Un été nus pieds – M+14

6 09 2013

Nice_3350La transition se poursuit! Depuis 3 mois, trop irrégulièrement mais avec une sage ténacité, j’ai couru pieds nus de plus en plus longtemps au cours de mes séances. J’ai surtout beaucoup marché pieds nus, tous les jours, à l’intérieur comme à l’extérieur, du carrelage aux gros cailloux qui piquent, des tomettes au béton, du sol au plafond (mais non, pas au plafond, voyons!)

Une fine couche protectrice a recouvert la plante de mes pieds, comme une petite semelle. Elle reste fragile : que je marche un peu moins sans chaussure et hop, elle disparait. Que je passe en courant dans des flaques d’eau puis sur un sol tout chaud et voici les ampoules qui s’amènent sur ma peau alanguie (soignées et oubliées en 48 heures : une aiguille, la flamme d’un briquet et on n’en parle plus). C’est de l’entretien, comme une paire de godasses qu’on nettoie et qu’on bichonne, sauf que le travail a lieu directement sur son corps. Cela ressemble, dans mon souvenir, au rapport que l’on peut entretenir avec ses panards lors d’une randonnée : soudain, on découvre leur importance et on s’étonne de leurs facultés. Alors on apprend à mieux les connaître et à les accepter, avec leurs orteils tordus et leurs qualités.

Nice, cadran solaire sur la Promenade des Anglais

Nice, cadran solaire sur la Promenade des Anglais

J’ai atteint la modique distance de 5 kilomètres pieds nus au mois d’août, sur la Promenade des Anglais à Nice. Lieu idéal de bon matin pour croiser ses semblables, le runner étant une faune locale très développée sur ce bitume brûlant. Chacun dans sa bulle, les coups d’œil sont rares sur le visage des autres. De toute façon beaucoup ont des lunettes de soleil (moi de même) et il est difficile de distinguer un semblant de communauté dans cette foule galopante, le regard restant inatteignable. Je regarde les foulées, les mollets, les appuis, le chaussage. O Dio Mio (on parle italien, à Nice) comme je me reconnais dans cet homme grimaçant qui attaque du talon, une genouillère sur la jambe gauche. Moi aussi, juste avant ma grossesse, j’usais de scotch et de scratch pour continuer de courir. Sur les photos de ce blog on me voit ainsi arnachée à l’arrivée des 10 kilomètres de Strasbourg ou du Paris-Versailles. De mai à septembre 2011, la genouillère. Effet de mon entraînement progressif ou de la modification de ma foulée, aujourd’hui je cours sans aucune douleur : adieu, le syndrome rotulien !

Sur la Prom’, je trottine. Je cours, libre et légère, le soleil plein la figure, dans l’effort régulier du corps rôdé dans son mouvement. Je me gave de cette sensation de bonheur, de l’insouciance retrouvée. Nicolas et Nina sont là, quelques centaines de mètres plus loin, ils se promènent et je les rejoindrai. J’avale les mètres, puis les kilomètres. Je croise un coureur en Five Fingers, ces drôles de chaussures souples à orteils. Une première fois – regards. Une seconde fois, au retour, le voilà qui tend la main comme pour un « check » de reconnaissance. On se frappe la main tout en continuant de courir – give me five. C’est idiot mais au milieu de cet océan d’indifférence, quelle jubilation.

C'est mon pied, il est tout sale. Animation "découverte du barefoot running" avec Christian Harberts.

C’est mon pied, il est tout sale. Animation « découverte du barefoot running » avec Christian Harberts.

Quel plaisir également de courir avec d’autres semblables encore plus semblables, des coureurs pieds-nus-ou-presque, des curieux en baskets qui n’ont jamais déchaussé mais aimeraient bien tenter. Je vous parlerai prochainement d’une animation « découverte du barefoot running » organisée par Christian Harberts au stade Suzanne Lenglen d’Issy-les-Moulineaux (ce même stade que je pratiquais à mes débuts, qui a vu mes premières « 10 minutes de course d’affilée », il y a un peu plus de 3 ans). A venir également : ma première course officielle pieds nus, dans la version 5 kilomètres de l’Odysséa, au bois de Vincennes, le 6 octobre prochain, avec ma soeur !

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9 responses

6 09 2013
CourirPiedsNus

Quelle coïncidence heureuse pour la photo ! Merci pour la mention, il se passe des choses, hâte de vous dévoiler la suite…

6 09 2013
runningtkh

De rien, merci à toi pour ces sessions découverte et ouvertes à tous !
Hâte également de connaître la suite ! 🙂

6 09 2013
vinvin20

Quelle jolie plume! On ressent à travers tes mots tout le plaisir que tu prends à courir en toute liberté. Durant mes vacances, j’ai beaucoup marché pieds nus après mes footing, et j’ai même fait 500m en courant.Mais il faut je pense beaucoup de patience pour arriver à un résultat sans douleur. J’ai hâte de te voir sur ces 5kms de l’Odyssea!

7 09 2013
runningtkh

C’est toujours bon de marcher pieds nus, que l’on soit coureur ou pas, barefoot runner ou pas 🙂 Je crois aussi qu’il faut de la patience pour progresser en toutes choses, quand je vois Nina se mettre à marcher au travers de ses 3500 essais, je suis éberluée !

12 09 2013
Daddy The Beat

5km pieds nus : félicitations, ça me parait énorme. J’ai fait le test sur quelques centaines de mètres cumulés et c’est compliqué. Je suis enrhumé maintenant d’ailleurs.

13 09 2013
runningtkh

Brrr, c’est surtout qu’il fait commence à faire froid maintenant. J’ai un peu les miquettes d’avoir un orteil congelé avec cette histoire ! Je vais peut-être au moins sortir mes huaraches 🙂

2 10 2013
LadyMilonguera

J’ai osé enlevé mes running pour la première fois cet été, alors que je courrais au bord de l’eau et j’ai adoré cette sensation, les pieds dans l’eau et dans le sable… C’est vraiment super agréable !!! Mais c’est aussi super éprouvant pour toute la musculature du pied qui n’a plus l’habitude d’être sollicitée.

11 10 2013
runningtkh

Bienvenue, Lady ! Oui, il est certain que pieds nus demande un travail particulier, régulier et modifie en profondeur certains muscles (et pas que des pieds 🙂 ) Mais lorsque c’est le plaisir qui guide ce travail, c’est le pied !

27 04 2014
maux christian

A toulon, je pratique le barefooting depuis vingt ans et sur 8 mois a l’année. En hiver, les tongs.mais c’est vrai, les petits français sont bourrés de préjugés et la crise, le stress typiquement petit bourgeois conformiste occidental n’aide pas! Je mets un peu d’ambiance dans cette ville et me baigne a la plage toute l’année. Donc, si vous voyez un mec la cinquantaine pieds nus et serviette de bain traverser les rues a Toulon, c’est moi, CHRISTIAN.

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