Team Outdoor, c’est bon pour le moral

31 10 2010

Cette photo prise sur l’avenue commerçante principale d’Istanbul, Istikâl caddesi, est sans doute prémonitoire. Hier, après une consultation salvatrice chez mon podologue, je me suis rendue à Team Outdoor pour cesser de bousiller mes pieds dans des chaussures trop petites, et j’ai opté pour des New Balance. J’étais partie pour rester sur Asics, puisque je me sentais très bien (mis à part les orteils compressés ^^) dans les Stratus.

Pour rappel, j’ai acheté ma première paire de chaussures de course en avril dernier, le lendemain de mon premier jogging avec Aurélie, chez un équipementier du côté du stade Suzanne Lenglen (pour ne pas le citer). C’était un lundi de Pâques, il n’y avait pas beaucoup de vendeurs disponibles, je les ai prises au feeling et comme à mon habitude je les ai choisies trop serrées. Disons que pour le pied droit, ça allait, mais le pied gauche n’était pas à la fête. Et j’ai mis 7 mois à m’en rendre compte.

Arrivée à Team Outdoor, Agnès avait déjà mis quelques boîtes de côté, pour que je puisse essayer différents modèles. Je plonge dans des Asics dernière génération… Ouh là, mais c’est quoi ce molleton insupportable, j’ai l’impression d’être comme la fille dans la pub pour une barre chocolatée, avec un nuage autour d’elle! (Ecoutez ces quelques notes, vous allez tout de suite voir de quoi je parle, pour les plus téléphiles d’entre vous: Mmmh le bon chocolat bien gras.) Je fais quelques pas en trottinant, en dehors du magasin… Pas terrible, je me sens comme sur un château gonflable, ça me rappelle quelques bons souvenirs d’enfance mais ce n’est pas précisément ce que je cherche pour courir.

Dans les New Balance 1064 pour femme, l’accueil du pied est totalement différent. C’est franc, direct, je me sens à l’aise et bien maintenue, en contact avec le sol. Je cours un peu dehors (un peu seulement, car j’ai une semaine d’arrêt complet à respecter…) et je me sens toujours aussi bien, les renforts sur les côtés de la cheville sont confortables sans être excessifs, et surtout je n’ai pas la sensation d’être à trois mille lieues du bitume (ce qui est étonnant, car l’épaisseur du talon est, de visu, assez impressionnante). J’essaye avec les semelles d’origine, avec mes semelles orthopédiques, avec les talonnettes que j’ai gagnées le matin même chez le podologue, sans les talonnettes… J’ai un peu le même sentiment que le jour de l’achat des Asics Stratus: comme si c’était une évidence, comme si ces chaussures n’étaient pas vraiment neuves mais déjà faites à mon pied. Sauf que là, je peux bouger les orteils !

Il fait beau, les portes du magasin Team Outdoor sont grandes ouvertes, on voit passer des joggeurs et joggeuses en route pour leur séance au Bois de Vincennes, ou de retour, tout boueux car il a pas mal plu dans la matinée. C’est très drôle, ils débarquent en trottinant, ils font un petit tour du côté des chaussures, jettent un oeil sur les lampes frontales et repartent. D’autres s’attardent, demandent conseil à Agnès, toujours disponible. Un monsieur équipé d’un camel bag (hmm… en fait on dit « camelbak » ^^) repartira avec des manchons de compression, soulagé. En tendant bien l’oreille on peut saisir au vol quelques bribes de courses mythiques, quelques récits sur les chemins du Mont Blanc à la nuit tombée.

Cette ambiance me met du baume au coeur, tout comme l’achat des chaussures neuves. Le matin, un examen de mon mollet par le podologue a confirmé une piste concernant ma blessure. Je penchais pour un problème du côté de l’insertion du tendon d’Achille dans le mollet, il s’avèrerait que ce soit plutôt une petite déchirure musculo-aponévrotique proche du phénomène du « tennis leg », mais en moins grave, puisque je n’ai pas senti ni entendu de claquage. J’ai trouvé une image qui cible exactement la zone de la douleur :

J'ai mal làààà !

Une semaine d’arrêt, donc, avec massages localisés, pommade anti-inflammatoire, étirements doux spécifiques. Et surtout, modification de ma façon de m’entraîner.

  • Premièrement, dans un premier temps, pas plus d’une séance de VMA par semaine. En alternance: une fois VMA courte (fractionné), une fois longue (résistance). J’ajouterai une deuxième lorsque ma condition physique sera un peu plus proche de celle d’une sportive ^^
  • Deuxièmement, respecter un jour de récupération le lendemain de cette séance de VMA. Ça peut être avec un petit jogging lent, mais pas à 10-11 km/h comme j’ai pu le faire avec les collègues. Ça veut dire aussi que les semaines où il y a les Veillées du Bois le jeudi, je ne fais pas de VMA le mercredi. 😉
  • Troisièmement, faire confiance à mes sensations. Si j’ai mal au-delà des simples courbatures, si la douleur est circonscrite et récurrente, ça ne veut pas dire que je suis douillette et que je dois m’endurcir, ça veut dire que mon corps me lance une alerte. Donc à ce moment là je lève le pied, et je n’enchaîne pas sur un jogging à 180 ppm, une compétition, un tracé GPS à Istanbul.

En attendant, je chausse avec bonheur mes New Balance 1064 à la maison, je me dis « Ouuuh, elles sont belles, avec leur mesh noir et leur liseré rose saumon »… avant de pouvoir les tester grandeur nature. Marrant cet acte d’achat, si je l’analyse 2 secondes, il s’avère très « traditionnel »: bien que ce modèle ait été testé dans la runnosphère, par Manu de Wanarun et par Djailla, je ne suis pas passée par ce canal-là, j’ai lu ces articles a posteriori. J’ai vu, d’une part, que certains coureurs de mon club portaient des New Balance, et je leur ai demandé leur avis. Et puis j’ai fait confiance à une professionnelle du matos, de la course et du trail, dans un magasin spécialisé. Et vous, comment achetez-vous vos chaussures ?

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Ariane versus Achille

28 10 2010

Hier soir, après trois semaine d’arrêt de l’entraînement sur piste avec le VRC92, je suis revenue à Suzanne Lenglen. J’avais envie de revoir les camarades du club, j’avais besoin de retrouver cette ambiance pleine d’émulation qui réchauffe le moral.

Mon mollet me fait toujours souffrir quand je cours, comme j’ai pu le constater à Istanbul. Mais je n’ai plus mal pour les activités quotidiennes, comme marcher et monter les escalier, et ce depuis une semaine et demie (depuis que je me suis rachetée des chaussures de ville à ma « vraie » taille, sans comprimer le pied gauche.) Samedi, je change également mes chaussures de course, trop petites elles aussi. Le mystère reste entier sur ce qui a pu me faire perdurer dans cette négligence, ce déni du confort le plus élémentaire.

Hier soir une séance de « semaine allégée » était prévue: 4×800 mètres à allure 10 km (récupération 200 m footing). J’ai encore réduit davantage le programme en écoutant mes sensation (heu… ma douleur) et en ne faisant que 3 séries.

J’ai branché la montre-cardio dès le début de l’échauffement, visiblement on est déjà autour de 9km/h ce qui est déjà pas mal pour moi (autour des 170 pulsations/minute), puis on voit bien le pic des 3×100 mètres de fin d’échauffement (à 18 km/h) et ensuite les 3 séries de 800 mètres, autour de 12 km/h (et 190 puls/min !!) J’ai arrêté la montre ensuite, mais on finit toujours par un retour au calme en trottinant très très doucement.

L’activité est ici : http://connect.garmin.com/activity/54618737 A regarder le rendu sur Garmin Connect, je suis assez contente de voir que je n’ai pas baissé de vitesse entre les séries, j’ai même légèrement augmenté au cours de la dernière. Par rapport aux joggings d’Istanbul, je n’ai pas eu la sensation des « mollets en plomb », ce qui est très positif.

Après cette séance, je n’avais pas plus mal au mollet qu’avant, et je me sentais mieux sur un plan général. Aujourd’hui, pas de séquelle, mais je n’ai pas non plus été faire de jogging avec les collègues. Je retourne chez mon podologue samedi matin, je veux juste savoir s’il s’agit bien du tendon d’Achille, à sa jonction avec le mollet, et lui demander quelques conseils pour l’achat des chaussures.

Cette période de « gestion de blessure », qui dure déjà depuis le 7 octobre, est source d’interrogations. En fait je ne suis pas vraiment blessée, j’ai l’impression d’être à la limite, juste avant la blessure. J’essaye donc de faire preuve de sagesse (arrêt de l’entraînement sur piste, et seulement 3 joggings depuis les Boucles de la Porcelaine). Mais je souhaite également garder le fil d’Ariane dans la main, tester sur le terrain mes sensations, reprendre peu à peu. L’équilibre est difficile à tenir. Tout ceci me renvoie à des interrogations qui ont été développées récemment par Fabrice de RunOnline, invité à faire part de son expérience au sein d’une conférence de l’Institut des addictions comportementales.

Dans cette réflexion qui est la mienne en ce moment, je peux compter sur le soutien de mes proches qui modèrent mes ardeurs un peu trop téméraires et qui m’encouragent en même temps. J’ai ainsi reçu un e-mail de ma maman, et je ne peux m’empêcher de vous en livrer un extrait (avec son accord) tant il décrit bien la complexité de la relation à la douleur des sportifs :

 » Pardonne-moi de te mettre à nouveau en garde  mais cette douleur qui persiste est un peu inquiétante : je sais que moi aussi il m’est arrivé dans la danse classique ou traditionnelle d’aller au delà de la douleur grâce à l’effet analgésique bien connu des endorphines que nous produisons lorsque que nous éprouvons du plaisir à une activité physique intense et qui dure dans le temps. A présent, bien sûr, à la moindre apparition d’une petite douleur, je réduis mon activité : danse ou vélo, mais il m’a fallu du temps pour arrêter de torturer mon corps, résultat :  un genou pourri d’arthrose, le droit ne vaut pas cher, mais j’ai conservé ligne, souplesse, et joie de vivre !
En conclusion, je n’ai aucun conseils à te donner, c’est à toi de juger. »

J’aime beaucoup cette conclusion, parce qu’elle est juste et sans fard: on pourrait la juger immorale (une mère doit dire à sa fille de s’arrêter, pas d’en faire à sa guise, comme le dit la chanson populaire: « Non, non, ma fille, tu n’iras pas danser ») mais on voit bien ce qui se passe dans ce mouvement réflexif. D’abord l’inquiétude, puis le conseil raisonnable lié à l’expérience, puis le paradoxe insoluble (« j’ai bousillé mon genou mais finalement ça m’a apporté tellement par ailleurs »), et pour finir, le renvoi à ma propre sagesse, à mon libre arbitre.

A moi d’en juger, donc, en prenant conseil auprès de professionnels de santé connaissant bien la course à pied.

PS: Pourquoi tu cours ? Pour suivre le fil d’Ariane.

PS subsidiaire: Savez-vous si jeux peux, une fois la Garmin lancée, remettre le chrono à zéro pour voir mes temps de passage aux 400 mètres, sans pour autant couper l’activité?

PS3: La prochaine Veillée du Bois, c’est jeudi prochain ! Si le coeur vous en dit,  envoyez un mail à contact@team-outdoor.fr pour prévenir de votre présence. Plus de renseignements chez Doune et chez Team Outdoor.





Boğazı view (3/3): Kennedy caddesi

25 10 2010

Ce matin-là il faisait beau. Le Bosphore était bleu comme le ciel et le ciel bleu comme la mer de Marmara. La fonction « Explore » de Garmin Connect ne s’était pas trompée: la route Kennedy qui encercle la péninsule antique est un endroit merveilleux pour courir.

Avec Monsieur M., nous avons pris le tramway depuis le parc de Findikli d’où j’étais partie la veille en remontant vers le nord. Là, direction le sud, jusqu’au palais de Topkapı (prononcer « Topkapeu », en raison du facétieux « i sans point » de la langue turque). Je branche la montre à l’entrée du parc du palais, que nous traversons en marchant. Arrivés au Bosphore, je m’élance, le fleuve à ma gauche et la mer devant, la ville dans le dos. En réalisant un aller retour, je profiterai des deux vues, revenant face à la cité.

Certes il y a des voitures, mais comparé au parcours de la veille, elles sont loin. Une large bande de bitume permet aux promeneur de déambuler et aux pêcheur de pêcher. En ce dimanche matin, tout est calme. Je croiserai deux coureurs, dont l’un en train de s’étirer. Une femme voilée s’amusera à me taquiner en changeant de trajectoire plusieurs fois pour se mettre sur mon chemin, mais son bon rire et son regard franc ne laissera pas de doute sur ses intentions dénuées de méchanceté. On m’invitera à boire le thé et à jouer au tir à la carabine sur les ballons installés dans les roches. Je déclinerai poliment, non sans m’être arrêtée pour ne pas faire ma rustre, et prendre quelques photos.

Kennedy Caddesi - Vendeurs de thé

J’ai beau être heureuse de courir ici, je souffre. Mon mollet droit recommence à me tirailler au même endroit, sur le côté, mes jambes sont en plomb. La reprise est très dure, j’ai l’impression de me retrouver plusieurs mois en arrière, à mes tout débuts. J’essaye de ne pas aller trop vite, pour tenir le plus possible. Puis quand une rupture de parcours surgit dans le paysage, j’en profite pour marcher un peu.

La route Kennedy est à un moment (kilomètre 3,8 si j’en crois la Garmin 😉 ) bordée par un parc fréquenté par les familles stambouliotes, à l’abri de la Mosquée Bleue. On y trouve des jeux pour grands, qui sont en fait des machines de gymnastique en plein air, plutôt amusantes.

Kennedy Caddesi et Mosquée bleue
Kennedy Caddesi et jeux pour les grands

Comme la veille les pulsations sont hautes, environ 185 ppm quand je cours aux alentours de 10km/h. Mais les sensations ne sont pas très bonnes, ce qui pourrait expliquer cela. Il va falloir que je replanche sur la question du mollet. A l’écoute de mes ressentis, un verdict tombe: ce ne sont pas seulement mes chaussures de ville qui sont trop petites, il semblerait que mon pied gauche est également un peu compressé dans les Asics. D’où, sans doute, le mollet gauche à la ramasse, kilomètre après kilomètre. D’autant que les lacets Xtenex renforcent cette sensation de pression, même si je les ai réglé au plus large possible. Les derniers deniers de mon anniversaire partiront donc dans une nouvelle paire de pompes (samedi prochain, direction Team Outdoor !)

Je suis allée, courant-marchant, jusqu’au quartier portuaire de Yenikapı. L’une des raisons pour lesquelles j’avais envie de poursuivre mon chemin était liée à la volonté de créer une nouvelle trace sur la carte Garmin, pour vous montrer jusqu’où la route était belle. En réalité, une fois le port contourné, le bord de mer accessible se poursuit encore sur plusieurs kilomètres, au milieu d’un parc. J’ai préféré rester sage, ménager mon mollet et retrouver Monsieur M. Après ces émotions sportives, une terrasse au soleil nous attendait, avec un bon plat de côtelettes d’agneau à la purée d’aubergines !

Mer de Marmara

PS: Pourquoi tu cours ? Parfois, quand la reprise est difficile comme maintenant, je me pose la question dans le mauvais sens du terme. Pourquoi continuer à courir si chaque progrès est remis en question au moindre arrêt, à la moindre blessure ? Mais je continue d’espérer que mon corps n’a pas oublié les entraînements des mois précédents, et qu’une fois allégée de ma douleur (et des 3 ou 4 kilos repris à Istanbul… comme je les sens, cette fois-ci !) , je repartirai de plus belle pour atteindre dans 4 semaine mon nouvel objectif : améliorer ma vitesse sur les 10km du Havre.

PS2: Merci à tous pour vos conseils avisés dans les commentaires du billet précédent. Grâce à vous, je progresse dans la connaissance ! Vos réponses m’évitent par exemple de poser une question destinée à la gente féminine « Est-ce qu’on peut poser la ceinture du cardio par-dessus le sous-tif ? Parce que ce serait quand même plus confortable… » S’il faut tremper le bizmuth dans de l’eau pour une meilleure électrolyse, j’en déduis que sur l’élastique ça ne servirait à rien !

Et le lien vers l’activité :
http://connect.garmin.com:80/activity/embed/54306872





Boğazı view (2/3) : Taksim-Boğazici Köprüsü

24 10 2010

Istanbul est une ville où les trottoirs sont désarçonnants. Soit il n’y en a pas, et la rue se partage entre automobiles et piétons, à la grâce de Dieu ; soit ils sont matérialisés de façon très subtile (trop subtile pour les voitures, même si ce sont des plots) ; soit ils sont tellement usés qu’ils transforment en trail la moindre promenade urbaine.

Ce matin je suis partie en direction du nord, le long du Bosphore (Boğazı, en turc), pour ma première sortie depuis l’arrêt dû au mollet pas bien vaillant. Pour tester sur le terrain la Garmin Forerunner 110, également. Manque de bol, la partie la plus intéressante du parcours indiqué par l’ami de mon collègue était assez lointaine, et au bout de 5 kilomètres j’avais vécu assez d’aventures tumultueuses pour avoir envie de rentrer — en bus !

Grâce aux conseils de SebRom et de Salvio, je me suis dépatouillée pour lancer le bizmuth (non, non, c’est pas du turc). Une fois la ceinture cardio attachée, c’est finalement assez simple : bouton « menu » pour trouver les satellites, bouton « start » pour commencer l’activité. Monsieur M. ayant chopé une bronchite dans l’avion, il m’a simplement accompagné (et filmé) au départ, on s’est ensuite retrouvés à l’hôtel. J’ai lancé le bismuth dès qu’on a mis le nez dehors, je voulais voir les différences en termes de fréquence cardiaque entre la marche et la course… eh bien j’ai vu ! On a descendu des dizaines de marches depuis le quartier Taksim, croisé quelques chats, et j’ai commencé à courir à partir du parc Findilki.

Comme je le dis si bien dans cette vidéo (c’est un peu mystique, le son se coupe au bout de quelques secondes, ensuite ça tient du film muet), je ne suis pas encore partie que je suis à 114 pulsations par minute. C’est haut ! Emotion du premier test, de la ville inconnue, du trafic déjà dense ? Echauffement aux escaliers un peu tonique ? Toujours est-il que lorsque je vais me mettre à courir, je me situerai vite autour des 180 ppm, et même atteindre le chiffre très bizarre de 102% de ma fréquence cardiaque maximale (toute théorique, visiblement). J’aurais dû avoir la main moins lourde sur les loukoums.

Bon, en même temps, avec le rythme que j’ai tenu, on ne peut pas dire que j’en ai fait voir à mon coeur. D’abord la reprise fut rude: les mollets sont au chaud dans leurs Boosters, mais je sens un petit point à droite (en fait, j’ai toujours senti ce point, si j’y réfléchis bien). Rien de grave, mais ensuite c’est l’avant des tibias qui fait des siennes et me plombe les jambes. Pour ne rien arranger le terrain n’est pas idéal: certes il y a un départ au bord du fleuve, mais je dois assez vite remonter sur la route principale. Il y a bien un large trottoir (c’est assez rare pour le noter), mais à côté les voitures passent à toute blinde, puis les flics arrêtent la circulation automobile et piétonnière sans que l’on sache vraiment pourquoi, enfin je dois contourner des palais somptueux sans pouvoir en passer la porte.

Çirağan Sarayi - A la porte

Pour mémoire, voici ce palais de Çirağan, vu de nuit depuis un bateau sur le Bosphore. Aujourd’hui reconverti en hôtel de prestige, il faut débourser un minimum de 500 euros pour pouvoir s’y aventurer.

Çiragan Sarayi depuis le Bosphore

Après un coup de fil à Monsieur M., je reprends quelques forces et commence vraiment à me faire plaisir, tant pis pour le trottoir, pour les piétons interloqués de voir cette fille en veste au liseré vert fluo bondir entre les pavés, tant pis pour les voitures en vrac. Je cours et je me sens enfin bien, et je sais qu’après cette sortie, toute ridicule soit-elle, je me sentirai encore mieux.

Arrivée près du mythique pont du Bosphore, ouvrage suspendu entre l’Europe et l’Asie, un autre piège m’est tendu: Orkatöy, ancien village de pêcheurs devenu quartier de marché artisanal, avec des petites ruelles colorées, des étals de fruits et légumes, des bancs, des gens paisibles, le tout sous la majesté du pont et de la mosquée Mecidiye… Franchement, qui aurait envie ici, à ce moment-là, de courir ?

Ortaköy. Pêcheurs.

Ortaköy - Farniente

Ortaköy - Mecidiye Camii

J’ai préféré rentrer pour rester sur ces belles sensations et conserver en moi l’envie de courir, demain peut-être. Demain sûrement, dans un quartier plus accessible, entre le Bosphore et la mer de Marmara, autour de la péninsule historique de la ville. Un lien partagé par SebRom, via la fonction Explore de Garmin Connect, me permet de faire l’hypothèse que cette route Kennedy Caddesi longeant directement le Bosphore (sans méchant palais somptueux à contourner 😉 ), peut être intéressante. Reste à mettre à l’épreuve du terrain cette supposition.

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PS: Pourquoi tu cours ? (Soyons terre-à-terre…) Pour réduire le pneu qui s’est réinstallé, à grand renforts de gastronomie turque et de triple Whooper.
PS 2: Conclusions sur la Garmin après cette première sortie: très pratique d’usage, rendus Web sur Garmin Connect intéressants, le seul inconvénient étant qu’on ne peut pas avoir sur le même écran le chrono et la FC… En même temps, vu sa taille (et je n’aurais pas pu prendre plus gros !), c’est déjà très bien. J’aime bien également le « bip » à chaque kilomètre parcouru, mais peut-on éviter de devoir appuyer sur « ok » à chaque fois ?

Ci-dessous le lien vers la page de mon activité, je n’ai pas réussi à trouver le moyen de l’intégrer à ma page, je ne sais même pas si c’est faisable étant donné que ce blog est hébergé chez son éditeur.
Autre question subsidiaire: peut-on se faire sa propre bande de « runner buddies » sur Garmin Connect ? Y-a-t-il quelque chose qui ressemble à un réseau social, comme c’est le cas sur Runkeeper ?

http://connect.garmin.com:80/activity/embed/54006352





Boğazı view (1/3)

22 10 2010

Istanbul à la fin du jour. On se sent déjà loin, entre deux rives, comme embarqué dans un roman. Les rues ne sont plus tout à fait les mêmes, moins de trottoir, plus de gens, plus de musique et un trafic monstre. Des chats, des poissons, des bagnoles et des hommes. Sous le pont Galata, on s’installe pour fumer la chicha, boire un thé et regarder le temps passer. Le va-et-vient des deniz otobüerlı (bus de mer) est à son comble, en pleine sortie des bureaux. A nos pied serpente la Corne d’or, cet estuaire qui sépare la ville européenne en deux péninsules.

Le workshop auquel je participais est fini, il a été riche en pensées et en rencontres, comme cette ville que je devrai déjà quitter dans deux jours. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller courir, mais un frère Dominicain runner m’a indiqué par le biais d’un collègue un endroit pour longer le Bosphore à petites foulées. Je m’y lancerai demain, accompagnée par Monsieur M. qui m’a rejoint ce soir.

Ce sera l’occasion de tester le cardio-fréquencemètre GPS, si toutefois j’arrive à le faire marcher sans mode d’emploi (je l’ai oublié en France). Ce sera également l’occasion de me remettre en mouvement, après une semaine complète d’arrêt. Un footing de touriste auprès du Boğazı tumultueux, en espérant que les douleurs ne reviennent pas sitôt le pied posé à terre — le nazar boncuğu (amulette bleue protégeant du mauvais oeil) que je porte sur un bracelet devrait me prémunir des tendons fourbus. L’air de rien, j’accorde une certaine importance à ce type d’amulette car juste avant de passer mon permis, j’en ai trouvé une par terre dans une station service… Plus c’est incongru, plus j’y crois ! 😉

PS: Pourquoi tu cours ? Pour mettre à l’épreuve mes croyances.





Birth Day

18 10 2010

Aujourd’hui j’ai 30 ans. Une semaine de folie m’attend, avec deux présentations de mon travail de post-doctorat, un entretien pour d’éventuels futurs contrats, une présentation de ma thèse dans un workshop à Istanbul (Oh, les beaux jours!) Avec un mollet gauche toujours un peu douloureux, et la crainte de devoir m’arrêter de courir plus longtemps que prévu.

Quoi qu’il en soit, je testerai mon cadeau sur les rives du Bosphore, mollet en mousse ou pas. Je vais faire chauffer le GPS et monter le cardio. Je sais bien que depuis, un nouvel appareil est sorti, avec davantage de configurations possibles. Mais j’aime déjà ma Forerunner 110, grise et rose, avec sa ceinture cardio-fréquencemètre, elle ira bien avec mon haut à manches longues noir à liseré vert fluo, avec mes lacets roses fluos, mon écharpe de course violette.  (Comme Doune, j’aime le bariolage à outrance en termes de course à pied 😉 )

Mais le plus beau cadeau, c’est la présence de mes proches, leur soutien de tous les instants, leur enthousiasme face à ma passion. C’est aussi la fierté d’avoir pu transmettre un petit peu de cette passion à mes collègues, à ma soeur (Et d’ailleurs… Bon anniversaire Chloé !!! — on est nées le même jour, à 5 ans d’écart). C’est la joie de prévoir un Jog&Visit avec Aurélie, à la fin du mois ; d’envisager un jogging près de la mer du Nord avec ma copine NaÏk, connue sous les cieux de la danse traditionnelle (on nous aurait parlé de jogging il y a 15 ans… je crois qu’on aurait bien ri !)

Le plus beau cadeau, c’est aussi votre présence sur ce blog, lecteurs-commentateurs ou lecteurs silencieux dont je perçois la présence à travers les statistiques du blog.

Il paraît que c’est également l’anniversaire d’Higelin, je vous laisse donc avec l’un des plus beaux poèmes de la langue française.

La nuit promet d’être belle car voici qu’au fond du ciel apparaît
La lune rousse
Saisis d’une sainte frousse, tout le commun des mortels crois voir le
Diable a ses trousses
Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage et vous pages pervers courrez au cimetière
Prévenez de ma part mes amis nécrophages que ce soir nous sommes attendus
Dans les marécages.

Voici mon message: cauchemars, fantômes et squelettes,
laissez flotter vos idées noires prés de la mare aux oubliettes,
tenue du suaire obligatoire.

Lutin, lucioles, feu-follets, elfes faunes et farfadets effraient
mes grand carnassiers, une muse un peu dodue me dit d’un air entendu:
« vous auriez pu vous raser », comme je lui fais remarquer deux, trois pendus
Attablés qui sont venus sans cravates « tiens vous avez remarqué », elle me
regarde de un oeil hagard et vomis sans crier gare quelques vipères écarlates.

Vampires éblouis par de lubriques vestales, égeries insatiables chevauchant des valkyries,
infernal appétit de frénésies bacchanales qui charme nos âmes envahies
par la mélancolie.

Satyres joufflus, bouc émissaire, gargouille émue, fière gorgone;
Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères a la licorne.

Soudain les arbres frissonnent car Lucifer en personne fait
une courte apparition, l’air tellement accablés qu’on lui donnerait
volontiers le bon dieu sans concession s’il ne laissait malicieux
courir le bout de sa queue devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d’un bond dans un concert de jurons disant
D’un ton maléfique:
« Que les damnés obscènes cyniques et corrompus fassent griefs de
leurs peines à ceux qu’ils ont élus car devant tant de problèmes
et de malentendus, les dieux et les diables en ont finis par
douter d’eux mêmes »

Oh dédain suprême, mais déjà le ciel blanchit, esprits je vous remercie
de m’avoir si bien reçu.
Cocher lugubre et bossu, ramenez-moi au manoir et lâchez ce
crucifix, décrochez moi ces gousses d’ail qui deshonorent mon portail
et me chercher sans retard l’ami qui soigne et guérit la folie
qui m’accompagne et jamais ne m’as trahi… Champagne!!





Jogging entre collègues

16 10 2010

En ces temps de repos pour Soleus, Achille et Plantaris, j’ai envie de me remémorer les jogging du jeudi, ces bons moments passés avec mes collègues dans les chemins du Parc Suzanne Lenglen. (Je précise que Soleus, Achille et Plantaris ne sont pas mes collègues, ni des dieux de la mythologie grecque, mais des muscles et tendons qui me font souffrir en ce moment… C’est fou comme plus je me blesse, plus j’apprends à connaître ce qu’il y a sous ma peau !)

Au départ c’était le mardi soir: je lançais une proposition à la cantonade la veille, au moment du café ou par message collectif sur Gtalk. (On utilise beaucoup Gtalk au boulot, étant donné que nos bureaux sont séparés et répartis sur deux grands couloirs. C’est pratique pour se demander « Il y a du café ce matin ou je pars en faire ? » ou bien « Cantine ? », mais ça peut être détourné en outil de surveillance, puisqu’on peut voir à quel moment les gens sont connectés ou pas — certains s’accommodent du dispositif en laissant leur ordinateur en veille, ce qui est bon pour la liberté, mais mauvais pour la planète ! ) On se retrouvait à deux ou trois, vers 19 heures, pour trois-quart d’heure de course à petites foulées, avec ce satané Runkeeper qui fonctionnait une fois sur dix. On préparait La Parisienne, on appréhendait les 6 kilomètres et on se serrait les coudes.

Puis une collègue jeune maman nous a rejoint, et le rendez-vous en soirée ne lui convenant guère: va pour le jeudi midi, on gèrera le déjeuner en se préparant des sandwichs! Le parc Suzanne Lenglen est commode car proche de notre lieu de travail, avec des vestiaires et des douches (important quand on a encore une demie-journée devant soi!) et un bon tour d’environ 1,5 kilomètres, avec des bosses, des passages sur chemins et sur route, des joueurs de foot américain (pardon je m’égare… 😉 )

Le rythme est plutôt tranquille, entre 8 et 9 kilomètres/heure, sauf quand un collègue masculin se joint à nous (du bureau 417, pour ne désigner personne… ) et là ça déménage à plus de 10km/h, ce qui pour moi est… trop rapide (surtout si les compères Soleus, Achille et Plantaris s’en mêlent).

J’adore ces moments de détente et d’efforts, où l’on discute de tout et de rien, en se sentant vivre en dehors de notre routine ordi-café-cantine, en plein air. On se défoule, on crie dans les descentes (heu… je crie dans les descentes 😉 ), on rigole, on mate les mecs. Je termine mon contrat au début du mois de décembre, et j’espère pouvoir de temps à autre continuer à courir avec mes collègues, à Lenglen. D’ailleurs, ceci est un appel aux collègues doctorants, post-doctorants, stagiaires et apprentis qui ont déjà quitté le labo et qui pourraient se joindre à nous: vous êtes les bienvenus !

Jeudi dernier, comme le jeudi d’avant, j’ai souffert du mollet. J’ai préféré réduire la charge à 30 minutes, et depuis je suis au repos. J’ai consulté mon osthéopathe, et je sens que peu à peu ça se remet. J’ai aussi acheté de nouvelles chaussures de ville, car depuis le mois d’août je portais des godasses trop petites, qui compressaient jour après jour mon pied gauche (j’ai le pied gauche légèrement plus grand que le pied droit, c’est pratique !)
Jeudi dernier, j’ai également croisé Djailla, qui faisait lui aussi un jogging avec un collègue, vêtu de bleu dans son t-shirt du Paris-Versailles.

Pour garder le moral, je me suis inscrite sur une prochaine course, au mois de novembre: j’hésitais entre le Trail Extrême Lillois (enfin, extrême, je m’entends: j’aurais choisi la version 8 ou 15 km !), qui va sans doute être couru par plusieurs blogueurs, et les 10 kilomètres des Dockers du Havre, ville qui me fascine avec son architecture d’après-guerre classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, avec son port, son front de mer en galets, son skate-park sur la plage, ses grands parcs, ses docks, les falaises non loin… Je serai donc au Havre ce prochain 21 novembre, à 9 heures 30 au foyer des dockers.
(Ceci dit, j’adore Lille également, et j’espère courir là-bas un jour, dans mon « tour de France du running ».)

Affiche 10K-Dockers 2010

PS: Pourquoi tu cours ? Pour sortir de la vie de bureau!