« Couuuuuuuuu ! » – M+18

13 12 2013

Pieds-nus foretEn ce moment j’ai une relation à distance avec la course à pied. C’est toujours une histoire d’amour, mais elle tourne au ralenti. Je suis d’une irrégularité exemplaire. Je ne partage plus mes sorties sur les réseaux sociaux. Je reste dans mon coin, comme si je couvais. Je ne cours jamais bien loin, ni jamais bien longtemps. 6 kilomètres, 7 kilomètres, 50 minutes maximum. Pas de quoi en faire une tartine !

Je ne joue plus à faire baisser mes minutes au kilomètre, je joue avec les température de l’air et du sol. Mon premier 10°C pieds nus il y a un mois. Mon premier 5°C pieds nus avant-hier. A midi, des portions de sol à l’ombre étaient encore gelées, mais après 5 à 10 minutes de trottinante les pieds chauffent. Bien sûr on sent qu’il fait froid, mais je n’en souffre pas. Au contraire, le froid est analgésique et j’ai pu courir plus vite que d’habitude… Je paie tout de même mon manque de régularité et ma fougue hivernale par une belle ampoule sous le coussinet gauche. Demain il n’y paraîtra plus et je pourrai repartir.

Même pas froiiiiid !

Même pas froiiiiid !

Au cours de ces deux mois nous promenant de l’automne à l’hiver, j’ai tout de même rechaussé le temps d’une sortie en forêt, pour le plaisir des descentes. Des chaussures plates (zéro drop, pour les connaisseurs) plutôt faites pour la route. La semelle externe est ajourée, il pourrait facilement s’y loger un gros caillou dans les interstices, ce qui ne serait pas idéal sur un trail… mais pour mes balades dans les forêts d’Ile-de-France, c’est amplement suffisant. Chaussée, je perds toute une dimension poétique de la course telle que je la vis désormais : ma plante des pieds est en sourdine, elle ne vient plus effleurer les feuilles mortes et la terre battue des chemins, elle ne me « parle » plus du sol qui se déroule sous mes pas. Je conserve une seule donnée : la foulée, passée sur le milieu ou l’avant du pied, le talon ne venant qu’en deuxième temps. Mais pour la forêt qui monte et qui descend, j’ai besoin de couvrir mes pieds : en descente, il me faut ressentir le sol d’une autre façon, toute aussi instinctive mais dans une granularité plus large, sans me soucier de détails aussi fins qu’un petit-caillou-qui-pleure.

The Coach, mon guide

The Coach, mon guide !

M+18, Nina a désormais un an et demi. Premiers pas un peu avant 16 mois, elle a attendu d’être sûre d’elle avant de s’élancer. Et maintenant elle court. C’est cette énergie-là que je veux retrouver à travers mon périple : ces moments de joie intense, de vitesse et de griserie, cette plénitude du corps en mouvement qui se lance sans penser aux chutes ni aux bosses : je cours !!!!! Avec la sagesse et l’âge adulte, j’y ajoute l’endurance et la paix intérieure que procure un geste répété mille fois, jamais tout à fait identique, jamais complètement différent.

Nina court, et elle voit ses parents courir. Ou plutôt : elle voit que ses parents partent courir et lorsqu’elle demande « Papa ? » je lui réponds : « Il court Papa, il revient tout à l’heure. » Ou bien « Papa va courir toute la nuit, on va le chercher demain matin, après le dodo. » (SaintéLyon 2013) Dans l’entrée de notre appartement, il y a une bibliothèque. Sur l’étagère la plus basse, nous avons deux photos de course : Nicolas au Paris-Versailles 2010, moi au 10 km de Planet Jogging 2011. Elle les prend souvent, ces cadres, elle les emmène dans sa cabane, les trimballe dans tout l’appartement. Elle dit : « Papa couuuuuuu ! » La course à pied est aussi entrée dans son langage.

Dimanche matin, je prendrai le départ d’une petite course déguisée, la version 6 kilomètres de la Corrida d’Issy-les-Moulineaux. Pieds nus, peut-être, en espérant que mon ampoule sera parfaitement guérie (j’ai bon espoir). Evidemment, Nina sera là, Nicolas et ma sœur aussi. La famille, jamais bien loin. Pour le moment, c’est ainsi que j’aime courir !

En piste !

En piste !

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7 responses

13 12 2013
François

Superbe billet! La course à pied c’est bien des choses 🙂

15 12 2013
runningtkh

Merci François ! C’est vrai que nos pas nous amènent souvent plus loin que prévu !

13 12 2013
vinvin20

Alors chez vous c’est pas « papa pique et maman coud », mais plutot « papa couuuuuu et mamana couuuuu! Au faite! Vous lui avait fait écouter « il court il court le furet » comme nous l’avions évoqué lors de votre mariage?!
Bonne course dimanche matin 😉
Biz à tous les 3

15 12 2013
runningtkh

« Le furet » n’est pas dans son CD de comptines mais le père Noël va sûrement y remédier ! (Quand je pense à tous les doubles sens de ces comptines, qu’ils soient politiques ou sexuels, j’en tremble ! ^^)

13 12 2013
Runner λ

Bonne course pour dimanche.
Quant à l’ampoule, c’est la joie de l’insensibilisation par le froid 🙂

15 12 2013
runningtkh

Merci ! La course s’est bien passée, les anciennes ampoules n’ont pas moufté mais j’en ai gagné une nouvelle… au sprint de la dernière ligne droite ! ^^

15 12 2013
Anne-Sophie Girault

C’est joli. Encore une fois….

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