Jour : 10 novembre 2010

Chi va piano…

A huit heures et quart, le gardien fait sa ronde d’ouverture. Les bruits de la ville sont assourdis et je suis la première joggeuse à franchir les grilles du parc. J’ai à peine bu un café et un verre d’eau, mais le réveil a été facile car je savais que j’allais courir. Ce sera une séance lente, très lente. La blessure est encore trop proche pour risquer de la ranimer.

Je pourrai ainsi mettre en application les conseils de Philippe Billard qui fait cette proposition dans le Jogging International de novembre: « Et si on (ré)apprenait à courir lentement ? » J’aime bien l’image qui illustre l’article, une tortue est sur la première marche du podium, suivie par des lièvres en plastique. Le but est de faire descendre les pulsations cardiaques, tout en courant (ben oui, quand même! ^^) Je ne connais toujours pas ma FC maximale, j’avais donc visé un 150 bpm, au hasard… loupé ! Je commence la séance à 143, ça va être difficile ! Ma cible sera donc aux environs de 160 bpm. Je me lance une règle arbitraire: je dois rester autour de 160 ; si au bout d’un kilomètre j’atteins les 170, je marche le  temps que ça redescende.

Premier kilomètre… 171, je marche quelques secondes et c’est reparti. Deuxième kilomètre… 175, je marche encore. Idem au troisième. Entre le quatrième et le cinquième kilomètre, mon rythme se stabilise, victoire ! Alors bien sûr, je ne vais pas vite. Je pense que je n’ai encore jamais couru aussi lentement. 8 minutes 30 au kilomètre, 7 kilomètres heure. J’atteins les 5 kilomètres en presque 45 minutes. Mais le calme du parc se marie bien avec cet exercice. La tortue que je suis se fond parmi les canards du petit étang et les moineaux paresseux. Je n’ai pas pris de musique, et j’apprécie cet état méditatif dans lequel je rentre.

Et surtout, luxe précieux, je n’ai mal nulle part. Au tout début, les muscles des tibias chauffent un peu. Le tendon d’Achille, accroché au mollet gauche, ne se fait pas totalement oublier. Mais au bout du deuxième kilomètre, tout rentre dans l’ordre. J’ai l’impression que je pourrais continuer comme ça pendant des heures et des heures. (Mais non! Il faut aller au travail! 😉 ) Aucune trace douloureuse durant la journée qui suivra, seule reste la délicieuse sensation d’avoir couru. En quittant le parc, je croise une femme d’au moins 70 ans, toute petite et toute ridée. Elle porte des Asics aux pieds, un bonnet, des gants, et elle se met à courir, lentement. J’aimerais être comme elle dans quarante ans.

© photo: http://michelc.over-blog.com/

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