C’est le printemps !

21 03 2011

C’est aujourd’hui le printemps, mais la semaine passée a été annonciatrice de cette nouvelle saison. Une saison qui compte beaucoup dans mon cœur de runneuse car c’est précisément le 3 avril 2010 que j’ai commencé la course à pied, avec mon amie Aurélie. Quand je revois les photos prises ce jour-là, quand je regarde les premières colonnes de mon tableau Excel et les premières données RunKepper, je me rends compte du chemin accompli, de l’endurance et de la vitesse gagnées et des 6 kilos de trop laissés sur la route au passage. Retour, donc, sur cette semaine pré-printanière 2011, une quinzaine de jours avant mon premier « anniv’ de running ».

Le Carnaval des animaux

Mardi 15 mars dernier, sortie à la frontale dans la forêt avec Noostromo. Quand nous levons le camps vers 19h30, il fait à peine nuit, et il flotte dans l’air une douceur (près de 18 degrés!) que nous ne sommes pas les seuls à remarquer. J’ai la tête encore pleine de tsunamis, de tremblements de terre et d’accidents nucléaires, je songe à cette planète que nous détruisons mais qui nous survivra. Signes avant-coureurs (du printemps, pas du tsunami !): une colonie de fourmis est venue dévorer mon pot de crème de marrons malencontreusement oubliée à l’extérieur du frigo, et chez Nicolas, un énorme taon tente de me piquer les fesses dans la salle de bain. [Technique infaillible pour chasser les taons: allumez la lumière, décrochez la boule chinoise autour du plafonnier dans laquelle s’est engouffré le monstre, ouvrez la fenêtre et secouez. Votre boule chinoise est déchirée, dommage. Mais vous avez contribué à maintenir l’écosystème, bien que les tabanidés aient essentiellement un rôle pathogène.]

Nous partons en direction de la forêt et dès l’entrée, non loin de la route, des yeux brillants et deux petites queues blanches se détachent à la lumière de nos frontales : des biches! Je crois qu’il s’agit d’une biche et de son faon [joue avec Running Newbie: trouve les 3 mots en « aon » de ce billet] mais je n’ai pas vu grand chose. [Mise à jour: on me dit dans l’oreillette qu’avec une queue blanche, ce ne pouvait être que des chevreuils. J’en prends bonne note. ]

Nous continuons avec un petit rythme tranquille (6’50 au kilomètre) et je parviens à bien éviter les reliefs dangereux du chemin: des pierres, des racines, et surtout de la boue travaillée par les VTTistes puis séchée, super dure! Mais je n’arrive pas à voir les trous formés par cette boue, recouverts de feuilles mortes. Mon pied s’enfonce, je sens ma cheville droite qui se tord un peu et qui résiste, ouf, je parviens à la retirer avant qu’elle ne se plie complètement! Rien de grave, j’en garderai quelques douleurs les deux jours suivants mais cela se rétablira vite. Ce n’est pas le cas de mon genou gauche, qui, depuis le Snow Trail de l’Ubaye, se rappelle régulièrement à moi par de petites gênes en début de séance (quand je ne suis pas encore chaude) et en fin de sortie longue (quand je commence à fatiguer). Comme ma distance maximale est pour l’instant de 13,5 kilomètres (le billet sur cette sortie n’est toujours pas achevé, mais il arrive!) et que ce samedi nous courons les 18 kilomètres de l’Ecotrail « Twin » de Paris avec Nicolas, je ménage ma monture en espérant que le genou tiendra!

Bufo Bufo in action - Etang de la Genestre

Nous nous approchons de l’étang de la Genestre et nous manquons d’écraser un crapaud. Puis deux… puis nous nous rendons compte (toujours à la lueur de la frontale) que des dizaines de crapauds sont rassemblés sur le chemin. Certains sont mêmes juchés les uns sur les autres: aaaaaah, c’est la saison des amours! La pauvre crapaude, pleine comme un œuf, est clouée au sol par son crapaud, qui lui agrippe les pattes de devant. Comme il ne faut jamais perdre une occasion de s’instruire, j’essaye de comprendre le fonctionnement de la chose, et plus précisément de cerner la zigounette dans le pilou-pilou (Merci Pierre Desproges). Mais je ne vois rien. J’ai beau régler ma frontale de toutes les façons (naaaaaan, je ne leur ai pas fait le coup du flash Petzl, quand même!), je ne parviens pas à comprendre ce qu’il se passe sous mes yeux.

Nous poursuivons notre chemin non sans avoir prévenu un autre coureur afin qu’il prenne garde aux crapauds. « C’est pas fini, il y en a tout un champ! », nous répond-t-il. Et c’est parti pour une petite série de « saute-crapauds », un éducatif qui vaut bien toutes les montées de genoux et les talons-fesses du monde. Sur un banc, dans le noir, nous croisons également un couple d’humains, bien occupés à débuter eux-aussi leur saison des amours. Arrivés au bout de l’étang, nous décidons de prolonger notre parcours. « Quitte à aller lentement, autant y aller longtemps! », mais je ne crois pas si bien dire, puisque nous nous perdons un peu en allant trop loin, pour finalement faire une boucle un peu plus longue. Sur le chemin du retour, nous croisons à nouveau nos amis les crapauds, mais quelle ne fut pas notre surprise de les voir par paquets de trois sur la femelle! Interloquée, je me dis que c’est peut-être comme pour les bonobos, du sexe social. Que nenni, nous apprend la page Wikipedia du crapaud commun (bufo bufo) consultée de retour à la maison:

« Au début du printemps dans les pays tempérés, les crapauds se regroupent par dizaines voire par centaines autour d’un étang pour s’accoupler et pondre leur œufs qui deviendront têtards et se transformeront en petits crapauds en quelques semaines. Lors de la phase d’accouplement, les mâles cherchent une partenaire pour fertiliser les œufs de celle-ci. Il n’est pas rare de voir plusieurs mâles s’agripper autour de la même femelle. Leur instinct de reproduction les mène à s’accrocher à tout ce qui bouge (grenouilles, poissons, pied agité au bord de l’eau) et à ne lâcher prise parfois que plusieurs jours après. Les crapauds ne s’accouplent pas ventre à ventre. Pendant les ardeurs du rut le mâle, généralement plus petit que la femelle, la harcèle parfois avec maladresse avant de se hisser pour de bon sur son dos. »

Tu m’en diras tant! Le plus beau, lu sur une autre page (on s’est sacrément documenté!), est que les crapauds retournent à leur étang de naissance pour s’accoupler… C’est comme un « Copains d’avant » géant! Ce paragraphe m’a rappelé les plus riches heures de mon adolescence mes « leçons de choses » limousines et m’a rendue pleine de pitié pour les pauvres crapaudes, obligées d’attendre la ponte pour enfin se débarrasser de cette troupe de gêneurs. J’ai toutefois été soulagée de ne pas avoir été prise pour un « pied agité au bord de l’eau » car mes Columbia Ravenous Stability (test à venir!) n’en seraient peut-être pas sorties indemnes.

Nous rentrons enfin, non sans avoir croisé un lapin et un chat (avec lequel Noostromo fera la course).

Belle Madre, le vrai test !

Jeudi soir, une sortie fractionnée est prévue. Mais nous décidons au dernier moment de la zapper pour aller dîner chez nos amis de la Runnosphère Virginie et David, avec qui nous préparons un billet de test de sous-vêtements de sport. Une soirée improvisée qui fait chaud au coeur, les petits cocos sont tous les deux un peu blessés 3 semaines avant le marathon de Paris, on leur souhaite un bon et prompt rétablissement !

La deuxième sortie de la semaine aura donc lieu samedi après-midi, dans le parc de Sceaux, avec, tenez-vous bien… La maman de Noostromo ! Eh oui, Belle Madre, du haut de sa catégorie « Vétéran trois », affiche une pêche d’enfer, un grand sourire, et une forme olympique et sportive. Elle prendra d’ailleurs le départ des 10km de Strasbourg le 15 mai prochain.

Plan du Parc de Sceaux

Après un passage au petit trot dans la rue Houdan, commerçante et piétonne (ses odeurs de poulet rôti… sa vitrine de chocolatier en pleine éclosion…), nous entrons dans le parc par l’avenue Roosevelt. Ce parc est splendide, tant pour les promeneurs que pour les coureurs. Il y a, comme à Versailles, un « Grand canal », une plaine, des pentes verdoyantes et des arbres alignés (c’est le même Le Nôtre — le jardinier, pas le traiteur! — qui en est à l’origine). Mais il est surtout très varié, avec des coins plus sauvages, des bosquets en fouillis, et un parcours sportif en tourbe, bien agréable pour les petites pattes endolories (pas sûre toutefois que Colbert l’ait réclamé: « Mon cher André, je suis las de contrôler les finances du royaume, faites-moi donc un petit parcours en tourbe. »)

Noostromo et sa maman

Nous faisons un tour de 6 kilomètres tout en discutant, et c’est un très chouette moment, à marquer d’une pierre blanche dans le grand livre de mon existence. Une sortie tout en douceur, avec une moyenne au cardio de 153 bpm, ça fait du bien! Garmin indique 170 mètres de dénivelés au compteur, ce qui me paraît beaucoup mais sans doute pas loin de la réalité car nous avons beaucoup grimpé.

Puis au retour nous passons par un autre jardin et nous décidons de faire une halte-abdos. Parce qu’avec Noostromo, la grande résolution c’est de faire des abdos après chaque séance de running. Donc on se dit « 4×10? » (oui, on est débutants!) et sa maman rigole. Belle Madre, elle en fait tous les matins, des abdos. Alors 4×10, ça n’existe tout simplement pas. Elle nous montre un enchaînement de 20 en face, 10 sur en diagonale avec la jambe repliée sur le genou, puis 20 en face (« pour se reposer »!!), puis à nouveau 10 en diagonale de l’autre côté, 20 en face, 20 avec la jambe tendue d’un côté puis de l’autre (trop bien celui-là, il muscle aussi les quadriceps!), 10 latéraux des deux côtés, et enfin 20 les jambes relevées. Oh My God! Belle Madre m’a tuée!!

Ho hisse !

Pour la peine, elle repart avec une nouvelle tenue de running pour son anniversaire.🙂

J’veux du soleil !

Le lendemain, j’ai encore mal aux abdos de la séance de la veille, mais à la fin de cette sortie longue on refera le même enchaînement. Comme depuis quelques temps (sauf que je n’en ai pas encore parlé ici), on commence la séance à deux durant environ 5 kilomètres et on finit chacun à son rythme. Armés de mon sac à eau Salomon rempli de grenadine isotonique, on s’élance dans les allées du château de plus en plus garnies de touristes. Il y en a même qui ont de petites voiturettes, comme au golf, pour ne pas trop se fatiguer en cette belle matinée. On croise également un grand nombre de joggers. Certains sont bardés de gels énergétiques en tout genre et aussi équipés que nous en Camelbak, nous en soupçonnons certains de réaliser des tests avant l’Ecotrail de Paris. Il y a aussi des parents runners avec leur enfant qui les suit sur un vélo, c’est trop choupi ! Mais mon œil aguerri d’ethnologue a cru remarquer que les enfants avaient l’air davantage ravis quand leurs parents étaient comme eux à vélo, plutôt que devant eux en train de courir…

Nous nous séparons à la fin du premier bras du Grand canal, au croisement de l’allée des Sabotiers (genre, je connais Versailles comme ma poche ^^). Je branche mon iPod et c’est parti pour 6 kilomètres en musique. Je choisis l’album « Mutatis Mutandis » de Juliette, en commençant par la « maudite clochette » : « Du matin au soir il faut courir dans l’escalier, et le monter et le descendre et le monter… » Avec Nicolas, nous étions sur une allure de 5’50 à 6′ au kilomètre, je continue autour de 6′ et je ralentirai à la fin parce que j’ai envie de continuer à écouter de la musique sans pour autant forcer sur la machine: 6’30 à 7’30 au kilomètre du 9è au 11è, juste pour le plaisir, les notes et le soleil.

Je fêterai l’an de course à pied non pas à Laon mais à Lille, le 3 avril prochain. J’y serai à l’occasion d’un déplacement pour le travail et Noostromo me rejoindra: nous espérons voir et revoir les Ch’tis de la Runnosphère pour l’occasion !

Vous avez trouvé les trois mots en « aon » du billet ? Bravo, vous avez gagné une photo-bonus: des runners en tenue d’opéra.
Ah ah! Vous y avez cru ??

Versailles, Grand canal, un autre jour.


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16 responses

21 03 2011
vinvin20

Excellent la sortie « saute crapauds »🙂
Et bien, il y a des choses a voir dans cette partie du GR11…
Vous avez bien du courage de faire des abdos après le footing, moi j’y arrive pas..pas de motivation…Mais il faut dire que vous aviez apparemment un bon coach!!!
Et pour le soleil, c’est bien parti pour toute la semaine, profitons en !!

22 03 2011
runningtkh

Oui pour le soleil, mais c’est sans compter le césium et l’ozone…
Concernant les abdos, c’était la seule façon pour que ça passe sans peine, à un autre moment c’était trop dur de s’y mettre !
(Et pour la suite du « saute crapaud », ou tout du moins un autre point de vue, il faudra attendre le billet de Noostromo ! ^^)

21 03 2011
Maya972

Toujours un plaisir de lire ta prose !
Vraiment sympa vos sorties, variées et agréables.

Lors de ta sortie saute-crapauds, j’ai failli croire que le chat et le lapin eux aussi profitaient du printemps… !😉

22 03 2011
runningtkh

Merci Maya ! Hehe, les abeilles sont de sortie, apparemment aussi !
Le chat et le lapin avaient l’air un peu perdus, à vrai dire !

21 03 2011
buzzy le colibri

HAPPY BIRTHDAY MISS , le monde du running (enfin moi en tout cas mais je ne suis certainement pas la seule !🙂 ) se réjoui de fêter cette « naissance » …. Moi j’ai lu ton article en mangeant du pain d’épice au chocolat… je me suis dis  » la vie est quand même bien faite!  » (enfin je me comprend !)

22 03 2011
runningtkh

Oui, sans les sous-titres Gtalk, ça reste du « private chitchat » !! (i.e. « talk of a gossipy nature » ^^)

21 03 2011
Marc

La biche n’a pas la queue blanche,mais le chevreuil
si.

22 03 2011
runningtkh

Comme quoi, même née à la campagne, je n’ai pas fini d’en apprendre sur les animaux !

22 03 2011
trainingforboston

C’est instructif la course à pied ou cela fait travailler le cerveau. C’est bon les abdos pour améliorer la course. Bravo.

24 03 2011
runningtkh

Merci Luc !
(Désolée pour cette réponse tardive, ton commentaire était tombé dans la boîte des indésirables ! Non mais ! ^^)

22 03 2011
Philippe

Aller à Sceaux pour se rouler des pelles ça donne un peu l’impression d’être au bord de la mer.

22 03 2011
runningtkh

J’ai encore mis plusieurs minutes à comprendre !
Pour l’instant, on fait des châteaux de sable à Versailles, puis on ira les déplacer en Espagne…

22 03 2011
Valérie

Moi aussi, l’autre jour, j’ai croisé plein de crapauds ! Grâce à toi, je comprends mieux pourquoi maintenant😉
Elle m’épate, ta « belle madre » ! Un bel exemple !

24 03 2011
runningtkh

Ravie de t’avoir éclairée sur la question ! ^^

23 03 2011
calimero13990

Quelle osmose et quelle communion avec la nature, peut être
nos côté Limouzi ;-)) J’adore tes écrits!

24 03 2011
runningtkh

Merci !
PS: Je vais commenter ton billet à propos de Sylvie Boissy. Ça me déprime, cette histoire !

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