Jour : 11 octobre 2010

Les Boucles de la Porcelaine 2010: 10 km et 700 mètres!

Ce week-end en Limousin fut riche en expériences, comme le sont tous les moments ayant trait avec le passé. Aucune rue de Limoges ne m’est totalement inconnue, toutes me rappellent des souvenirs d’enfance et d’adolescence, et les parcourir avec une amie de lycée renforce ce sentiment singulier de familiarité et d’étrangeté mêlées.

Le parcours des Boucles de la Porcelaine passait par certains endroits où je m’étais promenée avec mes parents, où j’avais bu des bières avec les copains, où, très récemment encore, lors de la « Fête des Ponts », je regardais un feu d’artifice avec Monsieur M. et Aurélie. En courant dans ces endroits, j’ai créé des souvenirs neufs au milieu d’anciens souvenirs, comme les cercles d’un tronc d’arbre marquant son ancienneté. [Oui je me fais nostalgique, c’est normal j’ai 30 ans lundi prochain 😉 ]

Finalement, il y a eu très peu de passages en zone industrielle, sur le parcours de cette course. Une fois les trois premiers ronds points passés (et la longue côte du départ grimpée!), on a bifurqué au milieu d’un golf, dégringolé à travers bois, longé la Vienne… bref, c’était magnifique.

Les parents d’Aurélie avaient fait le déplacement pour nous encourager. Le papa d’Aurélie nous a même suivies en vélo, caméscope à la main, nous encourageant, nous filmant et nous prenant en photo. Sa maman nous attendait peu après le 10è kilomètre, alors que 700 mètres restaient à parcourir. Dans la série des encouragements, nous avons également été soutenues par un entraîneur du club “Kilomètre 42”, qui accompagnait son groupe, et par Adeline, sur la côte de départ. Qu’ils soient tous remerciés, c’est tellement important!

C’était le premier “10000” pour Aurélie, et bien qu’elle ait repris récemment un sérieux entraînement, nous n’avions qu’un objectif: finir, si possible sans marcher. Mission accomplie!

Nous sommes parties dans le fond, pour débuter lentement et ne pas nous laisser trop embarquer par le rythme des coureurs. Je portais le t-shirt bleu turquoise du Paris-Versailles (eh oui, les bénévoles aussi y avaient droit! ;-p) pour me donner du courage et Aurélie avait également un haut de la même teinte. Nous étions jolies toutes les deux, piétinant sur la ligne de départ, le trac au coeur avant de s’élancer !

La première côte n’a pas été aussi difficile que prévue, grâce à notre lenteur d’escargot. Nous avons enchaîné un rythme léger jusqu’au 3è kilomètre (8 minutes au km). Puis bien chauffées, nous avons accéléré. C’est pour moi l’arrivée dans le golf qui marque cette accélération. Encouragées par les golfeurs du dimanche, nous l’étions aussi par la beauté du site. Ensuite, ce fut la descente, la forêt, les chemins, les cailloux qui roulent. Nous avions assez de souffle pour rigoler: “Ouais !! On fait du trail!” et ces rires nous ont l’espace d’un instant fait oublié nos douleurs: mon point continu au mollet gauche, son genou droit partant en vrille.

C’est à partir de ce moment, vers le 6è kilomètre, que nous avons commencé à doubler (prudemment, d’autant que nous croisions aussi des marcheurs-rapides et des coureurs handicapés — un mollet en moins, la jambe prolongée par une prothèse. Et là je me suis dit « Punaise, si ça m’arrivait, je crois que je continuerai aussi à courir »). Puis nous avons rejoint la Vienne, par un va-et-vient de petites côtes et descentes bien casses-pattes.

Nous faisons attention de rester non loin l’une de l’autre, voire côte à côte — on s’est quelquefois un peu cognées le coude, tellement nous étions proches. Nous sommes également attentives au souffle de l’autre, à des signes infimes pouvant indiquer l’état de forme, sans pour autant avoir besoin de se fixer. A partir du 8è kilomètre, au moment où nous franchissons le pont Saint-Etienne, Aurélie lâche des jurons contre les maudites côtes (eh oui, les ponts, même médiévaux, ça grimpe!). Son visage se tend, elle parvient pourtant à plaisanter encore à l’approche du 10è kilomètre avec un marcheur (ils vont super viiiite, ces marcheurs !)

De mon côte j’en ai sous le panard, je suis fatiguée mais pleine d’énergie: sur la vidéo que l’on a visionnée et analysée ensuite, je balance mes bras avec une vigueur démesurée, comme si je ne savais pas quoi faire de cette énergie. « Plus que quelques mètres! » : je fais une annonce, pour remotiver les troupes. Et là une dame me casse gentiment mon effet : « Plus que quelques centaines de mètres »… Il est vrai que les 700 mètres supplémentaires comptent, surtout qu’ils grimpent : « C’est pas gentil de nous mettre une côte à la fin! » Je ralouillle mais je suis heureuse, je viens de dépasser mon nombre de kilomètres parcourus en compétition.

On franchit la ligne d’arrivée dans un sprint de 60 mètres, riant comme des gamines que nous sommes. Victoire! Délivrance! Temps réel : Temps réel : 1:09:14 (disons 69 minutes!), moyenne au km : 6’28.

Pour finir, quelques explications sur la coupe que j’ai emporté avec moi dans le Corail Téoz du retour, jusqu’à mon bureau ce matin. Je n’ai pas l’habitude de rester pour les podiums (je préfère aller boire une bière avec les amis!) mais là, un ami d’Aurélie et Adeline parvenait à la 2è marche de la catégorie vétéran. Suite à un cafouillage, il s’est avéré que le nombre de coupes était supérieur à celui des récipiendaires. Un organisateur ayant flashé sur mon… « dynamisme » via la page Facebook des Boucles de la Porcelaine, il a pris d’autorité l’une des coupes restantes pour me la remettre publiquement, au nom de mon… « dynamisme sur Facebook et mon blog à propos de la course ». Ce geste m’a fait plaisir, et rire, même s’il a été assombri par l’attitude peu amène du généreux donateur. Tout le petit groupe d’amis à joué le jeu à fond, m’applaudissant sur le podium, et nous avons pris la photo-souvenir près des poubelles de recyclage, pour bien marquer le côté farceur de cette coupe. Mais mon sourire sur cette photo est tellement empli de la joie de la course et de cet événement incongru, qu’il résume à lui seul toute l’aventure.

Je tiens pour finir à remercier l’ensemble de l’organisation des Boucles de la Porcelaine, qui ont mené de front semi-marathon, 10,7km et marche populaire, avec ravitaillements, tentes d’accueil, marquage des kilomètres, bénévoles sur tout le parcours… jusqu’au ballon perché dans le ciel prenant des photographies aériennes! Je lance une pensée particulière pour les personnes présentes au retrait des dossards, car c’est le poste que j’occupais sur le Paris-Versailles…

PS: Pourquoi tu cours ? Pour pleurer de joie dans les bras d’Aurélie en coupant des tomates, au moment du déjeuner d’après-compétition.

PS2: En bonus, le reportage de France 3 Limousin-Poitou-Charentes sur la course, avec toute la saveur de la télé régionale!