Où l’on reprend le fractionné…

28 02 2011

Et où l’on apprendra que le coureur, un peu straight à ses heures, n’en est pas moins gourmand. La semaine dernière a en effet été marquée par des écarts gastronomiques collectifs au sein de la Runnosphère, peu en rapport avec les plans d’entraînement marathon des camarades (quant à moi, pour l’Ecotrail de Paris le 26 mars, je thésaurise: je muscle mes abdos en leur faisant porter un peu plus de gras). Cette semaine a également été marquée sur un plan personnel par la reprise du fractionné, ce qui, tenez-vous bien, n’avait pas eu lieu depuis le 27 octobre 2010, où j’avais alors enchaîné mes 4×800 mètres en 4’50 du kilomètre.

Après la sortie longue du dimanche d’avant, où mon record de distance et de durée a été allégrement franchi sous le ciel argenté de Versailles (y’a un billet là-dessus dans la section « Brouillons », il faut juste que je m’organise un peu pour le finir), j’ai fait le point avec THE COACH et on a décidé d’introduire une séance de fractionné dans mon plan d’entraînement qui désormais se prolonge jusqu’aux 10 kilomètres du Mont Blanc le 25 juin prochain.

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Du lac Saroma au lac de Vassivière

3 11 2010

Allez, je me lance: voici le premier billet de ce blog qui sent le four chaud, la pâte à tartiner et l’amande. Quitte à jouer à girly au pays des geeks. Je ne suis pourtant pas cuisinière pour deux sous. J’aime les bons produits, mais tout ce que je sais faire, c’est couper en bouts et jeter dans la poêle. Pourtant, tellement dépitée par les aliments pré-mâchés de la course à pied, entre jus infâmes, gels médicamenteux et autres gâteaux sportifs étouffes-chrétiens, je me lance dans la fabrication de mes propres barres et boissons.

C’est un livre écrit par Kecily et Kristof Berg qui m’a inspiré: « Secrets d’endurance », récemment présenté sur Wanarun, et que j’avais découvert par hasard dans une librairie, la veille des 10km de Paris Centre. Je ne vous le présente pas plus, je sais qu’il circule dans la runnosphère comme une poignée de dragibus (oui, je sais, c’est pas bon les dragibus 🙂 ) et que nombre d’entre vous l’ont sur leurs étagères. Les auteurs ont également leur propre blog, Metagama, qui respire les voyages, la cuisine… et la passion de la course à pied — ils ont d’ailleurs bouclé le marathon de Toulouse, le week-end dernier, avec un sacré brio.

Comme en ce moment je ne cours pas (bouuhouhou!), j’ai préféré taper dans la partie « biscuits de récupération ». On testera les « ultrabarres » quand le temps des sorties longues et des randos dans la neige sera de retour.

Bien, bien, bien. Ouvrez votre livre à la page 30, « Lac Saroma. Un biscuit moelleux à l’azuki, avoine, banane et amande, épicé à la cannelle ». Miam ! L’azuki, c’est un haricot japonais. Ça doit certainement être succulent, mais on est lundi 1er novembre, je n’ai pas préparé mon coup et le Naturalia du coin est fermé. Il va falloir jouer serré. Et se rendre au magasin où les prix sont francs (les parisiens reconnaîtront, pour les autres, imaginez une supérette améliorée). C’est là qu’on se rend compte à quel point les produits bios ont envahi les étalages des chalands les plus simplets. Je vais pouvoir y trouver du lait de soja (bio), de la poudre d’amande (bio), pas de flocons d’avoine mais un muesli (bio) qui fera l’affaire, des bananes bios, de la cannelle pas bio (flûte!).

Les haricots azuki, ce sera pour une autre fois. Je déniche à la place des haricots rouges, bien cuits ils seront assez fondants. Pour la peine, je rebaptise ces biscuits « Lac de Vassivière », en l’honneur de mon pays natal (et d’un ingrédient mystère…) Si le lac Saroma est mythique pour ses 100 bornes, le lac de Vassivière a l’honneur d’accueillir chaque année un semi-marathon des plus pentus. Dont acte.

On retrousse ses manches, c’est parti. D’abord, le trempage des haricots. Kecily et Kristof expliquent dans leur ouvrage que le trempage réveille les qualités nutritionnelles des légumes secs, et qu’il doit durer une nuit. Flûte, j’ai pas prévu. Sur le paquet, c’est marqué une heure trente, on va faire ça. Pendant ce temps, je fais du tricot (je rigole !!)

Je prépare les autres ingrédients. Comme je n’ai pas de purée d’amande (décidément, j’ai rien!), j’en fabrique une avec de la poudre (d’amande…) et du lait de soja. Si les contenants ont une influence sur les contenus, je ne vous raconte pas ce que ça va donner dans cette tasse…

La tasse-à-prouts

Je coupe les bananes (ça je sais faire), et comme je n’ai pas de mélasse ni de sirop d’agave, je décide d’ajouter l’ingrédient mystère, à savoir: tadaaaaa! La crème de marrons. Du Limousin. De Clarisse-la-chérie-du-Papa-de-ma-copine-Sarah. Eh oui.

En même temps, des bananes, on sait à quoi ça ressemble.

Confi'Fruits de Châtaignes. Par Clarisse, de Cognac-la-Forêt.

Après le trempage, la cuisson. Encore une heure trente. Pendant ce temps, je me prépare psychologiquement à l’étape suivante, l’utilisation du robot ménager offert il y a un an par la maman de Monsieur M. Il y a UN AN. Et là c’est first time. Je suis vraiment une grande cuisinière. Alors dans le robot, il y a des lames qui tranchent, des râpes qui coupent, un moteur, tout ça. Dans une vie antérieure j’étais boulangère et si la patronne n’avait pas été là pour appuyer sur le bouton rouge d’urgence, ma main passait dans le tranchoir à pain. Souvenirs, souvenirs. Je me raisonne: ça ressemble au babycook que j’ai offert à une collègue il y a quelques années, mais en plus grand.

Ça bouille !

Allez, c’est bien cuit, on égoutte, on prend 200 grammes… Gloups, ça fait combien, 200 grammes ? Parce que je n’ai pas de balance, non plus. Dans une autre vie antérieure, j’ai été épicière, et je n’avais pas mon pareil pour peser à la volée « une livre ». Quels que soient les fruits et les légumes, « une livre », j’étais trop forte. Je mettais les primeurs sur la balance, pof, une livre et quelque. Je me concentre, j’essaye de redevenir épicière à Treignac, et hop, 200 grammes dans le robot mixeur. J’ajoute la tambouille d’amande, les bananes, le muesli, le lait de soja, la cannelle, la crème de marrons. Et je mixe.

Premier coup de mixeur, c'est pas très ragoutant.

Deuxième coup de mixeur, c'est pas mieux!

Je couvre une plaque de papier sulfurisé, et je dépose des paquets de cette pâte, un peu comme si c’était des cookies. Dans le livre, ce sont de belles barres bien régulières, mais je n’ai pas de « nonnette rectangulaire ». J’enfourne, je fais cuire à 160°: d’abord 10 minutes d’un côté, puis je retourne la plaque et encore 20 minutes.

Avant

Pendant

Après

Genre "je suis sur M6"

Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai essayé de faire des barres sans moules à barre pour réaliser des gâteaux moins gros.

Mmmh! On dirait du chocolat!

Verdict: c’est super bon et fondant. Je m’imagine déjà sur un sentier de montagne, en train de boulotter mes petits gâteaux. Ça manque juste un peu de sucre, mais j’aurais dû lire la dernière phrase de la recette: « Ce biscuit est volontairement peu sucré: n’hésitez pas à l’adapter à votre goût. » Donc pour la prochaine fois: triple ration de crème de marrons !

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On va faire comme dans les vrais blogs de cuisine, je vous mets la recette à la fin.

Lac de Vassivière
(librement inspiré de Kecily et Kristof Berg)
(version triple ration de crème de marrons)

– 200 grammes de haricots rouges cuits
-100 grammes de muesli
– 2 bananes
-2 cuillères à soupe de gloubi-boulga d’amande
-3 cuillères à soupe de lait de soja
-3 cuillères à soupe de crème de marrons
-2 cuillère à café de poudre de cannelle

Préchauffer le four à 200°
Mixer les ingrédients
Laisser reposer un peu (ils sont fatigués, les ingrédients!)
Couvrir une plaque de papier sulfurisé, faites des tas comme vous pouvez
Enfourner et faire cuire 10 min, puis retourner la plaque (avant/arrière) et poursuivre la cuisson 15 à 20 min, à 160°

Allez courir, et dégustez !