Rando Argentat-Padirac : les jours d’avant

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La plus belle gare du monde !

Samedi 22 octobre 2016 – Dans le train Corail pour Limoges Bénédictin

« Je suis parti ce matin, j’ai juste eu à prendre le train qui m’emmène loin de chez moi. »

Quand on part d’Essonne pour aller en Limousin en train, il faut repasser par Paris. Attraper le TER Orléans > Paris-Austerlitz de 8h30 à Monnerville, la bise aux enfants et à Noostromo, je grimpe sur le quai désert et brumeux. Une jeune femme se trouve dans l’abri au milieu du brouillard, avec un sac à dos de randonnée 28 L. On échange quelques mots sur les mérites comparés de nos modèles (j’ai le 38 L Millet de Nicolas sur le dos). Elle descend à la Bibliothèque François Mitterrand et refluent dans ma tête les images passées de ces lieux, de ce quartier magique : mes études, ma thèse, le rez-de-jardin accessible uniquement sur entretien et dossier préalable, les places P64-D12-L25 et le décor des couloirs digne d’un Brazil de Terry Gilliam, les heures passées le nez dans les feuilles, parfois des gants aux mains pour consulter des ouvrages rares.

Juste à côté de la bibliothèque, la Péniche El Alamein et la Guinguette Pirate accostées au port de la gare, souvenirs d’il y a une décennie, lieux de concerts, d’amitiés, de fêtes, de rencontres éphémères et de séduction — boire dans le verre d’un beau mec, lui dire que « mon accord préféré, c’est le Mi7 » et l’embrasser. Genre le plus beau mec de la terre et toi avec ta tête de bouseuse limousine, le truc inespéré et dantesque — mais tu sais que lorsque tu danses et que le feu sacré te gagne, rien ni personne ne te résiste et tu es si belle. Finir la fête à 9 heures du mat’, balayer la Guinguette Pirate avec l’équipe, prolonger, prolonger encore même si le soleil est déjà haut, aller boire une bière au bar d’en face avec nos gueules de nuit blanche — allez patron, mets-nous un p’tit noir serré avec ça. Finir par s’écrouler dans n’importe quel lit, tu t’en fous, t’es avec le beau marin, qui t’a parlé de Venise des étoiles dans les yeux, tu pourrais être n’importe où, à ce moment-là c’est lui ta maison, ton bateau ivre. Tu apprendras quelques jours plus tard, quelques jours trop tard, qu’il a une amoureuse là-bas, en Suisse, au pays des marmottes et du chocolat. Je n’ai jamais oublié les histoires d’un soir — bah… « d’un soir » ça n’a jamais été de mon fait, en réalité. Et comme le dit le Monsieur du Sud-Ouest avec une grosse moustache : « Quand j’aime une fois, c’est pour toujours. » Magie du Cloud et des connexions mobiles, voilà que je retrouve à l’instant, dans ce train qui m’emmène vers mon Limousin natal, un album du beau marin, et l’une des chansons, « Elle », correspond en biais à ce que je traverse en ce moment.

C’est l’histoire d’une maman célibataire et dévouée (ce que je ne suis ni l’une ni l’autre, mais la poésie a ceci d’universel qu’on peut y retrouver ce qu’on vit intimement, même lorsque le texte ne nous est pas adressé). Elle va « danser, rattraper le temps perdu », quitte le chemin tout tracé mais ne parvient jamais à retrouver l’insouciance et la liberté perdues. Cette randonnée que j’entame seule, ce départ d’une semaine est de cet ordre. Grâce à une conjonction de paramètres favorables, grâce à une prise de conscience au cours de l’été et un chemin entamé vers moi-même, je peux m’offrir le luxe de partir.

Partir, partir, je n’ai voulu et je n’ai fait que cela dans ma vie. La fuite, l’échappée belle, claquer des portes et dormir sur des paillassons. Le jour de notre mariage avec Nicolas, mes amies de toujours réunies autour d’une table se demandaient toutes, entre inquiétude et sourire face à la fragilité de la vie, combien de temps je tiendrai avant de prendre mes jambes à mon cou. Mais j’ai la chance extraordinaire d’avoir épousé un homme qui me connaît encore mieux que toutes mes amies réunies et qui m’aime telle que je suis, avec mes rides et mes failles… Je reconnais enfin que l’amour peut transcender le quotidien, alors qu’accrocher des coeurs aux queues des casseroles ne me tentait guère. Et je suis maman — disparue l’insouciance, mais voilà un ancrage supplémentaire dans la transmission et l’éveil.

Je pars seule sur les chemins du Limousin et de Dordogne, et je partirai régulièrement ainsi, au moins une fois par an. C’est s’en aller voir ailleurs sans l’option « danse sur le zinc et tralala tsoin tsoin ». Quelques heures passées le nez dans les feuilles, pour s’aimer toute la vie — soi-même et les autres. Dans ces temps atroces d’intolérance et de schismes, on a tellement besoin d’amour.


Dimanche 23 octobre 2016 – 9 heures – Chez mon Tonton Peewee

Le vent se lève, porteur de pluie et d’orage. Hier déjà le lac des Bariousses annonçait la couleur, l’eau étale indiquant une dépression atmosphérique. Tonton Peewee m’a prêté un pantalon de pluie qui me sera sans doute utile demain, jour de mon départ à Argentat. Il me motive en me disant que la pluie sera mon épreuve d’endurance avant d’atteindre mon soleil. Une traversée de l’état de vie « d’enfer » selon la philosophie bouddhiste qu’il affectionne tant, pour goûter à l’état de « bonheur temporaire » et à celui « d’humanité ».

Il paraît que les arbres seront magnifiques dans le vent, que la pluie va faire remonter les odeurs de champignons et de feuilles et nourrir la terre qui en a tant besoin — il n’a pas sérieusement plu depuis 4 mois dans la région. Mais moi je crains surtout d’être trempée et d’avoir du mal à encaisser les 20 kilomètres inaugurant la marche. De souffrir, de tomber malade. Ce sont finalement les peurs de la vie. Et pendant ce court voyage je vais certainement extraire les racines des peurs et des souffrances, pour les observer, les contempler, comprendre que tous les états — bons et mauvais — contiennent tous les autres. Et permettre à mon esprit de s’épancher dans le bonheur !🙂

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Chez « Papy Neish », ancien champion de windsurf retiré sur les rives d’un lac limousin, chez qui nous sommes allés prendre un thé et discuter… de politique, de planche et d’apnée !

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On est en Corrèze ! Mangez des pommes !

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Dans l’horizon se découpe les lignes de mon futur départ. Je suis déjà en voyage…

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La météo nous est donnée par la petite C., 4 ans, accueillie dans la famille de mon oncle.

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Quelques livres feuilletés avant mon départ. « Nous sommes encouragés à faire le meilleur usage de cette vie, non pas en grappillant des satisfactions superficielles, mais en engrangeant des trésors spirituels que nous ne perdrons jamais. »

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Satisfaction toute terrestre : tarte banane-chocolat afghane et mongole (mon oncle et ma tante accueillent, avec agrément du Conseil départemental, des mineurs réfugiés dans leur maison du bonheur).

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Boucles de la Juine 2016 : 11 kilomètres de défi !

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Runnosphère et Team Coworkgreen à l’arrivée des Boucles de la Juine

Elle est enfin arrivée, la course pour laquelle nous nous sommes entraînés tout l’été au sein de Coworkgreen !

Les Boucles de la Juine, c’est traditionnellement une course de 15 kilomètres empruntant les communes vallonnées de Saclas, Guillerval, Méréville et Saint-Cyr la Rivière. Cette année en 2016, l’association OMS Boucles de la Juine change le format, avec un semi-marathon (seulement le deuxième semi-marathon de toute l’Essonne !) et un parcours de 11 kilomètres.

Pour deux d’entre nous, c’était leur première course officielle. Bravo à mes collègues et amis fort courageux de se lancer d’emblée sur ce format, pas vraiment court et plutôt pentu (mon GPS m’annonce 200 mètres de dénivelé, mais je crois qu’il exagère). D’autant plus téméraires que lors de nos entraînements, nous n’avions pas dépassé les 5 kilomètres à 8 kilomètres / heure !

C’est toujours un plaisir inégalable mais chaque fois renouvelé de s’élancer sur une course en groupe. On s’accroche les dossards les uns les autres, on s’échauffe ensemble, on piétine sur la ligne de départ… Rue Gabriel Péri, le départ est donné à 9h30 pour la course de 11 kilomètres. Une famille de canards se dandine à nos côtés, indifférents à ces drôles d’êtres humains aux t-shirts de toutes les couleurs.

Bien sûr, je n’ai pas mes chaussures de route, oubliées dans notre espace de travail partagé : je suis donc chaussée de mes chaussures de trail, les toujours vaillantes Columbia (ne cherchez pas, elles n’existent plus tellement elles sont vieilles !)

Bien sûr, j’ai également oublié mes sous-tifs de course dans les vestiaires de Coworkgreen, je prends donc le départ avec une vieille brassière d’allaitement hors d’âge, on a la classe à Saclas ou on ne l’a pas. (A l’heure où j’écris ce billet, aucune séquelle a déplorer !)

Mais tout ça, les canards s’en fichent !

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A 9h30, donc, c’est parti ! Nous connaissons bien la première partie du parcours, que nous empruntions dans nos séances matinales. Direction Bossenval et la belle vallée de la Juine !

« Il y a un enfant qui nous regarde »

C’est là que Marie prononce une phrase qui restera dans nos mémoires et alimentera certainement nos futures blagues. Elle me regarde avec un air étrange et me dit « Il y a un enfant qui nous regarde… » Il s’agissait tout bonnement d’un gamin du dimanche en pyjama, tirant le rideau de sa chambre et regardant passer les coureurs. Mais elle l’a dit d’une telle façon que nous nous sommes crues l’espace de quelques secondes dans un film de Polanski.

Sur la route de Bossenval, j’aperçois dans un jardin une autre petite tête bouclée et je crie « Salut Chris ! » Il s’agit du petit garçon qui est gardé avec mon fils de 2 ans chez une nounou du village. La mère étonnée lève la tête et je crie à nouveau « Je suis la maman de Baptiste ! »

Les points de côté sont là, nous cherchons notre souffle en admirant la beauté de la nature qui nous entoure, encaissée, près de l’eau. A 2 ou 3 kilomètres, je me demande encore comment mes amis vont gérer la course, alors même que nous allons plus vite que lors de nos entraînements.

Je les laisse partir devant pour toquer à la porte rapidement chez mes amis de Boigny, les surprendre en tenue matinale du Dimanche et leur faire une bise toute suante. Merci Running Newbie !

La Beauce, sa faune, sa flore et ses quad

Puis c’est la côte de Boigny (on souffre, on ralentit, mais on ne lâche rien !) et enfin le moment tant attendu : le ravito du 5ème kilomètre.

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Les sympathiques bénévoles du ravito à Croix de Boigny, et Yann-Eric en pleine restauration

Un grand merci aux bénévoles qui attendent tous les coureurs dans le froid, disposent les verres et les remplissent, préparent les assiettes de chocolat, de pain d’épices, coupent les quartiers d’orange, organisent la collecte des déchets.

Un grand non-merci à ces deux coureurs du semi-marathon, dont le parcours nous rejoignait à cet endroit et qui ont râlé parce que nous restions un peu trop longtemps devant le stand, les obligeant à dévier d’un poil de fesse et leur faisant perdre de précieuses secondes (on ne les a pas vu sur le podium, c’est certainement à cause de nous). Pardon, on est des Newbies et on aime le chocolat !🙂

Courir à la campagne, c’est profiter d’un paysage sans pareil, traverser de charmants villages, mais également subir les pots d’échappement des quads, et franchement avec les poumons bien ouverts ce n’est pas un plaisir.

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Comment dire ? Les quads c’est juste pas possible !

Nous abordons la deuxième partie de notre parcours avec enthousiasme, échangeant quelques mots avec les coureurs, recevant les encouragements de ceux qui nous dépassent (les semi-marathoniens), blaguons, papotons autant que notre souffle le permet. Nous ne sommes pas engagés dans une « compétition », nous voulons simplement aller au bout, le mieux possible.

Arrivés à Guillerval, horreur, malheur ! Une nouvelle côte ! On serre les dents, on se serre les coudes et on y va.

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Ceci N’EST PAS la voiture balais ! (Marie, Yann-Eric de Coworkgreen et Lili du club d’atlhé Val d’Orge, meilleure que nous malgré sa catégorie Vétéran 3)

Les deux derniers kilomètres se font dans l’allégresse la plus totale, « On l’a fait, on va y arriver, et on n’a pas été trop lentement en plus ! » On attrape Yann-Eric qui a un coup de mou sur la fin et nous franchissons la ligne d’arrivée la main dans la main.

Nicolas arrive peu après, fier et heureux de son semi-marathon de reprise en moins de deux heures. Puis nous recroisons Philippe et Béatrice de la Runnosphère. Promis, nous viendrons faire les foulées du lavoir en Limousin, en 2017 !

Merci à toute l’organisation et aux bénévoles des Boucles de la Juine !

Merci à Patrick Dorizon, Jean Livet, Sylviane Dorizon, membres du bureau de l’association OMS Boucles de la Juine, quelle belle initiative ! Retrouvez leur interview sur le blog de Radio Sensations.

Merci aux bénévoles, comme Rose-Marie aux inscriptions et au vestiaire, sans qui ces événements ne pourraient avoir lieu.

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Merci Rose-Marie, merci les bénévoles !

Quelques photos de la remise des coupes :

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Monsieur Yves Gauchet le Maire de Saclas au micro, avec les organisateurs ainsi que Monsieur Guy Crosnier, Président délégué au Conseil départemental en charge de la ruralité et du monde agricole. Peu m’importent leurs appartenances politiques, ce sont des hommes de terrain qui soutiennent la vie des villages et pour cela : merci !

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Le podium masculin du Semi : Abdeslam Kenouche (1h16’25 »), Laurent Martinou (1h16’58 »), Yannick Courjal (1h17’02 »)

 

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Le podium féminin du Semi, après que Baptiste soit allé faire rouler sa petite voiture sur les marches de la victoire. Cristina Faria (1h27’38 »), Virginie Meslin (1h31’42 »), Julia Alfonso Flores (1h31’43 »)

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Abdeslam Kenouche a offert ses deux coupes à Nina et Baptiste🙂 Merci !

Prochaine étape pour la Team Coworkgreen : la corrida de Méréville en décembre (je ne sais pas encore si elle aura lieu mais on y croit) !





L’été de la redécouverte

1 10 2016
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Noostromo et Running Newbie, 26 août 2016

Cet été 2016 fut celui de mon salut. Après cinq merveilleuses années à porter des enfants, les mettre au monde et les nourrir, mon corps a retrouvé une place qui lui est propre. Encore une fois c’est la course à pied qui est revenue me montrer le chemin vers moi-même. Comme en 2010, où je me suis mise à courir pour ne pas sombrer dans les limbes de l’abattement, partir à travers champs et bois m’a permis de faire la synthèse des expériences vécues au cours de ces dernières années, de plonger au plus profond de mes désirs et de les transformer. Ce ne fut pas sans lutte. J’ai failli perdre la piste, oublier ma raison et mon équilibre, au bord de la chute. Courir m’a permis de faire le point, de partager la joie de vivre et d’aimer, sur toutes les nuances de l’amour du monde. Avec l’automne le calme est revenu.

Demain je m’élancerai sur les routes de mon futur village, Saclas, pour les 11 kilomètres des Boucles de la Juine avec mes amis et collègues de l’espace de coworking que j’ai créé cette année. Avant cette étape décisive, je voulais reprendre quelques extraits de mes séances publiées sur Facebook, pour ne pas qu’elles passent à la trappe de l’oubli numérique.

Running Newbie is alive🙂

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Le Sillo, café-concert à Boigny, 21 août 2016

21 août 2016 – Où l’on découvre que deux filles qui courent, ça cause sérieusement

 » De quoi parlent deux filles qui courent ?
– J’ai rencontré des paléontologues dans un comité de rédaction et bien que spécialistes des inscriptions murales ils les analysent uniquement du point de vue de l’histoire symbolique.
– Ouais, ils en sont restés au structuralisme, en fait.

Bon OK, on a aussi parlé d’autres choses !
Prochaine sortie ensemble : les 25 bosses à Fontainebleau dimanche prochain 🙂

Distance : 13 km, dont les 3 derniers pieds nus ; récolte : 6 grosses patates et 3 tomates. »

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21 août 2016, dans le plus simple appareil (ou presque)

 

 

23 août 2016 – Où la chaleur me monte à la tête

« Ce soir, 7 kilomètres dans le cagnard (32 degrés à 19h), je ne sais si c’est l’effet de la solitude ou de la chaleur, mais l’oracle m’a parlé telle une prédiction de Rob Brezny.
J’avais l’impression que certaines pensées me tiraient vers l’arrière tandis que d’autres, portées par les amours et les muses, me donnaient des ailes. Je ne suis pas du soir, j’ai beaucoup marché. Average pace : 8’30 au kilomètre. Mais qu’importe l’allure quand on a l’ivresse. L’avantage quand on marche au travers de ces champs moissonnés, c’est qu’on peut chanter à tue-tête sans déranger personne, se taper un sprint complètement débile ou sautiller en pas d’été avec les violons dans la tête. « Delaisse-toi des poids du passé, cours en rythme et n’oublie pas de demander de l’aide quand tu en as besoin. » Arrivée hors d’haleine à l’AMAP de Méréville sous les halles, j’ai demandé à Noostromo de me récupérer en voiture sur le chemin du retour.
Running Newbie a 6 ans aujourd’hui. »

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L’heure dorée de Monnerville

26 août 2016 – Où je commence à retrouver le chemin qui mène à l’équilibre

 » « There’s a place » chante Lennon en 1963 dans l’album « Please please me ». Un endroit où l’on peut se rendre quand on est déprimé, quand on a le blues ou bien quand est traversé d’émotions contradictoires. Cet endroit je l’appelle « ma maison », et j’y vais à chaque course, à chaque randonnée. Ce n’est pas un lieu, c’est un état mental où le corps retrouve une place consciente de véhicule temporel, pour une âme éternelle qui se fondra à nouveau dans l’énergie du monde lorsque le coeur s’arrêtera. Dans cette maison je peux contempler mes sentiments sans les craindre, même si je ne sais pas toujours quoi en faire. Je les laisse passer comme des nuages et parfois apparaît un arc en ciel.

11 km avec mon amoureux vers la source de la marette. Note pour plus tard : trouver une toute petite guitare pour la rando à vélo. »

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Francesca et Clara sur le circuit des 25 bosses, 28 août 2016

28 août 2016 – Entre l’amour et l’amitié

« Quel bonheur ! Rando-course sur le circuit des 25 bosses à Fontainebleau, avec Francesca et Nicolas. Je ne connais pas de plus grand plaisir d’amitié que celui de partager un tel effort dans une si belle nature. Rien ne l’égale, à part peut-être le plaisir de chanter et danser en bal ou en concert. Quoiqu’il en soit, il est toujours question du corps et c’est mon plus beau sujet d’inspiration. Un corps mis à rude épreuve sur ce parcours mais de belles retrouvailles avec des sensations adolescentes, lorsque j’escaladais les falaises au bord de la Vienne avec mon tonton Peewee.
J’ai retrouvé ce moment exact où la pierre, tellement touchée et agrippée, devient une partie de nos mains et de nos pieds. On n’est plus sur la pierre mais dedans. Quelques secondes où le cerveau va plus loin qu’il ne va d’ordinaire.

16 kilomètres, 800 D+ (c’est « roulane »!), 1,5 litre d’eau bue, 1 abricot, 1 pêche, 1/2 pâte de fruit, 5 heures petites pauses comprises. »

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Les cressonnières de Méréville, souvenir d’une sortie avec Yann-Eric et Agnès

11 septembre 2016 – Où j’évacue le fil collant des rêves

« 4 kilomètres. Poursuivre le dialogue intérieur initié par les cauchemars de la sieste, démêler les cheveux emprisonnant la bouche, les dents qui tombent, les cigarettes qu’on écrase. La musique plein les oreilles pour accompagner cette petite demi-heure de bouffée d’air. Le ciel est lourd, les champs labourés sentent le parapoux, la menace est imminente. Non pas celle d’un accident ou d’un coup d’éclat, mais de celles qui retournent l’âme sans bruit et la laissent à jamais changée. Invisible transformation qu’il faudra à nouveau transformer, perte totale de contrôle en approche. »

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15 juillet 2016, premier tour du camping avec Nina et Yann-Eric

15 septembre – Où je cours retrouver mon jardin secret

« Enfiler ses habits de course après une belle journée pleine de discussions, c’est quitter sa peau sociale, liante et ses projections mentales pour retrouver la partie la plus brute de soi. Je reste encore une mère le temps d’un tour de camping avec Nina puis je m’élance sur les chemins pour rejoindre mon rythme, mon souffle, mon jardin secret. Celui sans lequel je ne pourrais pas me relier aux autres avec tant de bonheur. »

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23 septembre avec Marie à la base de loisir d’Etampes. Interdiction de courir sur les passerelles !

23 septembre – Où l’amitié remporte la victoire

« 6 kilomètres avec Marie à la base de loisirs d’Etampes. Du fun, de la nature et un pont de singe dans les arbres ! Vive la Juine, vive le sport, vive l’amitié !! »





Quatre ans plus tard

25 08 2014

Tente-Moulinet Le 26 août 2010, je publiais mon premier billet sur Running Newbie, encouragée par Greg Runner dans ce qui deviendra une grande aventure collective : la création de la Runnosphère, la rencontre d’amis et de passionnés, des voyages à travers la France pour se rencontrer et courir ensemble.

Le tout premier commentaire revient à Anthony, pas du tout coureur mais grand écrivain des paysages inattendus, aujourd’hui en route pour le Manitoba et ses contrées sauvages. J’ai hâte de savoir quelles pépites il va nous rapporter de là-bas ! Le troisième commentaire provient d’un certain Noostromo, qui salue un « premier billet plein de promesses pour la suite. » Il ne croyait pas si bien dire, lui qui deviendra mon amour, mon mari et le père de mes deux enfants : Nina, née en juin 2012 et un petit garçon dont nous attendons la naissance très prochaine.

C’est la raison de mon silence jusqu’ici sur Running Newbie : cette deuxième grossesse, toute différente de la première, j’ai voulu la vivre sans blog. J’ai d’ailleurs été privée de sport dès les premières semaines à cause d’un hématome mal placé, je n’avais donc rien à ajouter après cette formidable course des 10 kilomètres du 8ème arrondissement (que j’ai couru enceinte de deux semaines, donc🙂 )

Je pense reprendre ces pages lorsque je recommencerai à courir, soit aux environs de janvier 2015.

En attendant, d’autres projets voient le jour, que vous pouvez suivre si le cœur vous en dit :

  • le blog de ma petite entreprise, Rédaction et Reportage ;
  • la poursuite de Caminoobie, notre récit de randonnée en autonomie dans les Pyrénées catalanes en 2011 ;
  • la reprise de Takuhertz qui devient le support réflexif de notre grand rêve à venir, vivre en famille dans une maison roulante…

A bientôt pour de nouvelles foulées !





Les Foulées du 8ème 2014

26 01 2014

IMG_9782Une fanfare pour symbole de cette course folle ! Ce matin se sont déroulées les Foulées du 8è, entre l’église Saint-Augustin et l’arc de Triomphe, une course de 10 kilomètres organisée par le club des Etoiles du 8è. Conduites par 6 meneuses et meneurs d’allure (1h, 55′, 50′, 45′, 40′, 38′) déguisés et hyper enthousiastes, ces Foulées étaient également relevées à la sauce fanfare, avec (ça ne s’invente pas) les Poilo’brass band, déjà présents sur l’Odysséa à Vincennes. De quoi bondir sévère et s’envoler très haut au départ, à l’arrivée et au 5è kilomètre !

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Une prépa’ aux sensations

1 01 2014

Plan_de_Versailles_-_Gesamtplan_von_Delagrife_1746Courir, aimer, écrire.

Trois élans en lignes de force, trois actes que je ne peux accomplir sur commande. Il faut que ça vienne des tripes ! Du sang qui bat dans les veines, de l’encre qui coule (ou des octets qui défilent), un corps en mouvement. En creux, j’aime dormir. Rêver. Toucher du doigt ce que notre cerveau sur-eveillé ne peut saisir les yeux ouverts, dans un dialogue imprévu avec notre inconscient. « Tu as peur de cela et tu ne le vois pas ! Regarde ta peur bien en face et tu ne la fera plus porter sur les épaules de tes proches. » Au réveil, le rêve reste présent, merveilleux ou gênant, il accompagne une partie de notre journée. Une conversation ou une image plus loin, son sens caché apparaît.

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2013 – Un bilan

24 12 2013

IMG_6177Je suis cette femme tête au vent qui court à travers champs la ville la forêt au milieu du monde.

Je suis cette main qui s’éloigne ce pied qui rase le sol ce cœur qui bat le fer quand il est chaud.

Je suis cet ongle coloré de rouge cette ampoule sous le petit orteil ce genou recouvré ce souffle retrouvé jusqu’à la fin des jours.

Je suis la mère de cette petite fille qui trottine si loin de tout ce que j’ai pu imaginer si proche de mon centre de gravité.

Je suis ce ventre ce sein l’autre et encore le premier en hyperalternance ce corps tout entier transformé.

Je suis cet avenir incertain cette chance de trouver chaque jour une nouvelle perle enfilée au petit livre des souvenirs.

Je suis cette peur sourde qui ne me quitte plus cette colère qui m’a aidée à vivre mais que je déleste pas après pas.

Je suis cette blague ce bonnet de mère Noël cette orange croquée au ravito d’arrivée cette goutte de sang sur la chaussée.

Six mois pieds nus, de juin à décembre. Six mois pour réapprendre à courir, pour trouver d’autres chemins et quitter la ligne droite toute tracée.

Inventer à nouveau demain, devenir un peu meilleure chaque jour, et puis non, chuter, se relever, recommencer.

C’est une fois accompli que l’objectif se révèle.

Corrida d'Issy-les-Moulineaux, 6 kilomètres, 2013.

Corrida d’Issy-les-Moulineaux, 6 kilomètres, décembre 2013.