Jour : 28 octobre 2010

Ariane versus Achille

Hier soir, après trois semaine d’arrêt de l’entraînement sur piste avec le VRC92, je suis revenue à Suzanne Lenglen. J’avais envie de revoir les camarades du club, j’avais besoin de retrouver cette ambiance pleine d’émulation qui réchauffe le moral.

Mon mollet me fait toujours souffrir quand je cours, comme j’ai pu le constater à Istanbul. Mais je n’ai plus mal pour les activités quotidiennes, comme marcher et monter les escalier, et ce depuis une semaine et demie (depuis que je me suis rachetée des chaussures de ville à ma « vraie » taille, sans comprimer le pied gauche.) Samedi, je change également mes chaussures de course, trop petites elles aussi. Le mystère reste entier sur ce qui a pu me faire perdurer dans cette négligence, ce déni du confort le plus élémentaire.

Hier soir une séance de « semaine allégée » était prévue: 4×800 mètres à allure 10 km (récupération 200 m footing). J’ai encore réduit davantage le programme en écoutant mes sensation (heu… ma douleur) et en ne faisant que 3 séries.

J’ai branché la montre-cardio dès le début de l’échauffement, visiblement on est déjà autour de 9km/h ce qui est déjà pas mal pour moi (autour des 170 pulsations/minute), puis on voit bien le pic des 3×100 mètres de fin d’échauffement (à 18 km/h) et ensuite les 3 séries de 800 mètres, autour de 12 km/h (et 190 puls/min !!) J’ai arrêté la montre ensuite, mais on finit toujours par un retour au calme en trottinant très très doucement.

L’activité est ici : http://connect.garmin.com/activity/54618737 A regarder le rendu sur Garmin Connect, je suis assez contente de voir que je n’ai pas baissé de vitesse entre les séries, j’ai même légèrement augmenté au cours de la dernière. Par rapport aux joggings d’Istanbul, je n’ai pas eu la sensation des « mollets en plomb », ce qui est très positif.

Après cette séance, je n’avais pas plus mal au mollet qu’avant, et je me sentais mieux sur un plan général. Aujourd’hui, pas de séquelle, mais je n’ai pas non plus été faire de jogging avec les collègues. Je retourne chez mon podologue samedi matin, je veux juste savoir s’il s’agit bien du tendon d’Achille, à sa jonction avec le mollet, et lui demander quelques conseils pour l’achat des chaussures.

Cette période de « gestion de blessure », qui dure déjà depuis le 7 octobre, est source d’interrogations. En fait je ne suis pas vraiment blessée, j’ai l’impression d’être à la limite, juste avant la blessure. J’essaye donc de faire preuve de sagesse (arrêt de l’entraînement sur piste, et seulement 3 joggings depuis les Boucles de la Porcelaine). Mais je souhaite également garder le fil d’Ariane dans la main, tester sur le terrain mes sensations, reprendre peu à peu. L’équilibre est difficile à tenir. Tout ceci me renvoie à des interrogations qui ont été développées récemment par Fabrice de RunOnline, invité à faire part de son expérience au sein d’une conférence de l’Institut des addictions comportementales.

Dans cette réflexion qui est la mienne en ce moment, je peux compter sur le soutien de mes proches qui modèrent mes ardeurs un peu trop téméraires et qui m’encouragent en même temps. J’ai ainsi reçu un e-mail de ma maman, et je ne peux m’empêcher de vous en livrer un extrait (avec son accord) tant il décrit bien la complexité de la relation à la douleur des sportifs :

 » Pardonne-moi de te mettre à nouveau en garde  mais cette douleur qui persiste est un peu inquiétante : je sais que moi aussi il m’est arrivé dans la danse classique ou traditionnelle d’aller au delà de la douleur grâce à l’effet analgésique bien connu des endorphines que nous produisons lorsque que nous éprouvons du plaisir à une activité physique intense et qui dure dans le temps. A présent, bien sûr, à la moindre apparition d’une petite douleur, je réduis mon activité : danse ou vélo, mais il m’a fallu du temps pour arrêter de torturer mon corps, résultat :  un genou pourri d’arthrose, le droit ne vaut pas cher, mais j’ai conservé ligne, souplesse, et joie de vivre !
En conclusion, je n’ai aucun conseils à te donner, c’est à toi de juger. »

J’aime beaucoup cette conclusion, parce qu’elle est juste et sans fard: on pourrait la juger immorale (une mère doit dire à sa fille de s’arrêter, pas d’en faire à sa guise, comme le dit la chanson populaire: « Non, non, ma fille, tu n’iras pas danser ») mais on voit bien ce qui se passe dans ce mouvement réflexif. D’abord l’inquiétude, puis le conseil raisonnable lié à l’expérience, puis le paradoxe insoluble (« j’ai bousillé mon genou mais finalement ça m’a apporté tellement par ailleurs »), et pour finir, le renvoi à ma propre sagesse, à mon libre arbitre.

A moi d’en juger, donc, en prenant conseil auprès de professionnels de santé connaissant bien la course à pied.

PS: Pourquoi tu cours ? Pour suivre le fil d’Ariane.

PS subsidiaire: Savez-vous si jeux peux, une fois la Garmin lancée, remettre le chrono à zéro pour voir mes temps de passage aux 400 mètres, sans pour autant couper l’activité?

PS3: La prochaine Veillée du Bois, c’est jeudi prochain ! Si le coeur vous en dit,  envoyez un mail à contact@team-outdoor.fr pour prévenir de votre présence. Plus de renseignements chez Doune et chez Team Outdoor.