Bon baisers de Trento

4 09 2010

Je suis en Italie depuis mercredi soir, pour un colloque de sociologie des sciences et techniques où je présente quelques résultats d’une enquête ethnographique sur la conception d’une application mobile.

Et comme chaque fois que je me déplace plus d’une journée, je voyage avec mes affaires de running. Dès le lendemain de mon arrivée, je suis allée rejoindre les rives de l’Adige pour un petit jogging de reconnaissance, pour voir la brume se lever vers la montagne et sentir le soleil réchauffer mon corps à peine réveillé. J’ai recommencé ce matin sur le même parcours, croisant d’autres joggers, des promeneurs de chien, des promeneurs tout court.

Il s’est produit une chose étrange, et ce dès les premières foulées. J’avais une conscience pleine et totale de tous mes mouvements, de chaque pas sur le chemin de terre bordé d’herbes hautes. C’était comme si j’habitais dans mes pieds, dans mes jambes, dans mes bras et dans mon souffle. Peut-être parce que je me concentrais particulièrement sur le sol : j’avais failli me viander jeudi matin en mettant le pied dans une ornière cachée par les herbes. Ça aurait pu mal tourner : j’ai senti ma cheville résister, mon genou encaisser, mais pas de mal, ouf!

En tout cas ce matin j’ai couru prudemment pour éviter les terriers de René la taupe — la fédé d’athlétisme a décimé ses collègues pour qu’il nous en veuille autant ? Mon regard alternait entre les cimes qui m’entouraient, le téléphérique qui grimpait, et la terre, le sable, les bouts de bois flotté, le fleuve suivant irrémédiablement son cours.
C’est ce que j’appelle, dans mon jargon de newbie, un « footing de touriste » : je ne me soucie pas de l’allure ni du kilométrage effectué, même si je branche Runkeeper. Seules comptent les sensations, la découverte et la régularité que cela me permet d’entretenir dans la pratique de la course à pied. Runkeeper, malgré le GPS un peu aléatoire de l’iPhone, me permet surtout de regarder a posteriori les cartes de ces petits moments passés en dehors des sentiers routiniers.

Et vous, est-ce qu’il vous arrive de courir de temps en temps sans souci d’allure ou de kilométrage ?

PS : « Pourquoi tu cours ? » « Pour voir comment va le fleuve à 7 heures du matin. »

Et pour regarder la carte, les photos, le parcours, c’est ici : http://runkeeper.com/user/ClaraL/activity/15890643

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19 responses

4 09 2010
annelaure

Clarinette, Clarinette,
Je lis ton blog assidûment même si j’en ai strictement rien à foot du footing! 🙂 Mais alors rien…. Par contre j’apprécie toujours ta plume ( plus que tes foulées :)) et admire ta passion enflammée, toujours pleine d’intelligence, et ouverte sur le monde bien au-delà des sentiers étroits de son seul domaine, pour tout ce que tu entreprends.
Voilà, c’est dit: c’est un plaisir… 🙂 et je ne l’avouerai pas car je suis une farouche militante anti-course à pied, mais tu me donnerais presque envie de courir. Note que je n’ai rien dit, ne me le rappelle jamais.
Je t’embrasse!

6 09 2010
runningtkh

Anne-Laure, ton commentaire me touche beaucoup, tu sais comme j’adore également tes blogs musicaux et de voyage…
Et promis, tu n’as rien dit, je n’ai rien entendu… Mais quand même, ça te dirait pas une petite séance d’escaliers sur la Butte Montmartre ? Alleeeez, dis ouiiiiiiii ! 😉

5 09 2010
Pascal77

J’aime bien courir dans des endroits que je ne connais pas encore, une sensation d’imprévu non désagréable et, dans ce cas je ne me soucis plus de ma fréquence cardiaque ou de ma vitesse.

6 09 2010
runningtkh

Oui, l’imprévu peut avoir du bon, surtout si comme moi on prend l’habitude de courir tout le temps dans les mêmes parcs (je déteste courir en ville sur le trottoir !)

5 09 2010
Lexel

Je vient de découvrir ton blog: bien sympa 🙂
Merci pour le lien (peut tu enlever le « c » en trop ^^)

C’est vraie que de courir sans soucis d’allure, ou de Fc dans un environnement inconnue procure toujours des sensations agréables.

6 09 2010
runningtkh

Oups, déformation professionnelle, c’est corrigé ! 😉

Merci de ton passage ici et de ton commentaire. Effectivement, je n’avais pas beaucoup vu de récit de jogging « non équipés » dans les différents blogs de running, et je me demandais si c’était parfois pratiqué comme ça, sans outils de mesure…

6 09 2010
Rasmette

Et bien moi, je n’aime pas trop ça courir dans des endroits que je ne connais pas. Peur d’aller trop loin, de me perdre, du terrain inconnu, des inconnus aussi. Bref, plein de raisons qui font que je n’aime pas cela!
Pour moi, côté équipement, je fais le minimum : juste le chrono et mon accéléromètre histoire de voir (après la séance) si j’étais en « forme » ou pas. Mais après la séance, rarement pendant.

6 09 2010
runningtkh

En plein jour, pas de souci de ce côté là. Mais avec la nuit qui va bientôt tomber plus vite, je ferai certainement moins d’escapades sur des terres inconnues… Les ceintures porte-bidon peuvent aussi servir de porte-lacrymo, mais faut pas pousser mémé sur le bas-côté, je n’ai pas envie de courir entre chien et loup avec la peur au ventre ! Ces circonstances mises à part, je pense que ça en vaut la peine, quand on le sent, pour l’émerveillement et le plaisir de la découverte.
Pour l’équipement « light », je trouve que c’est très sage : on peut vite tomber dans l’excès et perdre le plaisir de courir (par exemple, quand Runkeeper a un problème sur mon iPhone, j’ai moins de plaisir à courir, ce qui est un comble !) Mais j’aimerais quand même courir en gardant à l’oeil mon rythme cardiaque et mon allure (cardio-fréquencemètre en vue pour mes 30 ans dans un mois…)

7 09 2010
philippe

il ne manquerait plus qu’on nous ôte le plaisir de gambader dans le plus simple appareil….euh…de courir sans le plus simple appareil…enfin bref sans son garmin ou autre iPhone.
bizarrement (pour rebondir sur un commentaire), je prends un plaisir non dissimulé dans mes circuits 100% (minimum) urbains à slalomer entre les piétons, me faufiler entre les feux (verts, oranges et même rouges), escalader les trottoirs, emprunter les rues pavés, voler par dessus les caniveaux. Un trail d’un nouveau genre en quelque sorte…

7 09 2010
runningtkh

Oui c’est vrai que vu comme ça, ça donne plutôt envie !
Mais j’ai encore en tête le récit d’un coureur qui s’est arrêté trop brutalement en descente (vers le métro Pasteur) à un feu rouge… résultat : blessure au genou qu’il a traîné un long moment. Et puis avec les voitures au milieu de tout ça, j’ai trop de mal ! Ceci-dit, j’ai offert à une amie (« Aurélie de Limoges ») un « Jog&Visit » à Paris, cette expérience me fera peut-être changer d’avis.

7 09 2010
philippe

Il faut dire que 10 ans de déplacements à vélo dans Paris (oui je suis toujours en vie) m’ont forgé un sens de l’anticipation à toute épreuve et une lecture de la circulation assez développée. Je n’hésite pas si je m’aperçois qu’un feu sera rouge à mon passage, à me détourner sur une artère voisine pour revenir plus loin sur le parcours prédéfini. Je ne suis pas (tout à fait) suicidaire.
Très bon le jog&visit, je ne connaissais pas du tout ! je reviens du site web.

7 09 2010
runningtkh

Bon, si un jour je fais un billet sur « les compétences du jogger en milieu urbain », je viendrai t’interviewer, et on en profitera pour se faire un trail grandeur nature (enfin, nature, c’est vite dit 😉

7 09 2010
Rasmette

Et quand j’entends aux infos ce qui est arrivé à la joggueuse disparue dimanche dernier, je persiste : je n’aime vraiment pas courir en terrain inconnu et j’évite au maximum de le faire.

7 09 2010
runningtkh

Certes, en entendant la tragique nouvelle ce matin, j’ai repensé à nos commentaires d’hier soir. Pour ma part je ne suis pas prête à renoncer à ces escapades. Ces « footing de touriste » sont de toutes façons rares : en vacances, en déplacement professionnel… Et j’aurais davantage de craintes à 18h00 au bois de Meudon qu’à 7h00 le long de la rivière à Trento.
Quelques règles de prudence et de bon sens doivent être conservées, mais je refuse de devoir restreindre les chemins que j’emprunte pour la seule raison que je suis une femme et que le danger me guette au coin de la rue. Ceci-dit, c’est une position très personnelle, et je comprends aussi tout à fait la tienne.

9 09 2010
ReneS

C’est cool ton blog! Je viens le decouvrir maintenant.

Runkeeper bug beaucoup, c’est pourquoi je vais acheter un Garmin bientot je crois… parce que j’en marre.

9 09 2010
runningtkh

Merci de ton passage ici ! J’ai l’impression que ton blog sur les anecdotes et techniques d’un « crazy waiter » n’est pas mal non plus dans son genre… une vraie ressource pour la sociologie du travail!

Je pense que les bugs de Runkeeper sont dus à la mise à jour de l’iOS 4 sur iPhone 3G. Je vais tester avec l’iOS 4.1 et voir ce que ça donne. En tout cas ils ont fait une réponse super classe à l’arrivée de Nike+ dans la cour des applis GPS : « Welcome Nike: Thanks for Coming! » Je les aime bien… Mais je vais quand même craquer pour un Garmin !

9 09 2010
ReneS

Pas besoin d’etre pHD d’etnologie et/ou sociologie quand on est serveur dans un parc d’attractions international. 🙂

J’ai installé l’iOs 4.1 et mon iPhone 3G est tout a fait déjà beaucoup plus vite, donc il y a d’espoir que c’aura mieux avec RunKeeper

11 09 2010
Mikael

Hello je viens de decouvrir ton blog et j’apprecie particulierement ta plume et le ton , bon courage et bonne continuation

PS j’utilise run123 sur mon iphone

11 09 2010
runningtkh

Merci de ton passage ici, Mikael, contente que ça te plaise !
Je testerai l’appli 123 par curiosité et ferai un tour sur ton blog dès que j’aurai un peu de temps. A+!

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