourageant, nous filmant et nous prenant en photo. Sa maman nous attendait peu après le 10è kilomètre, alors que 700 mètres restaient à parcourir. Dans la série des encouragements, nous avons également été soutenues par un entraîneur du club “Kilomètre 42”, qui accompagnait son groupe, et par Adeline, sur la côte de départ. Qu’ils soient tous remerciés, c’est tellement important!

C’était le premier “10000” pour Aurélie, et bien qu’elle ait repris récemment un sérieux entraînement, nous n’avions qu’un objectif: finir, si possible sans marcher. Mission accomplie!

Nous sommes parties dans le fond, pour débuter lentement et ne pas nous laisser trop embarquer par le rythme des coureurs. Je portais le t-shirt bleu turquoise du Paris-Versailles (eh oui, les bénévoles aussi y avaient droit! ;-p) pour me donner du courage et Aurélie avait également un haut de la même teinte. Nous étions jolies toutes les deux, piétinant sur la ligne de départ, le trac au coeur avant de s’élancer !

La première côte n’a pas été aussi difficile que prévue, grâce à notre lenteur d’escargot. Nous avons enchaîné un rythme léger jusqu’au 3è kilomètre (8 minutes au km). Puis bien chauffées, nous avons accéléré. C’est pour moi l’arrivée dans le golf qui marque cette accélération. Encouragées par les golfeurs du dimanche, nous l’étions aussi par la beauté du site. Ensuite, ce fut la descente, la forêt, les chemins, les cailloux qui roulent. Nous avions assez de souffle pour rigoler: “Ouais !! On fait du trail!” et ces rires nous ont l’espace d’un instant fait oublié nos douleurs: mon point continu au mollet gauche, son genou droit partant en vrille.

C’est à partir de ce moment, vers le 6è kilomètre, que nous avons commencé à doubler (prudemment, d’autant que nous croisions aussi des marcheurs-rapides et des coureurs handicapés — un mollet en moins, la jambe prolongée par une prothèse. Et là je me suis dit « Punaise, si ça m’arrivait, je crois que je continuerai aussi à courir »). Puis nous avons rejoint la Vienne, par un va-et-vient de petites côtes et descentes bien casses-pattes.

Nous faisons attention de rester non loin l’une de l’autre, voire côte à côte — on s’est quelquefois un peu cognées le coude, tellement nous étions proches. Nous sommes également attentives au souffle de l’autre, à des signes infimes pouvant indiquer l’état de forme, sans pour autant avoir besoin de se fixer. A partir du 8è kilomètre, au moment où nous franchissons le pont Saint-Etienne, Aurélie lâche des jurons contre les maudites côtes (eh oui, les ponts, même médiévaux, ça grimpe!). Son visage se tend, elle parvient pourtant à plaisanter encore à l’approche du 10è kilomètre avec un marcheur (ils vont super viiiite, ces marcheurs !)

De mon côte j’en ai sous le panard, je suis fatiguée mais pleine d’énergie: sur la vidéo que l’on a visionnée et analysée ensuite, je balance mes bras avec une vigueur démesurée, comme si je ne savais pas quoi faire de cette énergie. « Plus que quelques mètres! » : je fais une annonce, pour remotiver les troupes. Et là une dame me casse gentiment mon effet : « Plus que quelques centaines de mètres »… Il est vrai que les 700 mètres supplémentaires comptent, surtout qu’ils grimpent : « C’est pas gentil de nous mettre une côte à la fin! » Je ralouillle mais je suis heureuse, je viens de dépasser mon nombre de kilomètres parcourus en compétition.

On franchit la ligne d’arrivée dans un sprint de 60 mètres, riant comme des gamines que nous sommes. Victoire! Délivrance! Temps réel : Temps réel : 1:09:14 (disons 69 minutes!), moyenne au km : 6’28.

Pour finir, quelques explications sur la coupe que j’ai emporté avec moi dans le Corail Téoz du retour, jusqu’à mon bureau ce matin. Je n’ai pas l’habitude de rester pour les podiums (je préfère aller boire une bière avec les amis!) mais là, un ami d’Aurélie et Adeline parvenait à la 2è marche de la catégorie vétéran. Suite à un cafouillage, il s’est avéré que le nombre de coupes était supérieur à celui des récipiendaires. Un organisateur ayant flashé sur mon… « dynamisme » via la page Facebook des Boucles de la Porcelaine, il a pris d’autorité l’une des coupes restantes pour me la remettre publiquement, au nom de mon… « dynamisme sur Facebook et mon blog à propos de la course ». Ce geste m’a fait plaisir, et rire, même s’il a été assombri par l’attitude peu amène du généreux donateur. Tout le petit groupe d’amis à joué le jeu à fond, m’applaudissant sur le podium, et nous avons pris la photo-souvenir près des poubelles de recyclage, pour bien marquer le côté farceur de cette coupe. Mais mon sourire sur cette photo est tellement empli de la joie de la course et de cet événement incongru, qu’il résume à lui seul toute l’aventure.

Je tiens pour finir à remercier l’ensemble de l’organisation des Boucles de la Porcelaine, qui ont mené de front semi-marathon, 10,7km et marche populaire, avec ravitaillements, tentes d’accueil, marquage des kilomètres, bénévoles sur tout le parcours… jusqu’au ballon perché dans le ciel prenant des photographies aériennes! Je lance une pensée particulière pour les personnes présentes au retrait des dossards, car c’est le poste que j’occupais sur le Paris-Versailles…

PS: Pourquoi tu cours ? Pour pleurer de joie dans les bras d’Aurélie en coupant des tomates, au moment du déjeuner d’après-compétition.

PS2: En bonus, le reportage de France 3 Limousin-Poitou-Charentes sur la course, avec toute la saveur de la télé régionale!