Danse-moi vers la fin de la poudreuse (conte de Noël)

26 12 2010

Cette année, le père Noël m’a offert un champ de neige. Le cadeau a déboulé au détour d’un chemin encore inconnu, alors que je ne savais pas exactement où mes pas me menaient. En ce samedi 25 décembre, première réveillée de la maisonnée (y’a pas d’enfant dans l’histoire, hein, sinon ça aurait été 7 heures du mat « les cadeaux, les cadeaux ! ») je me sentais assez en forme pour une petite sortie running dans la neige, malgré la tartiflette et la Mondeuse de la veille.

Lorsque j’étais venue chez  mon père en août dernier, j’avais repéré un petit chemin qui partait de la ville et venait serpenter à côté du Chéran, le cours d’eau en contrebas. Je me suis donc mise en route à sa recherche, à travers les rues ni grattées, ni déneigées du matin de Noël. Je savais qu’il partait du stade mais j’ai mis un moment à le trouver. J’avais oublié la ceinture cardio à Paris, j’ai donc essayé d’écouter mon souffle pour ne pas trop monter dans les tours. Objectif 45 minutes en endurance fondamentale (j’en ris sous cape… j’ai fait gaffe, mais j’ai tout fait sauf une séance sérieuse !)

Ces tours et détours du début m’ont permis de découvir que les Hauts-Savoyards ne manquaient pas d’humour: sur une plaque de nom de rue, « Chemin du Bron », un petit malin avait ajouté un « x » au marqueur blanc, transformant la petite voie tranquille en royaume des Gangsta’

Wesh wesh, c'est trop frais !

Après avoir rebroussé chemin, j’ai enfin découvert le chemin derrière le stade. Immaculé, au moins 15 ou 20 centimètres de neige sans une trace de pas.

C'est parti mon rösti !

La neige était fraiche et épaisse, j’avais du mal à soulever mes pieds, mais quel bonheur ! J’avais beau être en New Balance de route, ça accrochait bien, je ne me sentais pas instable. Le seul souci étant que je ne pouvais pas savoir ce que ce petit pervers de chemin neigeux cachait sous son blanc manteau: quelques pierres, quelques terriers ont sollicité mes chevilles, mais pas de mal. Je sens encore un peu mon tibia  droit sensible, donc je fais attention (eh oui, parce que la morale de l’histoire de la blessure était que finalement, j’en cumulais trois: inflammation du tendon tibial, élongation du mollet, et périostite… c’est la fête !)

J’ai alterné phases un peu intenses de labour de poudreuse avec des arrêts de stupéfaction et d’émerveillement devant la beauté du paysage. Tout était fabuleux: les plans larges, avec la rivière en contrebas, et les détails des flocons suspendus sur les branches des arbres en sommeil.

Fond d'écran Windows. Tiens, faut que je la propose à Ségolène pour son site Web.

Le chemin continuait derrière des habitations. Ni vue, ni connue, j’ai poussé quelques barrières pour continuer ma route. Et soudain, au débouché du chemin, un grand champ. Tout blanc, juste magique comme un cadeau inattendu. J’avais de l’excellente musique dans les oreilles (la compil’ Télérama 60 ans de musique en aléatoire, complètement délirante), c’était plus que ce que mon coeur pouvait supporter en restant calme. Je me suis mise à courir comme une lionne (dans la neige, oui, une lionne dans la neige), je m’arrêtais essoufflée, je me mettais à danser (je vous jure, dans la compil’, y’a même « Oups, I did it again » de Britney Spears…), je faisais des grands sauts, des balancés de jambe comme j’ai vu faire les sprinter en PPG, des talons-fesses, le tout en chantant à tue-tête. J’ai atteint le sommet de la montagne de la bêtise lorsque j’ai eu soif: « Tiens, je vais manger de la neige, ça me fera de l’eau. » Horreur et damnation ! La neige avait un vieux goût de clope avariée, beuuuurk ! C’est bien un truc de parisienne, ça, bouffer la neige! On ne m’y reprendra plus.

Merci père Noël !

C'est beau une NB enneigée

Cette sortie a confirmé mon amour inconditionnel de la neige, même s’il est beaucoup plus difficile de courir dans ces conditions. Je suis impatiente d’aller dans la vallée de l’Ubaye en février pour le Snow Trail avec quelques copains du Taillefer Trail Team!

A présent que tout le monde est levé dans la maison, je vais clore ce billet, pour profiter de la présence de mes proches… Autre cadeau de Noël immatériel et merveilleux: hier soir l’un de mes cousins Vosgien parti vivre à La Réunion m’a fait signe sur ce blog, il est fan de CAP, de trail et d’ultra depuis 18 mois… elle est pas belle la vie ?

Allez mes petites, on rentre à la maison. Vous avez bien bossé aujourd'hui.

Flash back: la rivière à la fin du mois d'août

PS: Pourquoi tu cours? Pour ces moments de folie.

PS2: les données Garmin ici, ne vous fiez pas à la moyenne pourrie, sur la route du retour j’ai été interrompue par un coup de fil et j’ai oublié de couper le chrono des 5 dernières minutes… plus tout le reste (les photos, l’émerveillement, la danse de la poudreuse ^^) Tiens au fait, le titre du billet est lié à une chanson de Graeme Allwright.

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