Courir et allaiter ? (Interrogations vitales et test accessoire) M+9

15 03 2013

nonameCourir et allaiter, deux arts, deux passions. L’une est en sourdine, l’autre en métamorphose : Nina grandit, prend le monde dans ses petites mains et commence à tracer son chemin en dehors de mon giron. Dans le même temps retentit de manière plus forte l’appel de la forêt, là, sous mes fenêtres, de l’autre côté de la voie de chemin de fer. Le soleil s’y lève chaque matin et son gros halo rouge, rond comme un sein de terre cuite, me fait chaque jour un clin d’oeil. Nicolas connaît déjà cette partie de la forêt de Versailles qui entoure le stade de Porchefontaine pour faire la jointure jusqu’à Vélizy mais je ne n’y suis encore jamais allée. J’en suis pour ma part toujours au même point que la dernière fois, à quelques foulées et un test VMA près (test VMA réalisé avec les amis de la Runnosphère). L’envie et le besoin sont là, mais ne remontent pas d’assez loin pour émerger. Pas encore. J’ai pourtant la chance d’habiter une ville qui se relie à d’autres villes par des forêts. Et le printemps arrive.

Pour l’Ecotrail de Paris où je m’étais inscrite pensant qu’un dossard me titillerait la glande pituitaire (tu sais, en haut à droite, celle de la motivation), je passe finalement le relais à mon homme qui prendra le départ du 30 kilomètres. Une course, ça se mérite, et j’ai tellement tourné le dos à la course à pied que m’aligner sur 30 bornes dans l’idée de n’en courir que 10 ne sied guère à ma façon de voir les choses. Je pense pourtant que cette défection n’a rien à voir avec l’allaitement: aurais-je donné le biberon à ma louloutte que l’envie d’être auprès d’elle tout le temps en dehors de mon temps de travail aurait été identique.C’est mon rythme de vie de jeune maman retournée au turbin qui n’est pas allé, au cours de ces premiers mois, avec la reprise d’une activité de loisir. Nina est chez son assistante maternelle 45 heures par semaine depuis ses 3 mois de vie. Nous la voyons deux jours pleins sur les sept que compte une semaine. Lorsque nous allons la chercher à 17h30, sa journée est derrière elle et nous profitons de chaque seconde jusqu’à son coucher vers 20 heures. Ensuite c’est moi qui ait ma journée dans les pattes : aucune envie de ressortir dans le noir et le froid, je me pelotonne dans les bras de Nicolas. Quant à se lever plus tôt le matin, haha! Je survis tout juste au rythme des nuits d’un nourrisson, qui quoi qu’on en dise pour se flatter le cervelet dans les concours de b***, ne sont pas si mal gaulées, mais quand même.

Reste l’entre midi-et-deux, ce sacro-saint temps libre du salariat. Mais c’est là que le bas blesse et que le bleu surgit, vis-à-vis de l’allaitement tel que je le pratique. Lorsqu’on reprend le travail à l’issue d’un congé maternité, il est tout à fait possible de continuer d’allaiter son enfant. Il suffit d’un peu d’organisation, d’un bon soutien de l’entourage, d’un bon tire-lait et de bonnes informations. La loi française prévoit que chaque salariée allaitant son enfant dispose d’une heure par jour (non rémunérée) pour tirer son lait sur son temps de travail, jusqu’au premier anniversaire du bébé. Pour ma part, lorsque je travaille à domicile pour rédiger des comptes-rendus, cela signifie concrètement que cette heure ne sera pas consacrée à une autre activité… comme la course à pied. Pourtant je n’ai pas l’impression de faire un sacrifice : poursuivre l’allaitement de Nina à la reprise du travail est apparu comme une évidence.

Alors courir et allaiter, oui, c’est possible, en mettant un peu de temps de côté. Il arrive pourtant que la question se pose sur un plan physique : le lien entre une activité physique intense et une éventuelle baisse de lactation est souvent mis en avant dans les craintes des jeunes mamans allaitantes qui souhaitent reprendre le sport. Or il n’en est rien. Il existe simplement une règle de bon sens à respecter : il faut veiller à rester bien hydratée. L’eau est en effet le principal constituant du lait maternel et avec l’effort il faut accroître les apports en eau. C’est tout simple!

Sur le plan physiologique, pour une femme qui allaite son  enfant, rien ne s’oppose donc à la pratique d’un sport, aussi intense soit-il. Toutefois, un équipement spécifique à la combinaison de ces deux activités corporelles peut être intéressant. Dans les quelques sorties que nous avons fait en famille (avec la super poussette tout-terrain) ou au retour d’une rare séance en solitaire, je me suis plus d’une fois retrouvée à allaiter Nina en tenue de course. Avec un soutien-gorge de sport classique, l’affaire était corsée : soulever la veste, le t-shirt, les sous-couches, se tordre le nichon pour le faire passer à travers tout ça et donner le sein à ma petite avec 3 kilos de tissu qui repose sur sa tête. Fastoche.

C’est là qu’un partenariat entre la Runnosphère et la marque Domyos, distribuée dans les magasins Décathlon, m’a permis de trouver le produit qui pouvait régler une partie du problème : un soutien-gorge de sport qui se présente comme les soutien-gorges d’allaitement, avec des bretelles détachables! FeelBeautiful de son petit nom n’a pas été conçu spécifiquement pour les sportives allaitantes, mais il peut être aisément détourné. En effet il possède des bretelles amovibles qui peuvent se croiser dans le dos et qui sont entièrement détachable, y compris devant. Ainsi, quand le marmot réclame son 4 heures à votre retour de séance, détachez, et c’est gagné. En plus il est doux et confortable de par sa conception sans couture, ce qui ne gâche rien.

Oh My FeelBeautiful Gosh!

Oh My FeelBeautiful Gosh!

Le spot publicitaire que vous verrez sur ce produit si vous avez un poste de télévision relié à la transmission numérique terrestre est par contre légèrement exagéré : on y voit une demoiselle faire du trampoline, ravie que son sous-tif tienne sa poitrine en place avec autant de justesse. Certes. Si tu as des seins en proportion réduite, ça peut le faire. Mais si tu allaites, ces seins ont pris des dimensions qui nécessitent un vrai renfort au niveau du haut de la poitrine, parce que chaque impact te rappelle que tu aurais dû tirer ton lait avant de partir courir.

A chacune de juger selon ses besoins, pour ma part je limiterai l’usage du FeelBeautiful a de petites sorties pépères.

Voici les articles de mes camarades blog-runneuses sur ce test :

feel-beautifull

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10 responses

8 03 2013
vinvin20

L’appel de la foret!!! ça sent la reprise ça! 😉
Sympa de te retrouver par ici. Toujours une aussi belle plume.

11 03 2013
runningtkh

Merci Vinvin! On va attendre que le printemps soit vraiment là, tant qu’à faire! 🙂

13 03 2013
frogita

Dubitative au début, il fait partie de ma « garde robe » maintenat (suis pas de la runnosphere mais j’ai pu tester aussi 🙂 )

14 03 2013
runningtkh

Tu as le droit de mettre le lien ! 🙂
http://www.frogita.com/soutien-gorge-feel-beautiful-par-domyos/
On est d’accord sur le fait qu’au-delà du bonnet C, ça devient limite pour la course à pied. Mais ça reste un bon produit agréable à porter en mode « sportswear ».

18 03 2013
Madame Sioux

C’est vrai que tu as une belle plume 😀
(pour le reste, n’étant absolument pas sportive, et encore moins runneuse, je ne commenterai pas : mais c’est peut-être un bon plan qui mériterait d’être partagée sur des réseaux d’allaitantes, en effet !)

18 03 2013
runningtkh

Rhooo merci Madame Sioux!
Ce qui me tient à coeur serait de montrer qu’on peut tout à fait faire du sport et allaiter (ce que je ne démontre pas par l’exemple, hum hum ^^) après rééducation complète du périnée, bien entendu.
Je lis encore trop de remarques dans des discussions de mamans allaitantes sur le fait que « mais non, les ligaments sont trop distendus quand on allaite, on est dans un entre-deux hormonal »… genre quand on allaite on est dans des espèces de limbes où la vie n’est pas vraiment normale, je dis non ! 🙂 Surtout si on allaite 6 mois, 9 mois, 1 an ou plus : le corps d’après grossesse reprend ses droits petit à petit, la lactation passe d’endocrine à autocrine, on n’est pas obligée de se figer sous une cloche de verre ^^
Il convient simplement d’écouter son corps, en tout temps 🙂

18 03 2013
Madame Sioux

J’avoue que je n’y avais jamais pensé (étant naturellement hyperlaxe, j’ai l’habitude que dès que je fais un peu de sport, n’étant en plus pas très musclée, ça soit « risqué » !! lol) mais à la réflexion, il m’est arrivé de faire les deux en même temps : reprise de fitness quand mon aîné avait 13 mois et était encore allaité matin et soir… Pas de casse à recenser, mais faut dire que ça n’a pas duré longtemps (je suis tombée enceinte 2 mois après et ç’a été l’occasion d’arrêter ! hihi).
En tous cas, c’est intéressant ce que tu dis, tu devrais proposer d’en faire un article sur un blog ou un réseau d’allaitement je trouve (genre chez Mother Earth ?).

20 03 2013
runningtkh

Oui j’y songerai ! Mais il faudrait que je m’appuie sur un peu autre chose que ma propre expérience, que je recherche d’autres cas ou exemples d’études sur le sujet, etc…

28 10 2013
URBAN

Je suis tombée sur cet article presque par hasard. J’allaite aussi, mon fils de 3 mois et demi en ayant repris le travail. Il ne me manque que la course à pied et quelques départs de trails pour être pleinement heureuse! Mais la reprise est difficile: entorse et courbatures… Avez-vous un « truc » pour reprendre vite et bien? Merci en tous cas pour ce post très bien écrit, et tellement vrai 🙂

29 10 2013
runningtkh

Salut et bienvenue ! Bravo, tout d’abord, pour le duo allaitement/travail : c’est génial mais c’est du boulot, et une sacrée organisation ! J’ai tiré mon lait au travail jusqu’aux un an de ma fille en ayant repris à ses trois mois : je suis contente de l’avoir fait, d’avoir ainsi maintenu ma lactation et d’avoir conservé ce lien entre elle et moi, mais cela demande du temps. Pour ta reprise, je n’ai aucun truc permettant d’aller à la fois vite et bien : j’ai repris beaucoup plus lentement qu’avant, c’est ce qui m’a permis de retrouver le plaisir et les sensations, sans me blesser. On ne repart pas « de zéro », le corps n’a pas oublié les séances d’entraînement d’avant la grossesse, mais on repart autrement et je crois qu’il faut un certain temps pour retrouver son aisance antérieure. Les courbatures sont normales, il est important de privilégier un repos de 48 heures entre chaque séance d’entraînement, le temps que le corps réapprenne. Pour les entorses c’est un autre souci, tu peux en causer avec un ostéopathe par exemple… C’est tout un équilibre général à retrouver, différemment, autrement ! Bonne continuation !

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